Après la correction infligée à Bristol (59-26), ce samedi 4 avril en huitième de finale de Champions, et en attendant le quart de finale face à Bordeaux-Bègles ou Leicester dimanche prochain, le manager “rouge et noir, conscient que son groupe n’est pas encore à plein régime, voulait apprécier la prestation stadiste.
Vous disiez avant le match qu’il fallait trouver la bonne balance entre le match de phases finales et le match de gala. On a l’impression qu’il n’y a pas grand-chose à jeter…
Oui, pendant 60 minutes, c’est nickel en termes d’intensité et de capacité à punir sur la moindre opportunité cette équipe de Bristol qui était quand même venue pour en découdre sur le rythme et le jeu. Donc oui, on va dire que c’est positif. Après, la fin du match est un peu décousue. On sent bien que ça va d’un côté et de l’autre et il y a quelques situations à mieux gérer. Mais bon, on va dire que franchement, le contrat est rempli. 60 points, ce n’est pas neutre encore une fois en huitième. L’an dernier, on a mis un gros score contre Leicester (en poule, NDLR). Donc ça nous fait passer un tour. Est-ce qu’on aura la capacité à en passer un de plus pour atteindre notre huitième demi-finale d’affilée ? Je ne sais pas, mais dans tous les cas, on va dire que le contrat est rempli.
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Sur l’énergie, sur l’appétit, sur l’investissement, il n’y a que des points positifs, non ?
Oui, ça paraît pas mal. Il en manque beaucoup à plein d’endroits, mais oui, il faut savoir se satisfaire aussi de gagner ce genre de match. Encore une fois, je ne le disais pas ironiquement, mais être capable de marquer des essais, ce n’est pas trop le souci du Stade Toulousain. La capacité, par contre, à gérer un peu les temps faibles et à peut-être mieux gérer certaines situations, c’est plus la voie de progrès qui doit être la nôtre, mais qui est aussi liée aux connexions, à l’entrée du banc. Il faut qu’on soit tous sur la même longueur d’onde pour réaliser un match plein. Mais forcément, en remarquant très vite en seconde mi-temps, la messe était dite.
Quelles sont les nouvelles de Pierre-Louis Barassi ?
Il est sorti sur commotion, sur le critère 1, qui est qu’il a vacillé un peu sur le choc. Donc au regard de ses antécédents, on n’a évidemment pas pris de risque. On attendra évidemment l’analyse et le diagnostic du neuro. Il le fera en début de semaine, c’est-à-dire lundi matin, à 48 heures après le match.
Vous allez avoir un jour de récupération en plus par rapport à votre prochain adversaire. À ce moment de la saison, ça compte déjà ?
On prend tout, on prend tout, on prend tout. Tout ce qui peut nous être bénéfique et nécessaire. Nécessaire et bénéfique, je ne sais pas. Mais oui, lundi de Pâques, on va travailler. Je ne sais pas si c’est travailler d’ailleurs, mais on sera présents au club. Il y aura entraînement ouvert à la presse, je verrai ceux qui seront agneau de lait ou plutôt rugby, donc on verra si vous êtes nombreux. Et après, on enchaînera sur une semaine un peu classique, en attendant de voir évidemment qui on va rencontrer. On nous a déjà d’ores et déjà annoncé plus ou moins notre adversaire du quart, mais en tout cas, nous, jusqu’à ce soir, on n’était pas sûr d’en être. Aujourd’hui, on est sûrs d’en être.
Antoine Dupont a parlé d’errances défensives à regarder à la vidéo. Pouvez-vous confirmer ?
Oui, parce que lundi, on aura l’occasion de regarder ces petits… (Il s’arrête) Il y a deux breaks en début de match qui peuvent être mieux négociés par Bristol, qui peuvent peut-être changer en tout cas le début du match. Après, du moment où on a pu tenir le ballon, on a été évidemment dangereux. Oui, un peu trop facilement, mais la sensation que l’on a, c’est que c’est plus une erreur à chaque fois plus ou moins individuelle ou quelqu’un qui sort un peu du système, plus que l’organisation générale. Cela doit nous mettre en alerte et je crois que les doutes et les craintes sont toujours des bons moteurs, mais ça ne remet pas en question ou pas en cause notre capacité à défendre quand on le décide. Donc il faut trouver, encore une fois, la bonne balance.
Dès que vous privez votre adversaire du ballon, votre jeu est décuplé…
Oui, c’est peut-être un bout de stratégie à donner à nos adversaires. Je trouve que le rugby évolue bien dans ce sens, pas qu’on était précurseurs de quoi que ce soit, mais je préfère quand on a la possession, je préfère quand on est propres, en tout cas quand on a la capacité à proposer des choses et maîtriser son jeu et son destin, plutôt que de le subir. J’ai toujours tendance à penser que les leviers importants sont sur nous, comme je vous en ai parlé en conférence de presse. Et se préoccuper trop de ce qui peut se passer en face, c’est du temps perdu ou en tout cas pas du temps qui t’est bénéfique. Donc oui, j’aime la possession, oui, on aime tenir le ballon et oui, on aime être maître du rythme. Après, quand tu es maître de ton destin, c’est toujours plus simple. Mais bon, je pense qu’il m’en manque un peu en termes de connexion. On va voir quel sera notre adversaire, mais il nous en manque encore un peu en termes de connexion offensive et défensive. Mais offensive surtout parce que même si on a marqué de beaux essais, je pense qu’il y a encore des choses mieux à réaliser.
Exception faite de Pierre-Louis Barassi, est-ce que vous avez pu gérer votre effectif comme vous le vouliez ou les changements effectués étaient prévus ?
Il y a Thibaud (Flament) qui a pris un petit coup, donc on a ménagé Thibaud et Kalvin (Gourgues) peut-être un peu tôt dans le match, surtout sur des matchs de phases finales. “Manny” (Meafou) a fait 80 minutes, ce qui est bien et plutôt intéressant pour la suite. Comme toujours, quand on habitue les joueurs à ne faire que 50 ou 60 minutes avec un championnat qui a quand même des règles un peu différentes avec ces fameux retours en jeu, évidemment, la Coupe d’Europe t’amène à être plus précis sur ton coaching. On n’a pas cherché à ménager, mais on a essayé de gérer un peu les petits bobos. Honnêtement, le jour où tu fais cinq avants et trois trois-quarts, c’est devant que ça tire un peu la langue. Et puis, même si là, le K.-O. de Pierre-Louis nous oblige quand même et nous rassure sur le fait de pouvoir coacher assez tôt. Antoine (Dupont) a fait 58 très bonnes minutes. Après, on a eu un bon Romain (Ntamack), on a eu une ligne trois quarts plutôt performante avec Matthis (Lebel), Teddy (Thomas) et Thomas (Ramos) avec une bonne ligne trois quarts. Et qui, en fonction de l’adversaire, va devoir s’éprouver la semaine prochaine.
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Pouvez-vous dire un mot sur vos ailiers, efficaces ces derniers temps ?
En fait, ils ont surtout remis au goût du jour le fait de marquer des essais. C’est ce qu’on demande à un numéro 9 au foot, au buteur. C’est ce qu’on demande à un ailier. Je crois toujours qu’on a tous d’un point fort, une super capacité. Et quand Teddy et Matthis sont dans cette configuration-là, ce sont des ailiers qui scorent. Maintenant, ils vont avoir fort à faire dans tous les cas, peu importe l’adversaire du quart de finale, mais leurs opposants, que ce soit à Leicester ou à Bordeaux, sont pas mal non plus. Donc il va falloir qu’ils se préparent à faire un bon match. Mais oui, c’est bien de marquer les essais, surtout pour un ailier. Matthis était souvent frustré mais aujourd’hui, il aurait même pu en marquer une paire de plus avec un peu plus de réussite, mais franchement, il fait un match sérieux.
Teddy Thomas est également très présent depuis quelques semaines sur les ballons en haut, les renvois, où il s’avère précieux…
On va dire que le recrutement de Teddy Thomas, qui a fait beaucoup jaser à l’intersaison, pour l’instant, est en phase avec ce qu’il est venu chercher et ce que nous, on attendait. Après, moi j’en attends toujours un peu plus. Donc j’attends les prochaines semaines pour que ça matche sur des matchs de très, très haut niveau, et qui sont décisifs. Se permettre d’avoir (Santiago) Chocobares, Paul Graou et Blair Kinghorn sur le banc, c’est un luxe incroyable. Mais vous avez aussi Dimitri Delibes, Paul Costes et d’autres… Après, on sait que la saison est longue, qu’il y aura des bobos, qu’il y aura des pépins, qu’il y aura des garçons qui, au-delà des comptes aux performances, sont sortis du jeu. Donc il faut faire avec cet effectif-là mais derrière, il y a une forme d’émulation qui est quand même hyper intéressante. Un petit peu moins à certains endroits devant, mais derrière, c’est quand même assez incroyable.
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Ce match vous a-t-il préparé en matière de rythme à ce qui vous attend en quart de finale ?
Ce qui est intéressant, c’est sur notre niveau de santé. C’est-à-dire qu’on avait besoin de bosser. Malheureusement, quand j’ai pris la data de mes internationaux depuis quelque temps, il en manquait. Il en manquait parce qu’évidemment, ils n’ont pas les mêmes objectifs que nous. Donc, il en manquait sur ce que nous on demande et sur ce qu’on réalise en club. Donc ce match permet aussi de se mettre dans des standards acceptables. Mais pour gagner une compétition, il ne faut pas être sur les standards acceptables, il faut être sur les standards élevés. Donc cette semaine va être, quoi qu’il arrive, dure pour l’ensemble de nos effectifs.

