Tous les cinq ans, la péniche des Croisières du Prince Henry s’offre un lifting en cale sèche l’hiver. Mercredi matin, sa coque remise à neuf, elle a retrouvé son emplacement sur le quai de la Baïse.
Cela reste toujours un petit événement à Nérac. Une gigantesque grue soulève comme un fétu de paille la péniche des Croisières du Prince Henry, fleuron du tourisme de Nérac et de l’Albret, pour la déposer dans les eaux calmes de la Baïse. “Tous les cinq ans, elle passe l’hiver en cale sèche, dans l’entrepôt de la société Prodesign3D à Nérac. L’occasion d’y mener des travaux d’entretien sur la coque notamment”, explique le couple Fauquembergue, exploitant du bateau.
Une étape indispensable pour assurer la longévité de la péniche. “On ne trouve pas de coquillages sur la coque quand on la sort de l’eau, mais en revanche, on en a retrouvé des petits à l’intérieur”, rigole Magali Fauquembergue. Les travaux de remise en état ont notamment pour but d’imperméabiliser le bois qui se situe sous la ligne de flottaison (fixée à 35 cm dans ce navire). Durant ces cinq années, la structure absorbe beaucoup d’eau. “Pour dire : elle fait une tonne de moins que lorsqu’on l’a sortie de l’eau avant l’hiver !”
Un bateau dans le ciel de Nérac
Mercredi matin, il était temps pour le bateau de tourisme fluvial de retrouver la quiétude des eaux de la Baïse. Juché sur un gros camion, le convoi exceptionnel a traversé lentement la ville de Nérac avant d’entamer la difficile manœuvre pour descendre vers l’esplanade Gisèle-Halimi où l’attendait une grosse grue pouvant soulever 200 tonnes. Grâce à un système de contrepoids et de sangles, la péniche de 12 tonnes est restée immobile dans son axe lorsqu’elle s’est élevée dans les airs. “Je ne suis pas trop stressé”, souffle Sylvestre Fauquembergue en ne lâchant pas son “bébé” des yeux. “J’ai confiance en les agents à la manœuvre. Chacun son métier !”
L’opération n’a duré que quelques minutes, contre quelques heures pour le travail de préparation. Sous le regard des passants qui, des hauteurs de la cité, étaient nombreux à s’être arrêtés pour regarder le bateau s’envoler dans le ciel de Nérac.
Les Croisières du Prince Henry ont obtenu une dérogation préfectorale pour commencer leur activité touristique dès le 11 avril alors que la navigation est interdite sur la Baïse jusqu’au 1er mai, en raison des dégâts de la tempête Nils.

