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Reportage Marqués par une longue histoire conflictuelle, les habitants de Beyrouth voient leur pays s’embraser à nouveau. Les lignes de démarcation sont toujours dans les têtes, divisant les communautés chrétienne, chiite, palestinienne.
Du balcon, s’il n’y avait pas les frondaisons, on verrait la fumée qui s’élève de Dahiyeh, la banlieue sud de Beyrouth, pilonnée sans relâche. L’apocalypse est tout près. L’écrivain Charif Majdalani, qui raconte son enfance dans la guerre dans « le Nom des rois » (Stock, 2025), et son épouse Nayla, qui est psychothérapeute, habitent dans un quartier à majorité chrétienne préservé des frappes. Mais ils entendent tout. « Il n’y a pas de système d’alerte au Liban, seulement des avis d’évacuation d’Israël. Souvent, les miliciens tirent en l’air pour prévenir les habitants. Quand nous parvient le bruit des coups de feu, on sait que les bombes vont tomber. »
Cet appartement, c’est celui où Charif vivait enfant : sur le mur, il y a encore des impacts de balles qui datent de la guerre civile. « On était pile sur la ligne de démarcation. Un jour, un obus était tombé en face. Les francs-tireurs échangeaient des coups de feu, on était sur leur trajectoire, a…
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