Si le premier “non-Américain” à marcher sur la Lune devrait être japonais, l’Europe a, elle, négocié trois places pour ses astronautes, dont un Français, à bord de la station orbitale lunaire Gateway. Sauf que ce projet vient d’être suspendu.
Un Français marchera-t-il un jour sur la Lune ? Pour l’heure, rien n’est moins sûr. À ce jour, la NASA n’a même pas encore déterminé les deux astronautes américains qui fouleront le sol lunaire à l’horizon 2028.

Aujourd’hui, on sait simplement que le premier non-Américain qui devrait marcher sur l’unique satellite naturel de la Terre sera japonais. C’est en tout cas ce qu’a annoncé Joe Biden le 10 avril 2024. Cela s’explique par la contribution de l’Agence spatiale japonaise (JAXA) au programme Artemis. Elle fournira le Lunar Cruiser, un rover lunaire pressurisé de deux places fabriqué en partenariat avec le constructeur automobile Toyota. Grâce à lui, elle a obtenu que deux de ses astronautes posent le pied sur la Lune. “En clair, le deal, c’est : comme tu participes, je te donne des places pour des astronautes”, résume Benjamin Peter, le responsable des actualités spatiales à la Cité de l’espace.

Trois Européens sélectionnés dont un Français
L’Europe, qui alimente en énergie le vaisseau spatial Orion avec son module de service (ESM) et qui devait fournir des modules complémentaires pour la future station spatiale Gateway, a, elle, négocié trois places pour ses astronautes. Ces places donnaient cependant uniquement droit à un accès à bord de la station orbitale. Sauf que, depuis le 24 mars dernier, la NASA a annoncé qu’elle suspendait ce projet. L’Agence américaine souhaite en effet désormais se concentrer sur la construction d’une base permanente sur la Lune. Composée de différents modules, elle doit permettre à différents astronautes d’y séjourner pendant plusieurs jours, voire des semaines.
Faute de station orbitale lunaire, les trois astronautes européens seront-ils, en contrepartie, conviés à fouler la surface lunaire ? Si oui, il y aurait alors un Allemand, un Français et un Italien, appartenant tous à la promotion d’astronautes de l’Agence spatiale européenne (ESA) de 2009. L’ESA a fait ce choix en prenant en compte ses trois plus gros contributeurs.

L’Allemagne devra donc choisir entre Alexander Gerst et Matthias Maurer, et l’Italie entre Samantha Cristoforetti et Luca Parmitano. Pour la France, en revanche, la place reviendra logiquement au seul Français de la promo, à savoir : Thomas Pesquet.
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L’ancien pilote de ligne d’Air France est devenu un astronaute expérimenté. Il a déjà effectué près de 400 jours dans l’espace et a été commandant de bord de la Station spatiale internationale (ISS). Il détient aussi le record européen du temps passé dans le vide spatial, en cumulant près de 40 heures lors de six sorties extravéhiculaires. Cela en fait un candidat modèle pour participer au programme Artemis. Sophie Adenot pourrait, elle aussi, après Thomas Pesquet, toucher la Lune mais elle va devoir d’abord “faire ses preuves” à bord de l’ISS. Quant à Arnaud Prost, astronaute français de réserve, il n’a, à ce jour, aucune mission prévue à bord de l’ISS. La Lune est donc pour lui encore plus loin.

