March 27, 2026

Nouvelle aventure pour "Le Gorafi", qui sort un journal papier : "On peut le lire, le garder, le prêter… et même allumer le barbecue"

l’essentiel
Le média satirique Le Gorafi lance une version papier mensuelle. Imprimé à Toulouse sur les rotatives de La Dépêche du Midi, le premier numéro sera disponible en kiosque le 31 mars, avec l’ambition de s’affranchir de la “censure des réseaux sociaux”.

“C’est un moment très émouvant. De voir enfin Le Gorafi en papier, après tant de travail, ça nous fait vraiment plaisir. On est fiers.” Ce jeudi 26 mars, devant les rotatives de l’imprimerie de La Dépêche du Midi à Toulouse, Kamil Jamrosz, directeur du développement du groupe DC Company – l’entreprise spécialisée dans les médias et le contenu digital –, observe le ballet incessant des journaux qui défilent sous ses yeux. Le tout premier numéro, prêt à être diffusé dans les boîtes aux lettres et dans les kiosques, dès le 31 mars.

Média satirique incontournable en France, Le Gorafi franchit une nouvelle étape avec le lancement d’une édition papier mensuelle. Après son site Internet créé en 2012 et le développement sur les réseaux sociaux, l’équipe fait ici un choix stratégique, notamment pour s’affranchir de la “censure des réseaux sociaux”.

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La une du numéro 1 du Gorafi, version papier.
La une du numéro 1 du Gorafi, version papier.
DDM

“L’IA ne comprend pas le second degré”

“C’est une décision mûrement réfléchie, explique Sébastien Liebus, fondateur du Gorafi. Les algorithmes décident de ce qui doit être visible ou non, et il peut se passer des mois sans qu’on apparaisse dans les fils d’actualité. L’intelligence artificielle ne comprend pas le second degré, le sarcasme ou le cynisme. Si on publie une blague contenant des mots sensibles comme ‘nazi’, l’article peut être supprimé automatiquement, alors qu’il s’agit d’une critique du nazisme, déplore-t-il. Aujourd’hui, on quitte Internet pour retrouver le réel. Les gens veulent toucher du gazon, pas scroller des statuts LinkedIn.”

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Kamil Jamrosz, directeur du développement du groupe DC Company, lance les rotatives de La Dépêche qui ont imprimé, jeudi 26 mars, le premier numéro papier du "Gorafi".
Kamil Jamrosz, directeur du développement du groupe DC Company, lance les rotatives de La Dépêche qui ont imprimé, jeudi 26 mars, le premier numéro papier du “Gorafi”.
DDM – S.Mc.

Le groupe mise sur le papier pour préserver son humour piquant, qui a fait sa renommée. “Le journal, lui, reste tangible : on peut le lire, le garder, le prêter. C’est un objet qui a plusieurs vies, souligne Sébastien Liebus. Il peut même servir à allumer un feu ou un barbecue.”

S’adapter au format papier

“Le papier donne énormément de notoriété au titre, c’est ce côté très solennel qui leur plaît. Avec un contenu qui n’est absolument pas sérieux, et ça c’est drôle. On est très contents que ça se fasse chez nous”, résume Jean-Nicolas Baylet, directeur général du groupe La Dépêche, actionnaire de DC Company.

Jean-Nicolas Baylet, directeur général du groupe La Dépêche, et Frédéric Fabre, directeur d’OCI.
Jean-Nicolas Baylet, directeur général du groupe La Dépêche, et Frédéric Fabre, directeur d’OCI.
DDM – FREDERIC CHARMEUX

Après plus de dix ans sur Internet, comment réussir la transition vers le papier ? “On garde une exigence de style. Le titre reste l’essentiel. C’est lui qui porte la blague, explique le fondateur du Gorafi. On perpétue une tradition de titres ‘à l’ancienne’, un peu pompeux et très travaillés. Je dis souvent aux journalistes : ‘Arrêtez de massacrer vos titres, sinon on n’aura plus rien à parodier’.”

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Une actualité riche

Politique, international, culture… toutes les rubriques traditionnelles seront présentes dans ce mensuel de 16 pages. Avec l’élection présidentielle qui se profile en avril 2027, l’actualité s’annonce riche à parodier. “C’est toujours une mine d’or pour le Gorafi. On observe aussi ce qui se passe à l’étranger, notamment avec Donald Trump, qui nous donne beaucoup de contenu, sourit le fondateur. La satire n’a pas besoin d’inventer : il suffit souvent de paraphraser la réalité.”

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