Donald Trump lors du dîner annuel de collecte de fonds du Comité national républicain du Congrès, à Washington, aux Etats-Unis, le 25 mars 2026. CHIP SOMODEVILLA / GETTY IMAGES VIA AFP
S’abonner
Donald Trump a exhorté jeudi l’Iran à « devenir sérieux très vite avant qu’il ne soit trop tard », alors qu’un média officiel iranien affirme que Téhéran a répondu au plan américain de cessation des hostilités et attend un retour. L’émissaire américain Steve Witkoff a dit voir des « signaux forts » quant à un possible accord, après presque quatre semaines d’une guerre dont les conséquences économiques mondiales se font sentir chaque jour un peu plus.
Une proposition américaine pour faire taire les armes, qui, selon des médias américains et israéliens, contient 15 points, a été transmise à l’Iran par Islamabad, en bons termes avec les deux pays, selon deux hauts responsables pakistanais. Voici les derniers développements liés à la guerre au Moyen-Orient, qui est entrée dans son 27ᵉ jour.
• Frappes israéliennes sur l’Iran
L’armée israélienne a affirmé ce jeudi avoir mené des « frappes à grande échelle » sur plusieurs zones d’Iran, dont Ispahan, dans le centre du pays, disant avoir visé « des infrastructures du régime terroriste iranien dans plusieurs endroits du pays ». L’agence de presse iranienne Fars a indiqué sur Telegram que deux zones résidentielles d’Ispahan avaient été ciblées.
• Attaques iraniennes vers Israël
L’armée israélienne a indiqué ce jeudi répondre à des attaques de missiles iraniens tirés en direction d’Israël, tandis que des sirènes d’alerte ont été déclenchées dans le centre du pays, certaines zones de Jérusalem et de Cisjordanie occupée. « Les systèmes de défense (antiaériennes) sont en action pour intercepter la menace », a indiqué l’armée dans un communiqué, plus de 14 heures après la précédente attaque signalée. Le Magen David Adom (MDA), équivalent israélien de la Croix-Rouge, a annoncé « six blessés par le souffle de l’explosion » à Kafr Qassem.
• Drones et missiles vers les pays du Golfe
Les Emirats arabes unis ont indiqué ce jeudi répondre à des attaques de drones et de missiles venus d’Iran. « Les défenses anti-aériennes sont en train de répondre à des menaces de missiles et de drones en provenance d’Iran », a indiqué sur X le ministère émirati de la Défense. L’Arabie saoudite et le Koweït ont également indiqué faire face à de nouvelles attaques.
Le ministère de l’Intérieur du Koweït a par ailleurs annoncé l’arrestation de six personnes liées au mouvement libanais pro-iranien Hezbollah, accusé de vouloir fomenter des « assassinats » dans l’émirat.
• « Signaux » iraniens en faveur de pourparlers, selon Pékin
Le chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi, a évoqué des « signaux » iraniens en faveur de négociations avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre. « Les Etats-Unis et l’Iran ont tous deux émis des signaux en faveur de négociations, laissant entrevoir une lueur d’espoir pour la paix », a-t-il dit à son homologue égyptien Badr Abdelatty.
L’émissaire spécial des Etats-Unis, Steve Witkoff, a lui assuré qu’il existait des « signaux forts » sur la « possibilité » d’un accord avec les Iraniens. L’un d’eux pourrait être l’autorisation par Téhéran du passage de dix pétroliers dans le détroit d’Ormuz, bloqué depuis des semaines. Le président Donald Trump a parlé du passage « dix navires », en guise de « cadeau », jugeant que ce geste montrait que son administration « négociait avec les bonnes personnes » en Iran.
• Les négociateurs iraniens craignent d’être « tués par les leurs », estime Trump
Donald Trump a estimé que les dirigeants iraniens chargés de « négocier » avec Washington craignaient de se faire « tuer par les leurs ». « Ils négocient, ils veulent vraiment conclure un accord. Mais ils ont peur de le dire, parce qu’ils pensent que sinon, ils vont se faire tuer par les leurs », a déclaré le président américain.
Avec l’Iran, « les discussions continuent, elles sont productives », a affirmé plus tôt la Maison-Blanche, qui a démenti que les négociations étaient dans l’impasse. Mais « si l’Iran refuse d’accepter la réalité actuelle », s’il ne comprend pas qu’il a été « vaincu militairement », Donald Trump est « prêt à déchaîner l’enfer », a averti sa porte-parole.
• L’Iran n’a « pas l’intention de négocier », selon le chef de la diplomatie
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a affirmé à la télévision d’Etat que l’Iran n’a « pas l’intention de négocier » mais de « continuer à résister ». De la part des Américains, « parler maintenant de négociations revient à admettre une défaite », a-t-il estimé. Il a ajouté que le détroit d’Ormuz est « fermé uniquement aux ennemis », précisant que l’armée iranienne avait déjà « assuré un passage sécurisé » aux navires des pays amis. La République islamique veut « mettre fin à la guerre à ses propres conditions », soulignait-il.
Téhéran a rejeté, selon la télévision d’Etat, le plan américain en 15 points destiné à mettre fin à la guerre, un document que lui avait transmis le médiateur pakistanais. L’ambassadeur d’Iran au Pakistan a affirmé qu’il n’y avait eu aucune discussion entre Washington et Téhéran pour parvenir à la paix.
• Trump somme l’Iran de « devenir sérieux » mais dit qu’il « s’en fiche »
Des échanges ont lieu en coulisses via des intermédiaires et selon l’agence de presse Tasnim, qui cite une source anonyme, l’Iran a répondu par ce biais à la proposition en 15 points qu’il avait reçue via le médiateur pakistanais. Il a posé cinq conditions à la cessation des hostilités et attend désormais « un retour » de l’autre partie.
Donald Trump a répété que l’Iran le « suppliait » de conclure un accord, parce que l’armée américaine lui avait « botté le cul ». « J’ai lu un article disant que je voulais désespérément faire un accord », a-t-il raconté, avant d’ajouter : « Je suis tout sauf désespéré. Je m’en fiche ». Pourtant, il a aussi exhorté le l’Iran à « devenir sérieux avant qu’il ne soit trop tard », sur son réseau Truth Social.
« Nous avions estimé que cela prendrait environ quatre à six semaines pour accomplir notre mission », a fait savoir le président américain en conseil des ministres, qualifiant l’offensive américano-israélienne de « petit détour », qui « finirait bientôt ».

