March 27, 2026

"J’ai une attirance sexuelle pour les petits garçons" : un trentenaire jugé pour viols incestueux et actes de barbarie, la cour d’assises plongée dans l’horreur

l’essentiel
Le procès pour viols incestueux sur mineur et actes de barbarie secoue la cour d’assises du Lot. Ce jeudi 26 mars, Ludwig C., 34 ans, a reconnu les faits et risque la réclusion criminelle à perpétuité. Les témoignages révèlent un lourd passé familial.

À la barre, l’accusé apparaît effacé, presque mutique. Vêtu simplement, le regard fuyant derrière ses lunettes, il reconnaît les faits, mais peine à les détailler. “C’est au moment de mon interpellation que je me suis rendu compte que ce que j’ai fait n’était pas normal”, explique-t-il d’une voix basse.

1 417 photographies et 79 vidéos à caractère pédopornographique

Ludwig C., un homme de 34 ans, est jugé depuis ce jeudi 26 mars devant la cour d’assises du Lot, au tribunal judiciaire de Cahors. Jusqu’au mardi 31 mars, l’accusé comparaît pour une dizaine de chefs d’accusation portant sur des faits qui auraient été commis entre 2016 et 2022 dans plusieurs communes du département, notamment à Issendolus, Souillac et Biars-sur-Cère. Il est poursuivi pour des viols sur mineurs, dont certains à caractère incestueux et impliquant des actes de particulière gravité, notamment à caractère zoophile et barbare, ainsi que pour des agressions sexuelles incestueuses.

Maître André-Pierre Vergé, avocat de l’accusé et Maître Virginie Blanchard, avocate des parties civiles.
Maître André-Pierre Vergé, avocat de l’accusé et Maître Virginie Blanchard, avocate des parties civiles.
DDM – Laurine Méaulle

Dès cette première journée, la cour a été confrontée à un dossier d’une extrême lourdeur. L’homme, détenu depuis décembre 2022 à la maison d’arrêt de Gradignan (Gironde), est renvoyé devant les assises pour des viols accompagnés d’actes de torture ou de barbarie commis sur des enfants de moins de dix ans, parmi lesquels son fils et son beau-fils. Les investigations ont par ailleurs révélé la présence de 1 417 photographies et 79 vidéos à caractère pédopornographique sur ses appareils électroniques.

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L’examen de sa personnalité a occupé une large part de la première journée d’audience. L’homme décrit une enfance marquée par l’abandon parental et un environnement familial dysfonctionnel. Recueilli très jeune par une tante, il grandit dans une fratrie de onze enfants. Plusieurs témoignages évoquent un climat familial lourd, marqué par des violences et des faits d’inceste. À la barre, ses sœurs, très éprouvées, ont évoqué des abus que Ludwig C. leur aurait fait subir durant leur enfance.

“J’ai une attirance sexuelle pour les petits garçons”

Un cousin est également venu confirmer l’existence de relations sexuelles durant l’enfance, dont il attribue l’initiative à un autre membre de la famille aujourd’hui décédé. L’accusé affirme qu’il considérait alors ces pratiques comme “normales”, avant d’en mesurer la gravité bien plus tard. Au fil des témoignages, une forme d’omerta familiale se dessine. Plusieurs membres de la fratrie expliquent n’avoir jamais pu évoquer les violences subies. La tante, qui les a élevés, conteste en partie ces accusations. À la barre, elle assure avoir été attentive à “ses enfants”, parle d’un cadre éducatif strict et non pas “violent”, comme le déclarent ses filles adoptives. Elle évoque des “bêtises d’enfants” concernant les accusations de celles-ci envers Ludwig C. Des propos qui suscitent incompréhension et émotion auprès de son entourage à l’audience.

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Quant aux faits jugés, les plus récents, entre 2018 et 2022, ils apparaissent particulièrement accablants. L’accusé reconnaît avoir commis des actes sur son fils et son beau-fils, très jeunes au moment des faits. Il admet également avoir filmé et photographié certains de ces actes pour ensuite les diffuser sur des sites pédopornographiques. L’accusé évoque avoir “une attirance sexuelle pour les petits garçons”. Ce vendredi, le deuxième jour de procès portera encore sur les faits et les différentes expertises du dossier. L’homme de 34 ans encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

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