March 25, 2026

Fermeture administrative d’un bar à Montauban : "La comparaison avec le Constellation de Crans-Montana est absurde"

l’essentiel
Me Émile Tribalat, avocat de la propriétaire de « La Manufacture royale – 1706 », à Montauban, s’appuie notamment sur un rapport du groupe Socotec qui évoque, en cas d’incendie, un délai d’évacuation de moins de 10 minutes pour les personnes à mobilité réduite.

« J’ai toujours été sensible à la sécurité des clients et avant même d’être contrôlée, j’ai demandé de l’aide en amont à la mairie. Et on en arrive aujourd’hui à ces extrêmes. Quand un agent m’a parlé de Crans-Montana, j’ai eu le sentiment d’être une meurtrière en puissance », se désole Isabelle Babazzi. La propriétaire de « La Manufacture royale – 1706 » explique s’être donc tournée vers le groupe toulousain Socotec, spécialiste de la gestion des risques liés au bâtiment.

Dans ce rapport daté du 4 mars 2026, la plupart des préconisations de la commission communale sont reprises. « Il manque une issue de 0,90 mètre pour admettre un effectif de 200 personnes », lit-on. « Pour autant, la structure du bâtiment permet de garantir une stabilité et un degré coupe-feu bien au-delà de 2 heures, ce qui permet de garantir que les structures ne présentent pas de risque d’effondrement pendant le temps d’évacuation (inférieur à 10 minutes avec des personnes à mobilité réduite) », souligne l’expert de Socotec. En l’état, avec l’accès principal mesurant 1,70 m de large et donnant sur la rue de La Mandoune, « l’effectif maximum dans chaque salle est de 50 personnes », poursuit-il.

À Toulouse, Me Émile Tribalat, l’avocat d’Isabelle Babazzi, dénonce pour sa part une certaine forme d’hypocrisie. « Signer un arrêté de réouverture pour 19 personnes, c’est ridicule. À l’inauguration, en septembre dernier, et j’y étais, c’était bondé et cela n’a gêné personne. De même, faire venir 300 personnes à l’invitation de la mairie n’a posé aucun problème. Socotec est un groupe très sérieux et il stipule bien qu’il n’y a pas de danger incendie spécifique. Et le procédé me dérange. Suite à la visite inopinée du 29 janvier 2026, on nous parle de danger grave et imminent. Ce qui signifie d’habitude qu’on ferme aussitôt l’établissement. Mais là, il a fallu attendre le 17 février pour avoir l’arrêté municipal de fermeture », souligne le conseil qui estime qu’on joue sur les mots.

« Aucune mousse inflammable »

« On nous parle de caves mais elles sont accessibles en rez-de-chaussée et donnent sur une venelle, une petite rue qui a été recouverte, juste derrière le tacos que ma cliente a vendu. On veut la faire fermer pour des motifs fallacieux. » Pour Me Émile Tribalat, la comparaison avec « Le Constellation » de Crans-Montana, en Suisse, est « absurde ». « On n’est pas en sous-sol, ce n’est pas une boîte de nuit et il n’y a aucune mousse inflammable, juste de la briquette ! », s’étouffe l’avocat. « Ma cliente a un bien exceptionnel où elle organise des événements culturels qui font aussi rayonner cette belle ville de Montauban mais on lui met la tête sous l’eau. Même la chronologie est surprenante : elle a perçu une subvention alors que rien n’était aux normes ? »

Contactée, la mairie n’a pas donné suite.

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