À quelques semaines du renouvellement de la ligne aérienne Castres-Paris, l’inquiétude grandit. Interpellé à l’Assemblée nationale, Jean Terlier n’a obtenu aucune garantie claire de l’État. Entre flou ministériel et appel à la mobilisation locale, l’avenir de l’aéroport s’impose plus que jamais au cœur du débat politique tarnais.
Hier, à l’Assemblée nationale, le député du sud du Tarn Jean Terlier a interpellé le ministre des Transports, Philippe Tabarot : “Qu’en est-il du devenir de la ligne aérienne Castres-Paris ?” Derrière cette question, une inquiétude bien réelle : la convention de la liaison opérée depuis l’aéroport de Castres-Mazamet doit être renouvelée d’ici mai. Sans accord financier, les avions pourraient ne plus décoller.
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À l’issue de l’échange, Jean Terlier ne cache pas sa déception. “Le ministre a quand même dit qu’il n’allait pas lâcher l’aéroport Castres-Mazamet, sans véritablement dire ce que ça voulait précisément dire en termes d’engagement.” Autrement dit : la porte n’est pas fermée, mais aucune garantie n’est donnée. “On n’a pas eu de réponse ferme sur le soutien de l’État quant au renouvellement de la ligne entre Castres et Paris.” Pour le député, le message envoyé par Paris est limpide : “Aujourd’hui, l’État dit : je ne fais pas.”
“On est au pied du mur”
Cette situation, selon lui, n’est pourtant pas une surprise. “Il y a trois ans, on savait qu’on aurait cette problématique. En trois ans, on n’a pas pris la mesure du dossier ! Et donc aujourd’hui, on est au pied du mur…” L’aéroport, stratégique pour le désenclavement et l’attractivité économique du sud du Tarn, nécessite des travaux de modernisation estimés à plusieurs millions d’euros. Mais comment engager ces investissements sans certitude sur l’avenir de la ligne ?
Impossible de financer les travaux sans ligne assurée. Et difficile d’obtenir la ligne sans modernisation préalable. Malgré tout, Jean Terlier refuse de céder au fatalisme : “C’est le serpent qui se mord la queue… Mais la porte n’est pas fermée définitivement. Et s’il le faut, on rentrera par la fenêtre.” Il indique avoir saisi le Premier ministre pour obtenir un arbitrage et n’exclut pas une solution transitoire permettant de gagner du temps.
“Arrêtons d’attendre après l’État”
Le député appelle désormais les collectivités – agglomération, département, région – à prendre clairement position. “Est-ce qu’on veut vraiment conserver notre aéroport ? Si oui, on y va. Ensuite, on demande à l’État de venir nous aider.” Et il insiste : “Arrêtons d’attendre après l’État.”
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À ses yeux, l’intervention à l’Assemblée nationale devait provoquer un “électrochoc”. Car sans décision rapide, l’échéance de mai pourrait sceller le sort de la liaison. “Si la communauté d’agglomération, la Région, le Département ne prennent pas position rapidement, il n’y aura pas d’avions qui décolleront au mois de mai. Et ça, ce serait une catastrophe.”
“Un enjeu territorial, pas municipal”
L’intervention n’a pas laissé indifférent le sénateur du Tarn, Philippe Folliot. S’il juge lui aussi que la réponse ministérielle ressemble “plutôt à un non qu’à un oui”, il critique la manière dont le dossier est présenté. Selon lui, parler principalement du désenclavement de Castres donne une vision “trop municipale” du sujet et occulte le reste du sud du Tarn, notamment Mazamet.
Pour Philippe Folliot, l’aéroport n’est pas l’affaire d’une ville mais celle de tout un territoire. Il appelle à “jouer collectif” et à éviter toute politisation à l’approche des municipales. Un rendez-vous doit d’ailleurs se tenir à Paris la semaine prochaine avec la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) et le cabinet du ministre afin de clarifier les positions, en associant parlementaires et représentants du syndicat mixte. Le compte à rebours est donc lancé. D’ici mai, soit la ligne Castres-Paris est sauvée, soit le sud du Tarn perd un outil majeur de désenclavement. Cette fois, l’urgence est bien réelle.

