L’incendie du bar de Crans-Montana (Suisse) ravive la colère des rescapés. Trois mois après le drame, Hugo 19 ans et footballeur et Colline 22 ans réclament une justice exemplaire face à une tragédie qu’ils jugent évitable.
Presque 3 mois après le drame du bar “Le Constellation”, à Crans-Montana, la parole des rescapés se fait de plus en plus forte. Dans un reportage de TF1 diffusé dans Sept à Huit, Coline et Hugo, deux jeunes français gravement brûlés lors de l’accident, dénoncent des comportements graves des responsables du bar et réclament une justice à la hauteur de cette tragédie.
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Brûlée à 30 % du corps, Coline, petite amie du joueur du FC Metz Tahirys Dos Santos lui aussi victime, tente encore de se reconstruire. Mais au-delà des douleurs physiques, c’est l’incompréhension qui domine. Interrogée par les équipes de TF1, la jeune femme ne mâche pas ses mots : “J’attends une condamnation. Une vraie condamnation. Il n’y a même pas de réponses à donner. Ça aurait dû être fait, ça n’a pas été fait. Il n’y a aucune excuse. Pour tout”, insiste-t-elle, évoquant notamment “les alarmes incendie” ou encore “la porte de secours”.
Une colère partagée par Hugo, footballeur de 19 ans et ex-coéquipier de Tahirys, lui aussi grièvement brûlé et encore en rééducation. Face aux caméras, il dénonce une logique et une manière de faire qu’il juge inacceptable : “Il faut que la justice soit faite. C’est barbare de préférer l’argent à la vie, aux gens, aux enfants”, lâche-t-il. Avant d’ajouter : “On ne peut pas dire : ‘ton enfant est mort, pardon’. Ça n’existe pas”.
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“Qu’ils comprennent la douleur”
Dans le reportage, tous pointent du doigt les mêmes défaillances : matériaux inflammables, issues de secours inadaptées ou encore absence de mesures de sécurité suffisantes. Des éléments aujourd’hui au cœur de l’enquête judiciaire, qui vise les dirigeants de l’établissement, Jacques et Jessica Moretti, pour négligence.
Pour les victimes, la question n’est plus de comprendre, mais de sanctionner. “J’aimerais bien qu’ils comprennent la douleur que tout le monde a ressentie, mais ils ne la comprendront jamais”, confie encore Coline, déterminée à obtenir une réaction de la justice à la hauteur de ses espérances.
Cette tragédie aurait pu être évitée, si les dirigeants n’avaient pas négligé les points de sécurité. Pour ces jeunes rescapés, seule une condamnation à la hauteur permettra, peut-être, de tourner une page qui ne se refermera jamais complètement.

