Désormais élu, le nouveau maire de Castres est attendu sur les mesures fortes annoncées dans son programme. Surveillé de près par une opposition éclatée, Florian Azéma se sait attendu. Voici les dix idées majeures de sa politique “d’équilibre et de proximité”.
Élu dimanche 22 mars à l’issue du second tour des élections municipales, Florian Azéma (RN) sera officiellement installé maire de Castres ce vendredi 27 mars à 18 heures, lors du conseil municipal. À 29 ans, le juriste de formation s’apprête à prendre les rênes de la ville et à lancer son plan d’action pour “réparer, relever et faire grandir Castres”, comme il l’a martelé durant la campagne. Avec, en fil conducteur assumé : la sécurité.
“Le premier devoir d’un maire est de protéger sa population.” Dans son projet, cette exigence se traduit par un plan d’action structuré : création d’une brigade canine, renforcement et modernisation de la vidéoprotection, augmentation des effectifs de police municipale et mise en place d’une cellule municipale anti-squat avec aide administrative immédiate aux propriétaires. À cela s’ajoute une “lutte acharnée” contre les cambriolages et le narcotrafic, avec un objectif affiché : “rendre la rue aux habitants” et garantir la tranquillité dans tous les quartiers et hameaux.
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Dans les quartiers prioritaires, la ligne est claire : sécurité renforcée face à la délinquance juvénile et aux trafics, mais aussi valorisation des jeunes “qui veulent s’en sortir”, soutien aux associations, lutte contre l’isolement des seniors et création de lieux de convivialité. “Sans sécurité, il n’y a ni vie de quartier ni cohésion”, pointe-t-il.
Autour de ce socle, Florian Azéma décline d’autres engagements. Pour la jeunesse, il mise sur la création d’un “statut des jeunes engagés” destiné aux 10-18 ans impliqués dans la solidarité, le sport, la culture ou l’environnement. En contrepartie : aide au permis de conduire, soutien aux licences, stages municipaux prioritaires, mentorat ou encore dispositif “argent de poche”. Un conseil municipal des jeunes et un budget participatif dédié sont également prévus, ainsi qu’un pacte local avec les entreprises pour favoriser stages et alternances.

La redynamisation du centre-ville constitue un autre axe majeur. En lien avec l’A69, présentée comme un levier d’attractivité, son projet prévoit une stratégie globale : sécurité renforcée, traitement de la question du stationnement, aides ciblées aux commerçants et artisans, et organisation d’animations toute l’année. Sont notamment évoquées une grande fête du rugby, une foire agricole et gastronomique et le développement de congrès et salons professionnels.
Dans les hameaux, la nouvelle municipalité entend “ne plus laisser ces territoires de côté”. Entretien de la voirie, rétablissement de l’éclairage public nocturne, attention portée à la sécurité et à la tranquillité du quotidien : l’objectif est de préserver leur identité tout en les intégrant pleinement à la ville.
“Sans sécurité, il n’y a ni vie de quartier ni cohésion”
Le désenclavement de la sous-préfecture est également au cœur du projet. Florian Azéma souhaite défendre le maintien de l’aéroport Castres-Mazamet, qu’il juge stratégique pour l’économie locale, et obtenir un tarif d’autoroute équivalent à celui d’Albi.
Sur le plan environnemental, le programme mise sur une reforestation locale avec replantation de haies et revégétalisation d’une partie des 530 hectares de foncier communal. Des îlots de fraîcheur seront créés afin de lutter contre les fortes chaleurs, notamment par la plantation d’arbres et la végétalisation des espaces publics.
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Face à la désertification médicale, des dispositifs sont annoncés pour attirer de nouveaux praticiens : cabinets partagés, horaires coordonnés, salariat et accompagnement du conjoint, afin de répondre aux attentes des jeunes soignants.
Autre dossier : le site de l’ancien collège des Cèdres. Sur ces 22 900 m² proches du centre-ville, la municipalité envisage un recours au privé : “Avec une dette municipale très élevée, la ville n’a pas les moyens d’assumer seule une telle opération”. Objectif : développer des logements pour étudiants et seniors, des activités économiques et une offre de soins.
Le frein de la “dette municipale très élevée” ?
Enfin, le sport sera utilisé comme levier d’attractivité. Florian Azéma annonce un plan de rénovation et de modernisation des équipements, le soutien au sport scolaire et associatif, ainsi que le développement d’événements ouverts à tous, avec l’ambition de faire de Castres “une place forte du sport”.
À quelques jours de son installation officielle, le plus jeune maire de l’histoire de la ville se sait attendu et sera surveillé de près par l’opposition.

