La collision à l’aéroport LaGuardia de New York entre un avion d’Air Canada Express et un camion de pompiers a fait deux morts et une quarantaine de blessés. Alors que les enquêteurs du NTSB cherchent encore à comprendre les causes de l’accident, des échanges radio entre le contrôle aérien et le conducteur du véhicule de secours monopolisent l’attention.
La scène est surréaliste… Sur la piste 04 de l’aéroport de LaGuardia à New York, l’avion régional Bombardier CRJ900 repose sur la queue et pointe vers le ciel. Toute la partie avant de l’avion, dont le cockpit, a été littéralement pulvérisée lors de l’impact avec le camion de pompiers. Le véhicule de secours, broyé à l’arrière, est, lui, situé à quelques mètres de là, renversé sur le côté.
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Un peu plus de vingt-quatre heures après la spectaculaire collision entre un avion d’Air Canada Express et un camion de pompiers, le bilan fait état de deux morts, les deux pilotes, d’une quarantaine de blessés et d’une miraculée… Une hôtesse de l’air a en effet été éjectée à une centaine de mètres de l’appareil et retrouvée vivante, attachée à son siège. Elle souffrirait de multiples fractures, mais ses jours ne seraient pas en danger.
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Pour faire toute la lumière sur l’accident, le Bureau d’enquête américain (NTSB) a dépêché sur place vingt-cinq spécialistes. Appuyé par une équipe d’enquêteurs du Bureau de la sécurité des transports du Canada (TSB), le NTSB poursuit sa collecte d’informations et d’indices. Les deux boîtes noires de l’appareil ont été récupérées et envoyées à Washington pour analyse.
Une intervention des pompiers aéroportuaires qui tourne au drame
Voici ce que l’on sait avec certitude. Ce dimanche 22 mars 2026, l’avion en provenance de Montréal était en phase d’atterrissage lorsque l’impact a eu lieu. Soixante-douze passagers et quatre membres d’équipage se trouvaient à bord. Peu avant la collision, les images de vidéosurveillance de l’aéroport montrent une colonne de camions de pompiers, gyrophares allumés, se diriger en direction de la piste 04 sur laquelle le CRJ900 vient de se poser. Kathryn Garcia, la directrice générale de l’Autorité aéroportuaire qui gère la plateforme, indique en effet que les véhicules de secours avaient été appelés quelques minutes plus tôt pour intervenir sur un avion de United Airlines en raison d’une odeur suspecte à bord.
D’après les enregistrements du contrôle aérien, le conducteur du premier camion de pompiers a demandé l’autorisation de traverser la piste 04 et le contrôleur a accédé à sa demande. Mais à 23 h 37, heure locale, ce dernier s’est aperçu de son erreur. “Stop, stop, stop, stop, Camion Un, stop !”, l’entend-on crier à la radio. Mais il est trop tard, le camion est déjà au milieu de la piste et, quelques secondes plus tard, l’avion régional vient le percuter violemment par la droite avant de s’immobiliser. Si le CRJ900 était en phase de décélération, sa vitesse au moment de l’impact était néanmoins visiblement encore élevée. L’analyse de l’enregistreur des paramètres de vol (Flight Data Recorder) permettra de la déterminer avec précision.
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À qui la faute ?
Pour l’heure, il est encore trop tôt pour déterminer les responsabilités de cet accident. S’agit-il d’une erreur du contrôle aérien ? Les pilotes d’Air Canada avaient-ils bien l’autorisation de se poser sur la piste 04 ? Le conducteur du camion de pompiers a-t-il entendu l’ordre du contrôleur de s’arrêter avant de traverser la piste ? Les effectifs dans la tour de contrôle de LaGuardia étaient-ils suffisants ? Le NTSB devrait éclaircir les circonstances de l’accident dans les tout prochains jours. “Nous disposons de nombreuses informations, mais nous devons pouvoir les vérifier avant de vous les communiquer”, a déclaré Jennifer Homendy, la présidente du NTSB, lors d’une conférence de presse le 23 mars 2026. “Nous n’écartons donc rien pour le moment.” Le mystère reste entier.

