Dans une ferme du Kentucky, aux États-Unis, une agricultrice et sa fille ont rejeté une offre colossale pour céder une partie de leur exploitation. Elles n’acceptent pas le projet de “data center” qui doit y être construit, qu’elles jugent incompatible avec leur histoire familiale et leur vision de l’agriculture.
Une famille du nord du Kentucky a décliné une offre de 26 millions de dollars pour vendre une partie de ses terres agricoles, racontent nos confrères américains de la chaîne Local 12, revenant sur le témoignage recueilli dans un article du Guardian du mois de février. À Maysville, Ida Huddleston, 82 ans, et sa fille Delsia Bare refusent catégoriquement de céder près de la moitié de leur exploitation, environ 1 200 acres, malgré une proposition très au-dessus du prix du marché.
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Contactée en avril dernier par une entreprise restée anonyme, décrite comme un poids lourd de l’intelligence artificielle, la famille s’est vue proposer un montant près de dix fois supérieur à la valeur habituelle des terres dans le comté de Mason. Une offre exceptionnelle… mais insuffisante pour les convaincre.
“Rester, tenir et nourrir une nation. 26 millions de dollars, ça ne signifie rien”, tranche Delsia Bare dans le reportage de la chaîne locale. Pour elle, la terre dépasse largement sa valeur financière : c’est une histoire familiale vieille de plusieurs générations, faite de travail, de transmission et de résilience.
“Ils nous prennent pour des fermiers stupides”
“Mon grand-père, mon arrière-grand-père, toute ma famille a vécu ici. Ils ont payé des taxes, nourri le pays”, insiste-t-elle. Pendant la Grande Dépression, ses ancêtres cultivaient déjà du blé pour maintenir les distributions de pain à travers les États-Unis. Un héritage que la famille refuse de voir disparaître au profit d’un projet industriel.
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Ida Huddleston, la propriétaire de 82 ans, ne mâche pas ses mots. “Ils nous prennent pour des fermiers vieux et stupides, mais ce n’est pas le cas”, lâche-t-elle sur Local 12. L’octogénaire se dit préoccupée par la disparition progressive des terres agricoles et les conséquences environnementales : “Quand la nourriture disparaît, que les terres disparaissent, qu’on n’a plus d’eau… on sait ce que ça veut dire.”
NEW: Kentucky family rejects $26 million offer to convert part of their farm into a data center despite the offer being about 10 times the going rate for farmland in the area.
“If it’s my way, I’ll stay and hold and feed a nation. 26 million doesn’t mean anything.”
“As long as… pic.twitter.com/eK9gTXmwq0
— Collin Rugg (@CollinRugg) March 24, 2026
La promesse de retombées économiques ne la convainc pas davantage. “Ils disent que ça va créer de l’emploi, mais c’est faux. C’est une arnaque”, estime-t-elle, rejetant en bloc les arguments avancés par les promoteurs du projet.
“Tant que cette terre me nourrit”
Delsia Bare compare même son attachement à la terre à celui du personnage Scarlett O’Hara dans Autant en emporte le vent. “Tant que cette terre me nourrit et prend soin de moi, rien ne peut me détruire”, confie-t-elle.
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Malgré ce refus, le projet de centre de données pourrait voir le jour à proximité. Selon la famille, l’entreprise a revu ses plans en s’appuyant sur d’autres propriétaires ayant accepté de vendre. Une perspective qui, sans les faire changer d’avis, confirme une tendance de fond : la pression croissante des géants technologiques sur les terres agricoles.

