March 23, 2026

REPORTAGE. "Le matériel neuf coûte cher" : elle lance une sellerie ambulante d’occasion pour aider les cavaliers

l’essentiel
Depuis les écuries de Pavie, dans le Gers, Salomé Monjuste essaie des tapis d’occasion sur le dos de sa jument. Depuis quatre ans, elle a lancé sa sellerie ambulante, un moyen de fournir les cavaliers gascons en matériel d’équipement équin à petits prix. Reportage.

Au rythme des sabots sur le chemin de terre, Salomé Monjuste guide sa jument pie, à la robe blanche et marron clair, vers l’aire de sellage de l’écurie de Pavie, dans le Gers. Attaché devant un box, l’équidé s’agite doucement, davantage attiré par l’herbe verdoyante que par la perspective d’une séance de travail sous le soleil. “C’est juste pour essayer”, glisse sa cavalière pour la rassurer.

La jeune femme ajuste alors un tapis sur le dos de la jument. Celui-ci fait partie de son stock de matériel d’occasion pour chevaux, une collection qu’elle développe depuis le mois de décembre, date à laquelle elle a lancé un concept original : une sellerie ambulante. “J’ai voulu rendre l’équipement d’équitation accessible à des personnes ayant peu de moyens, tout en leur proposant du matériel de qualité à un prix raisonnable”, explique-t-elle.

L’idée pour Salomé Monjuste est de rendre accessible l’équipement équin à tous.
L’idée pour Salomé Monjuste est de rendre accessible l’équipement équin à tous.
DDM – Sébastien Lapeyrère

L’idée a germé quatre ans plus tôt, lorsqu’elle s’installe en Gascogne avec son mari, militaire de carrière. “Ma jument est tombée gravement malade et je ne trouvais pas de compléments alimentaires adaptés dans le Gers. C’est parti de là. J’ai commencé à en faire venir, puis je me suis dit : pourquoi ne pas proposer aussi du matériel d’occasion ?”, raconte-t-elle.

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Un constat s’impose rapidement : l’offre locale est limitée. “Il n’y a pas vraiment de sellerie dans le Gers, à part de grandes enseignes et une petite structure à l’autre bout du département. Or, le matériel neuf coûte cher et beaucoup de cavaliers ont du mal à suivre. À l’inverse, il y a énormément d’équipements qui dorment dans les garages.” Le succès est immédiat. “Dès le premier mois, j’ai été régulièrement appelée.”

Plusieurs options d’achat

Salomé développe donc cette seconde activité en parallèle. Mais pas question, pour l’instant, d’ouvrir une boutique physique. “À Auch, plusieurs magasins ont ouvert puis fermé. Je préfère ne pas prendre ce risque pour le moment.” Elle opte pour une organisation souple : le matériel est stocké à domicile, les rendez-vous se font sur demande, et les déplacements directement chez les clients. “Je me déplace surtout pour les selles. Pour le petit matériel, je passe aussi par Vinted, Leboncoin et les réseaux sociaux.”

L’objectif de la cavalière est de faire de cette entreprise son emploie à temps plein.
L’objectif de la cavalière est de faire de cette entreprise son emploie à temps plein.
DDM – Sébastien Lapeyrère

Une fois son stock constitué, elle accompagne les propriétaires de chevaux dans leurs recherches. “Je précise toujours que je ne suis pas saddle fitter, c’est-à-dire spécialiste de l’adaptation des selles. L’idéal est que le client ait déjà défini ses besoins. Ensuite, je lui propose différents modèles, selon sa pratique, randonnée, CSO, et selon son budget.”

Son activité dépasse rapidement les frontières du Gers. “Je me déplace aussi en Haute-Garonne, dans le Tarn-et-Garonne, les Hautes-Pyrénées, les Landes ou encore les Pyrénées-Atlantiques. J’essaie de regrouper les déplacements, mais je couvre un large secteur.”

Une ambition de développement d’ici quatre ans

Pour elle, le principal avantage de ce service réside dans la proximité et la simplicité. “Sur internet, on ne peut pas essayer. Moi, j’apporte le matériel, le client teste, et si ça ne convient pas, je repars avec.” Un cadre rassurant, renforcé par le statut professionnel. “Il y a un délai de rétractation de 15 jours et une garantie. Les selles sont vérifiées, ce qui n’est pas le cas lors d’un achat entre particuliers.”

Autre atout : le gain de temps. “Je peux venir avec plusieurs selles sur une même journée. Le client les essaie et compare directement. Sinon, il faudrait multiplier les déplacements. Nous, on passe nos journées à chercher du matériel, à dénicher la perle rare, parfois dans d’autres départements.”

À terme, Salomé voit plus grand. “Si ça continue comme ça, j’aimerais, d’ici quatre ans, arrêter mon autre activité et vivre pleinement de ce projet.” Une ambition qu’elle porte à chaque essayage, face à des clients ravis.

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