Le procès en appel pour viol en réunion, perpétré par trois anciens rugbymen de Grenoble, s’ouvre ce mercredi 25 mars à huis clos à Angoulême. Plus de neuf ans après les faits, la victime, devenue magistrate, reste marquée par un traumatisme toujours aussi important.
Ce mercredi 25 mars, trois anciens rugbymen de Grenoble seront jugés à huis clos devant la cour d’assises d’appel d’Angoulême pour le viol d’une étudiante après un match de Top 14 à Bordeaux en 2017.
Près de huit ans après les faits, en décembre 2024, l’Irlandais Denis Coulson et le Français Loïck James avaient été condamnés à 14 ans de réclusion, et le Néo-Zélandais Rory Grice, à 12 ans, pour “viol en réunion”.
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Deux autres coéquipiers, qui avaient assisté à la scène sans intervenir, l’Irlandais Chris Farrell et le Néo-Zélandais Dylan Hayes, n’ont pas fait appel de leur condamnation en première instance : quatre ans de prison dont deux avec sursis pour le premier ; deux ans avec sursis pour le second.
Des années après, toujours le même traumatisme
Au matin du 12 mars 2017, la victime, alors âgée de 20 ans, avait quitté en larmes un hôtel où séjournaient les joueurs, après la défaite de leur équipe face à l’Union Bordeaux-Bègles. Dans sa plainte, l’étudiante, aujourd’hui magistrate, racontait avoir suivi des rugbymen dans une discothèque au cours d’une soirée très alcoolisée, sans se souvenir précisément de la suite des événements. Elle indiquait s’être réveillée le lendemain nue sur un lit, avec une béquille introduite dans le vagin, entourée de deux hommes nus et d’autres habillés.
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Malgré toutes ces années, le traumatisme reste intact. “Neuf ans après les faits”, la victime “n’a toujours pas fait le deuil de ce qu’il s’est passé”, a déclaré Me Grégoire Mouly, l’un de ses avocats.
Comme lors du premier procès, la défense des parties civiles a demandé la tenue des débats à huis clos.
Les rugbymen campent sur leur position
Face à ces accusations, les trois rugbymen maintiennent leur version. Ils affirment que la jeune femme était consentante et qu’elle prenait même des initiatives, s’appuyant notamment sur une vidéo tournée au cours de la soirée.
“Ils ne pouvaient pas percevoir qu’elle n’était pas consentante. Tous étaient alcoolisés et ne l’ont jamais contrainte à rien, c’est toute la difficulté du dossier”, a expliqué à l’AFP Me Corinne Dreyfus-Schmidt, avocate de Denis Coulson. Elle estime par ailleurs que la peine prononcée en 2024 est “déraisonnable et excessive” pour “un garçon qui n’a aucune dangerosité”.
De leur côté, les avocats de la victime contestent fermement leurs propos. Selon eux, la vidéo ajoutée au dossier montre au contraire une jeune femme “dans un état dissociatif, en pilote automatique, selon les experts psychiatriques”.
Ils soulignent également que l’introduction d’objets, une banane et une bouteille d’eau, “peut presque s’apparenter à des actes de torture” et constitue, selon eux, un élément confirmant le viol en réunion, comme l’a déclaré Me Gaessy Gros. Les débats doivent se poursuivre jusqu’au 3 avril.

