March 21, 2026

PORTRAIT. "Les Foulées du Petit Bleu m’ont mis le pied à l’étrier" : à 80 ans, Christophe Ronseaux continue de défier les sentiers

l’essentiel
À 80 ans, Christian Ronseaux sera au départ du Trail d’Agen ce dimanche 22 mars. Une trajectoire lancée il y a plus de 45 ans… grâce aux Foulées du Petit Bleu.

“Sans les Foulées du Petit Bleu, je n’en serais pas là.” À 80 ans, Christian Ronseaux sourit en le disant. Ce dimanche 22 mars, il sera une nouvelle fois au départ du Trail d’Agen. Une habitude presque, pour celui qui court depuis plus de quarante-cinq ans sans jamais vraiment s’être arrêté.

Une histoire lancée par le Petit Bleu d’Agen

Originaire d’Auvergne et installé à Foulayronnes depuis 1970, Christian Ronseaux a longtemps travaillé comme responsable de maintenance chez UPSA. Par curiosité, il s’inscrit aux Foulées du Petit Bleu. Le souvenir est encore vif : “C’était effrayant.” Trop vite, trop fort, mal préparé. Mais l’envie, elle, est bien là.

Il revient, s’entraîne, progresse. Et surtout, il y prend goût. “Après, je n’ai plus arrêté.” Une phrase simple, mais qui résume une trajectoire entière.

Avec le recul, il souligne aussi le rôle de figures locales. D’après lui, deux anciens journalistes du Petit Bleu, Dino Milani et Jean-Pierre Thoumas, ont contribué à structurer la course à pied dans le secteur. “C’est un peu de leur faute si on en est là… C’est le Petit Bleu qui m’a mis le pied à l’étrier”, glisse-t-il d’un air amusé.

65 000 kilomètres et toujours l’envie

Depuis 1980, Christian Ronseaux note tout. Cahiers, tableaux, puis ordinateur : rien n’échappe à son suivi minutieux. Résultat, le marathoniens estime avoir parcouru près de 65 000 kilomètres.

Avant la course à pied, il y avait déjà le vélo. En Auvergne, où il a grandi, il découvre la compétition et participe même à un critérium (course courte et intense) avec Jacques Anquetil. “On savait qu’on allait être mangés, mais on était contents d’être là”, raconte-t-il. Mais c’est bien la course à pied qui s’impose durablement. Marathons, trails, raids… Il enchaîne les expériences, de New York à La Réunion.

Des souvenirs aux quatre coins du monde

Les années ont défilé au rythme des courses, laissant des souvenirs marquants… Comme son premier marathon à New York en 1991. Il s’y rend sans certitude, presque en touriste. “Je me suis dit : ‘si j’échoue, j’échouerai’.” Il termine finalement en 3h30. “C’était le meilleur temps de ma vie.”

Autre souvenir fort : la Diagonale des Fous, à La Réunion. Une décision prise sur un coup de tête, lors d’un repas entre amis. “On s’est dit chiche on le fait ? Il ne faut jamais décider après quelques verres”, sourit-il. Résultat : 170 kilomètres et plus de 50 heures d’effort. “Je me suis régalé !”

Il évoque aussi des moments plus inattendus, comme cette pause sur un ultra-trail. Épuisé, il s’accorde vingt minutes de repos… et se réveille seul, alors qu’avec un autre coureur, ils s’étaient promis de s’attendre. “Je suis reparti sur les nerfs !”, raconte-t-il. Une anecdote qui illustre bien ces courses où tout peut basculer.

Du plaisir, mais aussi du mental

Installé à Foulayronnes depuis plus de cinquante ans, il connaît chaque sentier. Certains ont d’ailleurs inspiré le parcours du Trail d’Agen. Un tracé exigeant, “pas très spectaculaire” selon lui, mais fidèle à l’esprit du trail.

 

Aujourd’hui encore, il s’y entraîne régulièrement, à son rythme. Car courir, pour lui, c’est avant tout une affaire de mental. “À un moment donné, les jambes ne veulent plus. C’est la tête qui vous emmène.”

Il ne cache pas les moments difficiles, les douleurs ou les coups de fatigue. Mais jamais l’abandon. “Moi abandonner ? Jamais !”, lance-t-il. Même s’il reconnaît avoir déjà été contraint de s’arrêter ou éliminé sur certaines courses.

Reste l’essentiel : courir. “Quand je cours, c’est le vide.” Une manière de se retrouver, de relâcher la pression. Et puis cette sensation, bien connue des coureurs : à peine la ligne franchie, déjà l’envie de repartir. “Neuf fois sur dix, vous êtes naze… et vous pensez déjà à la prochaine course.”

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