Michel-Edouard Leclerc avait promis la semaine dernière une baisse d'”à peu près 30 centimes” du litre de carburant à la pompe. Il reconnaît qu’elle n’a pas eu lieu et met en cause la “volatilité” des cours du baril depuis le début de la guerre en Iran.
La baisse d'”à peu près 30 centimes” par litre de carburant à la pompe, annoncée la semaine dernière par Michel-Edouard Leclerc, n’a pas eu lieu. C’est ce qu’a reconnu ce jeudi 19 mars le patron du comité stratégique des centres E.Leclerc auprès de l’AFP, en expliquant qu’il “plaidait coupable” de n’avoir pas pu autant réduire les prix.
“Je m’en veux de ne pas avoir anticipé une telle volatilité”
“Je plaide coupable d’avoir présumé de nos capacités de continuer à vendre moins cher”, a déclaré le président du comité stratégique des centres E. Leclerc, leader de la distribution alimentaire en France. Il regrette de ne “pas avoir anticipé une telle volatilité” des marchés du pétrole, mais rappelle n’avoir jamais annoncé “de campagne ou de promos” concernant des baisses de prix dans les stations essence.
“Je vois bien l’attente que j’ai pu susciter auprès des automobilistes. Je m’en veux de ne pas avoir anticipé une telle volatilité”, a-t-il plaidé, soulignant toutefois la faible marge, “inférieure à 1 %”, prise sur le carburant par son enseigne, la “moins chère” à la pompe “dans 98 % des cas”.
La paralysie du détroit d’Ormuz mis en cause
Mercredi 11 mars au matin, Michel-Edouard Leclerc avait anticipé un recul des prix à la pompe “sur les deux jours qui viennent”, consécutive à une redescente des cours du pétrole la veille, après des jours de hausse liée à la guerre au Moyen-Orient. Cette baisse devait se faire en deux fois, 23 centimes puis sept centimes, avait-il précisé, tout en prévenant que les prix allaient encore “faire du yoyo” en fonction des soubresauts géopolitiques.
Dans certains centres Leclerc, ceux dont les cuves étaient vides, “on a quand même livré entre 20 et 25 millions de carburants entre 17 et 20 centimes moins cher que la veille”, a fait valoir le patron de Leclerc. Mais “dès l’après-midi [du 11 mars]” les marchés “sont repartis plus fort” avec la paralysie du détroit d’Ormuz, par où transite habituellement un cinquième de la production de pétrole mondiale.
À lire aussi :
DÉCRYPTAGE. “Une hausse progressive à la pompe si les tensions persistent” : pourquoi les prix des carburants vont continuer de grimper
La distribution “n’a pas de capacité de négociation sur les marchés internationaux de pétrole”, a insisté Michel Edouard Leclerc. “Si le conflit dure, il faudra bien que l’État réduise sa marge” pour aider “les automobilistes les plus contraints”, a-t-il estimé, invoquant également le rôle des raffineurs.
Le gazole a augmenté de 20 % en une vingtaine de jours
La semaine dernière, le PDG de Coopérative U, Dominique Schelcher, avait également assuré que les prix allaient “baisser nettement à la pompe”. “Il y a eu une baisse progressive de plusieurs centimes dans certaines stations sur plusieurs jours, mais on est totalement tributaire de la volatilité des cours et de l’évolution de la situation géopolitique”, a déclaré ce jeudi à l’AFP Coopérative U.
À lire aussi :
Prix des carburants : le recours aux réserves stratégiques sera-t-elle l’arme secrète pour calmer la flambée du pétrole ?
Ce jeudi, le gazole, carburant routier le plus utilisé, se vendait à 2,084 euros le litre en moyenne en France, d’après un calcul AFP réalisé sur les prix rapportés par quelque 9 600 stations à un site gouvernemental. C’est une augmentation de 36 centimes (21 %) par rapport au 27 février, veille des premières frappes israélo-américaines sur l’Iran. Le SP95-E10, l’essence la plus consommée, se vendait à 1,929 euro le litre, 20 centimes de plus qu’au 27 février.

