March 18, 2026

REPLAY. Meurtre de Justine Vayrac : "Une ficelle nouée a été trouvée autour du cou", Lucas Larivée nie avoir utilisé un lien pour étrangler la victime

Fin du direct

Ce direct est terminé, merci de l’avoir suivi, bonne soirée.

L’audience est suspendue. Reprise demain à 9 h

Quid de la présence de GHB ?

“Du GHB, on en a tous dans le sang”, assure l’expert qui explique la dose détectée dans le sang de Justine Vayrac n’était pas alarmante. “C’est une molécule que nous recherchons souvent dans ce type d’affaires”, commente le toxicologue qui réaffirme que son laboratoire n’a pas pu se tromper.

Lucas Larivée suit les réponses du toxicologue avec intérêt. Il a relevé la tête et écoute attentivement les débats.

Me Labrousse rappelle que Justine Vayrac a fait plusieurs tentatives de suicide

“Ces médicaments ont-ils été pris dans le respect de la posologie”, demande Me Labrousse. Le toxicologue a déjà répondu à cette question dans son exposé. “Oui”, dit-il. L’avocat continue : “Ces médicaments sont costauds ?” “Oui, il faut qu’un état dépressif ait été constaté”.

Nouvelle question à laquelle a déjà répondu l’expert : l’un des médicaments détectés sert-il à contrer les effets d’un des deux autres ? Le toxicologue acquiesce.

Justine Vayrac avait fait plusieurs tentatives de suicide par absorption de médicaments et d’alcool. “Ce qui n’est pas le cas dans la période des faits du 22 et 23 octobre”, oppose l’expert.

“Justine Vayrac n’avait pas pris de stupéfiants”

Le toxicologue live son analyse du sang prélevé sur la victime. De l’éthanol a été découvert qui est liée à la consommation d’alcool. L’expert a détecté la présence de médicaments psychotropes prescrits. Dont un antidépresseur, un neuroleptique et un médicament pour contrecarrer certains effets du médicament précédent. “C’était à des doses thérapeutiques”.

“Justine Vayrac n’avait pas pris de stupéfiants”, assure le toxicologue en appuyant sur le fait que les analyses n’ont pas détecté de GHB, contrairement à ce qui avait pu être dit.

La prise de ces médicaments psychotropes liée à la consommation d’alcool “fait mauvais ménage”.

Il est 21 h, un nouvel expert est à la barre : le toxicologue

Me Michel Labrousse semble déterminer à faire durer les débats

“Lors de la levée de corps, quelqu’un a-t-il tiré sur la ficelle ?”, demande Me Labrousse. “Non”. “Quel été la nature du nœud ?” “Je ne sais pas”. Les questions s’enchaînent sans que l’on comprenne où veut en venir la défense.

Me Michel Labrousse se lance dans un questionnaire très technique sur les conséquences d’une strangulation sur le corps humain et donc la partie cou.

“Une strangulation manuelle à une main peut-elle générer la mort ?” “Oui”, répond la médecin. La présidente intervient, elle commence à perdre patience.

Alors que la défense a toujours la parole, le retard estimé sur le planning est de plus de 5 h

Me Labrousse met en cause la méthode de la levée de corps

L’avocat de Lucas Larivée pointe que le médecin légiste présent n’a pas participé aux premières minutes de la levée de corps. “Comment ont été plantées les tiges de sondage et les pelles ont été utilisées ?”, demande-t-il. “Je ne sais pas”. L’avocat tente d’induire que les blessures retrouvées sur le visage de la victime aurait pu être causées par les recherches.

Le médecin indique que ce n’est pas possible, l’avocat lui rétorque qu’il était absent lors des 17 premières minutes de la levée de corps. L’échange provoque l’incompréhension des deux légistes.

La présidente demande : “Un tuteur est-il un objet tranchant et contondant ?” “Non, c’est un objet perforant”, répond la légiste. Les blessures de Justine Vayrac ont été causées par un objet tranchant et contondant.

Toute la famille et les proches de Justine Vayrac reviennent en même temps dans la salle

La procureure lance un chronométrage de 3 minutes, silence dans la salle

L’avocate générale sort son téléphone et lance un chronomètre. Objectif : que la cour se rende compte du temps que représente 3 minutes. Une mort par strangulation intervient au bout de 3 minutes, selon les médecins légistes.

La procureure Emilie Abrantes fait le décompte : “30 secondes, c’est là qu’elle a perdu connaissance… 1 minute, vous voyez, c’est long et je vous épargne le reste”.

Des photos de l’autopsie sont diffusées, la famille de Justine Vayrac quitte la salle

Des images de l’autopsie sont diffusées sur les écrans de la salle d’audience, notamment du lien trouvée autour du cou. Au préalable, la présidente a invité la famille à quitter la salle d’audience.

Lors de la diffusion des images du corps de Justine Vayrac, Lucas Larivée jette un bref regard à chaque changement de photos puis baisse les yeux.

Plusieurs personnes quittent à nouveau la salle après la diffusion des photos.

La cause du décès : asphyxie mécanique par strangulation au lien

Me Guillot, avocat des parties civiles, pose une question : “Une personne qui reçoit cette strangulation souffre pendant combien de temps ? C’est une question que la famille se pose”. “Cela dure entre une dizaine et trentaine de secondes”.

La médecin légiste confirme la cause du décès : asphyxie mécanique par strangulation au lien. Dans le cas de Justine Vayrac, le larynx a été fracturé et écrasé jusqu’à la colonne vertébrale. “Il est impossible que ce soit fait par accident”, répond la médecin à l’avocate générale qui entend démonter la thèse du jeu sexuel.

Des images de l’autopsie sont diffusées sur les écrans de la salle d’audience, la famille est invitée à quitter la salle.

“Le lien autour du cou n’a pas pu être enlevé sans être coupé, il était serré au contact”

La mère de Justine Vayrac craque et quitte la salle en pleurant

A l’écoute du compte-rendu d’autopsie, la mère de Justine Vayrac craque, fond en larmes et quitte la salle en courant, suivi de près par son mari et des membres de sa famille. Son cri glace la salle. Plusieurs personnes ont les larmes aux yeux.

Lucas Larivée baisse la tête, il ne regarde plus que ses chaussures.

Les détails de l’autopsie dévoilés

La médecin légiste qui a réalisé l’autopsie du corps de Justine Vayrac prend la parole pour détailler ses constations : “Le corps était putréfié, une odeur nauséabonde s’en dégageait et les cheveux se détachaient”. Au niveau de la tête : une plaie près du nez et une fracture nasale ont été constatées. Une plaie a été trouvée sur la lèvre supérieure, et plusieurs dents ont été fracturées. Une autre plaie a été trouvée près de la lèvre inférieure.

Plusieurs hématomes ont été découverts au niveau des mains de la victime, ainsi qu’au niveau de plexus. Aucune fracture n’a été découverte au niveau du crâne.

Après analyses, des hématomes ont aussi été découverts au niveau de l’utérus

Des précisions sur la découverte d’une “ficelle bleue” autour du cou de Justine Vayrac

“Le lien retrouvé autour du cou est ‘indétachable’ du corps, cette ficelle ne bougeait pas”, détaille le médecin.

Comment conclure qu’il y a un mécanisme évocateur d’une asphyxie, se demande la présidente. “Le fait que le lien soit à l’horizontale et noué autour du cou m’ont fait penser à une strangulation, ce qui a été confirmé par la suite”.

Lucas Larivée est prostré dans le box des accusés. Son frère et sa mère ont quitté la salle après son interrogatoire. D’autres membres de sa famille sont restés.

Les médecins légistes dévoilent leurs constatations, le père de la victime quitte la salle

Le médecin légiste qui a fait la levée du corps de Justine Vayrac prend la parole en premier : “Notre mission était de se déplacer à Beynat et de faire toutes les observations utiles à la manifestation de la vérité”.

“Le corps est à 90 cm de profondeur et son examen externe permet de constater que c’est un femme de 166 cm, de corpulence moyenne”, déroule le médecin. “Des lésions sont constatées, avec notamment une fracture l’arrête du nez”. A l’écoute des constatations, le père de Justine Vayrac quitte la salle.

Plusieurs plaies ont été constatées sur le visage de la victime. “Autour du cou, il est trouvé une ficelle bleue avec un nœud au niveau de la face antérieure du cou”.

Me Michel Labrousse interroge longuement son client

Me Labrousse tente de savoir quand, Lucas Larivée a-t-il donné un coup de poing à Justine Vayrac ? “C’était vers la fin du rapport sexuel”, répond l’accusé. “Tout à l’heure, vous étiez plus précis”, lance la présidente. “Oui, c’était juste après”. “Était-il donné fortement”, demande son avocat. “Il me semble et j’ai pensé que c’était cela qui l’avait tuée”.

L’avocat explique que son client a essayé de trouver un pouls et a tenté un massage cardiaque.

“Ensuite, comment l’avez-vous transportée ?” “En la portant par les bras”, dit l’accusé qui est interrogé depuis 3 heures. Me Labrousse fait répéter à son client tout le déroulé de la soirée du 22 au 23 octobre 2022.

Le soir des faits, Lucas Larivée regarde une série sur un tueur en série

La procureure Abrantes relance Lucas Larivée sur le fait qu’il ait regardé la série Dahmer le soir des faits, une série Netflix sur la vie d’un tueur en série. Il répond encore une fois de façon vague en qu’il ne savait qui de quoi il s’agissait et qu’il s’est endormi très rapidement. “C’est une plaisanterie ? Vous téléchargez ce soir-là une série sur un tueur en série après avoir fait tout ce que vous avez fait”, s’énerve l’avocate générale. “Comment avoir envie de regarder une série sur un tueur en série ?” “Elle devait déjà être téléchargée”.

“Comment pouvez-vous avoir des rapports sexuels dans le lit dans lequel vous venez de tuer Justine ?”

“Comment pouvez-vous avoir des rapports sexuels dans le lit dans lequel vous venez de tuer Justine ?”, demande la procureure. “Je ne sais pas, ce n’est pas naturel”. “Mais vous êtes excité ? Vous êtes en érection ?”, “Oui, je l’ai fait, mais je n’étais pas excité”. Il explique qu’il peut avoir des érections sans être excité, mais la cour lui rappelle qu’en prison lors d’analyses, il n’avait pas réussi à être en érection malgré les stimulations. “Vous dîtes tout et son contraire, on arrive au bout là”, lance l’avocate générale.

“La ficelle est la cause du décès”

Concernant la ficelle retrouvée autour du cou de Justine Vayrac : “Pourquoi ce n’est pas possible qu’elle se soit trouvée autour du cou lorsque vous l’avez poussée dans le trou ?” “Je ne sais pas”, répond l’accusé. “Parce que la ficelle est la cause du décès”, lance l’avocate générale. Elle lui fait signifier qu’elle n’a pas été enterrée vivante donc que la ficelle était bien présente au moment où elle a été placée dans le trou.

“Je ne sais pas”, répond encore une fois Lucas Larivée. “La seule chose que je peux vous dire, c’est que je n’ai pas utilisé de lien.”

La procureure Abrantes signale le “sang-froid” de l’accusé pour tenter de faire disparaître les preuves. “C’était irrationnel”, rétorque-t-il. “Au contraire, c’est très rationnel”, lui lance la magistrate. “C’était pour me disculper, c’est immonde”.

Lucas Larivée poussé dans ses retranchements par la procureure

Pourquoi son téléphone est retrouvé dans la voiture ? “Il a dû tomber quand on était dans ma voiture”, suppose Lucas Larivée. “Ensuite, on va dans ma chambre, je lui apporte mon verre d’eau, on fume, une cigarette et ça part”, reprend l’accusé assailli de questions par la procureure.

“Lors du rapport sexuel, vous auriez pratiqué un étranglement, vous lui avez demandé son consentement ?”, demande la magistrate. “C’est venu comme ça, mais quand j’ai posé ma main, elle n’a pas dit non”. Elle rappelle que l’accusé n’a jamais parlé de la pratique de strangulation avant l’interrogatoire sur le fond, moment où il a eu connaissance des conclusions médico-légales.

Quid du SMS, “t’es où ? Tout le monde te cherche” ?

Me Guillot rappelle une mise en scène de Lucas Larivée. À 6h35, alors que Justine Vayrac est déjà morte, l’accusé a envoyé un message sur le téléphone de la victime : “T’es où ? Tout le monde te cherche”. Le jeune agriculteur acquiesce dans un bruit incompréhensible.

Le père de Justine Vayrac quitte la salle

Le père de Justine Vayrac, Vincent, quitte la salle à sont tour, accompagné de plusieurs proches.

Du côté des deux familles, les bancs se vident. Le récit de Lucas Larivée glace l’assistance.

“Je ne sais pas expliquer la présence d’une ficelle autour du cou de Justine Vayrac”

Un ficelle a été retrouvée autour du cou de Justine Vayrac lorsque son corps a été découvert. “Comment elle a pu se retrouver autour de son cou ?” “Je ne sais pas expliquer la présence d’une ficelle autour du cou de Justine Vayrac”, répond-il machinalement.

“Avez-vous une hypothèse ?” “Oui, peut-être qu’elle s’est enroulée quand je l’ai poussée dans le trou”. La présidente oppose que la ficelle n’est pas enroulé mais nouée.

Le téléphone de Justine Vayrac sonne dans sa voiture lorsqu’il ramène Manon le lendemain

“Quand je raccompagne Manon le lendemain, le téléphone de Justine Vayrac sonne dans ma voiture et je dis que c’est mon téléphone professionnel”, raconte-t-il. “Je la raccompagne, et je jette le téléphone par la fenêtre”.

“Que répondez-vous par message à un ami de Justine ?” “Un message pas correct”, marmonne-t-il. “Oui, vous avez dit ‘J’en n’ai rien à faire de ta pote bourrée'”.

“Je suis allé boire un café chez mes parents, avant de ramener Manon, puis je suis allé au match de foot pour paraître le plus normal possible”, ajoute-t-il sur la suite de ce dimanche 23 octobre 2022.

La mère de Lucas Larivée quitte la salle d’audience. Au premier rang, près de l’accusé, Hugo, son petit frère, est le seul à rester.

Lucas Larivée nettoie tout et part chercher une autre fille

“Ensuite, je suis rentré, j’ai nettoyé, avec plusieurs passages et j’ai pris une douche”, déroule le jeune homme dont la voix commence à flancher. “Manon m’a appelé au moment où je nettoie”. À quel moment brûle-t-il les affaires de Justine Vayrac ? “Pendant le nettoyage”.

“Lorsque je reviens avec Manon, nous avons deux relations sexuelles”, explique Lucas Larivée, mais il reste trop vague selon la présidente. “Vous répétez beaucoup que vous ne savez pas”.

“Lors d’un rapport sexuel avec Manon, je pose ma main aussi”, continue-t-il en réference au geste d’étranglement pendant l’acte. “Elle me dit d’arrêter, donc j’arrête et ensuite, elle s’endort”.

“Je ne suis pas descendu de l’engin agricole, j’ai poussé le corps dans le trou”

“J’ai fait tout cela machinalement, j’ai pris l’engin agricole pour creuser”. Lucas Larivée s’applique ensuite à expliquer comment creuser un trou avec ce type de véhicule”. “Je ne suis pas descendu, j’ai poussé le corps dans le trou avec la lame de l’engin”.

Le père de Justine Vayrac, Vincent, craque à l’évocation de ces détails macabres. Il est soutenu par les membres de la famille qui l’entoure.

“Après, je rebouche le trou en poussant la terre avec l’engin agricole”, continue l’accusé. Le récit devient de plus en plus en dur à entendre pour la famille de la victime. Lucas Larivée reste droit face à la cour, les mains dans le dosL.

“Quand je l’ai enterrée, je ne pouvais plus faire machine arrière”

“Comment expliquez-vous toutes les marques que l’on retrouve sur le corps de Justine ?”, demande la présidente. “Je ne sais pas”, répond une nouvelle fois l’accusé. “Est-il envisageable qu’elle n’ait pas voulu avoir une relation sexuelle avec vous ?” “Non, c’était consenti madame”.

La présidente se demande pourquoi son réflexe a été d’avoir voulu faire disparaître le corps de la victime. “Je ne sais pas madame, ce n’est pas rationnel, j’aurais du appeler les pompiers et les gendarmes”. Dans l’enquête, il avait dit qu’il avait eu peur des conséquences judiciaires. “Quand je l’ai enterrée je ne pouvais plus faire machine arrière”.

“Noé, c’était un mensonge”

La présidente rappelle que Lucas Larivée a voulu faire croire l’intervention d’un tiers, qu’il a appelé Noé, dans les violences. “C’était un mensonge”, lâche l’accusé. “J’ai pas d’explications, tout ce que je peux vous dire c’est que le rapport était consenti”.

“J’ai mis ma main droite sur son cou”

“Vous aviez l’idée d’avoir une relation avec elle dès le début ?” “Non, cela s’est fait naturellement”, répond-il. “Mais pourquoi l’avoir emmené dans la chambre ?” “Je ne sais pas”.

“Ce soir-là, c’est elle qui m’a embrassé devant La Charette”, assure Lucas Larivée. “C’est la première fois que vous le dîtes”, “non, je ne crois pas”.

Lucas Larivée détaille ensuite le rapport sexuel : “Nous avons commencé par des préliminaires avant de pratiquer plusieurs positions sexuelles avant d’être en missionnaire et c’est là…” Il ne finit pas sa phrase. “J’ai serré son cou à ce moment, mon intention n’était pas de lui faire du mal”.

“J’ai mis ma main droite sur son cou alors qu’elle est sur le dos et j’ai serré trop fort”, continue Lucas Larivée. “C’est là qu’intervient le coup de poing”.

“Je lui ai proposé de venir chez moi et elle a dit oui”

“Nous avons pris mon véhicule pour aller manger à l’After Burger et sur la route, je lui ai proposé de venir chez moi et elle a dit oui”, continue le jeune agriculteur. Etait-il prévu que l’ami de Justine revienne la chercher sur le parking ? “Je ne sais pas madame, je ne m’en souviens plus”.

“On décide d’aller directement chez moi sans aller manger”, continue-t-il, “au début, on discute puis elle s’est endormie”.

Les imprécisions dans le récit de l’accusé

Comment se retrouve-t-il avec Justine Vayrac dans sa voiture ? “Pas de raison précise”, répond l’accusé. “Son ami, qui était là, je ne le connaissais pas, mais je discutais avec Justine”. “J’ai vu qu’elle était mal, mais je ne sais pas si elle était ivre”. Les vidéos ont pourtant montré que la victime titubait en sortant de la boîte de nuit.

Lucas Larivée répond moins promptement aux questions. Il ne sait pas pourquoi il reste avec Justine Vayrac, le soir des faits. Il ne sait pas pourquoi l’ami de la victime est parti…

“Vous insistez pour rester auprès d’elle, alors que vous ne la connaissez pas ?” “Oui, nous avons échangé nos numéros avec son ami”. Selon lui, dans la voiture, ils sont tous les deux sur la banquette arrière. Pourtant, il y a un siège enfant à l’arrière, “comment pouviez-vous vous asseoir tous les deux ?”. “Je ne sais pas madame”.

“J’ai tout nettoyé avec une éponge”

“Au moment où je reviens chez moi, Manon m’a appelé pour que je vienne la chercher alors j’ai paniqué et j’ai dit oui”, dit Lucas Larivée, “j’ai tout nettoyé avec une éponge, et j’ai brûlé ses affaires sur un tas de cendres, puis j’ai pris une douche et je suis parti chercher Manon que j’ai ramenée chez moi”. “On a fait l’amour deux fois”.

“Le lendemain, je suis allé boire le café chez mes parents et chercher ma chienne”, “j’ai vu mon père et j’ai du lui mentir”.

Lucas Larivée raconte la nuit du 22 au 23 octobre 2022

“Alors que je suis sorti sur le parking, j’ai rencontré Justine Vayrac, on s’est embrassés”, commence l’accusé lorsque la présidente lui demande de raconter la fameuse soirée du 22 octobre 2022. “Avec Justine et son ami, on est allés se reposer dans la voiture puis, avec elle, on est allés chercher à manger avant de partir chez moi”. “La maison était ouverte, on a fait le lit, on a fumé une cigarette et on a fait l’amour”. “Et après, je ne sais comment, mais elle est décédée, j’ai d’abord pensé au coup de poing j’ai mis, mais ce n’était pas cela, c’est peut-être parce que j’ai mis ma main sur sa gorge trop fort”. L’accusé a la voix qui tremble. Les deux familles sont suspendues à ses mots.

Lucas Larivée a du mal à expliquer plus clairement le moment de la mort de Justine Vayrac. “Ce qu’il s’est passé, c’est impardonnable”.

“Ensuite, j’ai fumé une cigarette puis j’ai porté son corps dans ma voiture”, continue-t-il. “J’ai posé le corps, j’ai creusé un trou, je l’ai mis dedans et j’ai refermé, puis je suis revenu à la maison”.

Un Lucas Larivée, sûr de lui, n’accepte pas que l’on dise que ses parents ont été trop “laxistes”

Lucas Larivée répète qu’il a reçu “la meilleure éducation possible” et ne comprend pas pourquoi ses parents ont été, selon lui, malmenés lors de leur témoignage. “Je ne trouve pas cela normal”. “Je comprends pas pourquoi on a dit qu’ils étaient trop laxistes, c’est moi l’accusé”.

L’accusé est sûr de lui et répond clairement à toutes les questions que la cour lui pose. “Elle ne peut pas avoir entendu cela, puisque ces propos lui ont été rapportés”, rétorque-t-il à l’avocate générale qui lui oppose d’une ex-compagne a assuré qu’il avait appelé “sa chienne”.

Au tour de l’accusé d’être interrogé sur sa personnalité, “il se dit surpris”

Lucas Larivée, pull gris et jean clair, se lève face à la présidente avec ses mains jointes dans le dos. “La plupart des personnes ont dit la vérité”, lance-t-il, “mon ex-compagne ment sur notre séparation, il n’y a pas eu de violences physiques”. Il confirme cependant avoir été infidèle.

“Je suis surpris par les expertises psychiatriques et psychologues”, commente l’accusé. “En une heure, je ne pense pas que l’on puisse cerner quelqu’un, il y aurait pu y avoir plus de rendez-vous avec eux”.

Reprise de l’audience avec le témoignage de Gaëtan H., un ancien ami de Lucas Larivée

“On s’est connus au lycée”, explique ce jeune homme vêtu d’un sweat à capuche bleu. “Je ne l’ai jamais vu violent”. “J’ai compris pour ce qu’il s’était passé au moment où cela est sorti dans les médias”.

“Nous ne sommes pas très proches”, répond le témoin après des interrogations de la cour sur son lien de proximité avec l’accusé. Il décrit un adolescent “normal” et avoir été “choqué” quand il a appris l’affaire par la presse.

Me Labrousse prend la parole, avec plus de 2 h de retard sur le planning prévu par le tribunal

L’avocat de Lucas Larivée parle toujours de l’affaire de l’incendie de la grange. Ses questions sont longues et sans point d’interrogation. la présidente lui fait à nouvelle fois remarquer qu’il doit poser des questions.

Les débats ont pris du retard et la salle se tend à chaque prise de parole de Me Labrousse. La présidente le notifie.

À la fin de son témoignage, Alain S. vient s’asseoir près de la famille Larivée et s’effondre la tête dans les mains. Il semble exténué.

Nouvel échange très tendu entre l’avocat de la défense et la présidente

“Arrêtez de me couper la parole et laissez moi finir une phrase”, s’emporte la présidente après une nouvelle interruption de Me Labrousse. Ce dernier a tiqué sur les conclusions scientifiques. “Ce n’est pas parce qu’on dit 50 fois une chose erronée qu’elle est vraie”, lance l’avocate générale. L’épisode est chaotique.

Tout le monde semble exaspéré par l’attitude de l’avocat de Lucas Larivée. Des personnes assises avec les proches de l’accusé se sont levées pour quitter la salle. Même l’accusé semble décontenancé et balaye la salle du regard, tant les réactions se font bruyantes.

Les débats reprennent après un moment chaotique. Me Labrousse retourne à sa place et replonge dans le dossier, tandis que le témoin reprend la parole. Ce dernier a émis une défiance quant aux expertises et l’avocate générale l’interroge sur ce point. Des tensions se font à nouveau ressentir. “Je ne suis pas un complotiste, je dis qu’il y a des doutes possibles”, lance l’ami de la famille de l’accusé dont le témoignage se transforme en débat avec l’accusation. Les échanges sont houleux : “Vous n’êtes pas au café du commerce, monsieur”, tonne la procureure. L’homme ne comprend pas, “c’est juste ma façon de parler”.

“Le problème de Lucas, c’est qu’il ne parle pas”

Alain S. aborde le sujet de la non-communication de l’accusé. “Je lui demande de parler et il le doit à la famille de Justine mais aussi à sa propre famille”, lance l’ami de la famille Larivée. Me Guillot, avocat des parties civiles, le remercie d’avoir formulé cette demande.

Il raconte ensuite sa visite du jeune agriculteur en prison à Périgueux. “Il m’a dit qu’il avait donné un coup de poing à Justine et qu’il avait indiqué aux gendarmes où était son corps”.

Les interventions de Me Labrousse commencent à tendre la cour, et aussi le public

Le proche de la famille Larivée est questionné sur l’affaire de l’incendie de la grange dans laquelle Lucas Larivée a été condamnée. Lui aussi est “dubitatif” sur cette condamnation. Une discussion s’en suit avec une intervention de Me Michel Labrousse.

L’avocat de la défense commence à tendre la cour, mais aussi le public. En intervenant sur l’affaire de l’incendie de la grange par Lucas Larivée, il se trompe sur des détails. La présidente et l’avocate générale sont obligées d’intervenir pour lui dire que ce qu’il dit est inexact. Réaction de consternation dans la salle.

Des membres de la famille de l’accusé se tiennent dans les bras tandis que lui fixe le sol, toujours impassible.

Alain S., ami de la famille Larivée, est à la barre

Alain S., retraité est un ancien joueur de football du même club de football de l’accusé, est un ami de la famille Larivée. “Je l’ai vu grandir, comme mes enfants”. “Lucas est spontané, volontaire et curieux”, décrit-il en rappelant l’épisode de la création d’un élevage de lapins par le jeune homme.

Le retraité a été cité à témoigner en tant que président du club de football de Beynat, ce qu’il n’est pas. “Je suis simplement un ancien joueur du club”.

Il continue : “Lucas a toujours respecté les limites et je ne veux pas être dithyrambique, c’est simplement la vérité, selon moi”. Sur le manque de cadre supposé imposé par ses parents, il dément : “Je l’ai entendu se faire disputer par son père ou sa mère. Lucas était quelqu’un d’entier, donc, oui, des recadrages étaient nécessaires”.

Vincent le père, Arnold le beau-père et Marina la mère de Justine Vayrac, toujours présents au 1er rang 

À quelques mètres de Lucas Larivée, le premier banc est occupé par son petit frère Hugo et sa mère Laetitia. Ils sont entourés par leurs proches. Le père de l’accusé ne peut assister aux débats, car il doit encore témoigner demain.

À quelques mètres, sur leur droite, se trouvent les membres de la famille de Justine Vayrac. Au premier rang, on retrouve, comme hier : Vincent le père, Arnold le beau-père et Marina la mère de la victime. Eux aussi sont entourés de leur famille et de leurs proches, qui remplissent plusieurs bancs derrière eux.

“Il a toujours aimé les femmes et il voulait s’amuser”

Me Labrousse rappelle l’épisode durant lequel des connaissances de Lucas Larivée étaient allées le défendre sur le plateau de Cyril Hanouna, cagoulés. “J’ai su qui c’était après, mais cela ne m’intéressait pas”, commente le témoin. Ce n’était pas vous ?” “Non”, répond-il en rigolant.

Sur le succès de Lucas Larivée auprès de la gente féminine ? “Je n’aurais pas aimé être à sa place, c’était trop”, répond Maxime P. après avoir confirmé. “Il a toujours aimé les femmes et il voulait s’amuser”. Le principal intéressé a toujours le regard pointé sur ses chaussures, penché en avant, les coudes sur ses genoux. De temps en temps, il boit quelques gorgées d’eau.

“Diriez-vous qu’il est intolérant à la frustration ?”

“Vous avez décrit votre ami avec des traits qui ont rejoint les propos du psychiatre”, exprime l’avocate générale, “diriez-vous qu’il est intolérant à la frustration ? Car vous l’avez décrit comme directif et comme quelqu’un qui s’en va quand les choses ne se passaient pas comme il le voulait”. Le témoin acquiesce.

Lors des auditions, il avait dit : “Quand on s’en prenait à son ego et à sa personne, il se mettait en colère”. “Ses propos viennent de vous”, demande la procureure. “Oui”, répond le jeune homme à la coupe mulet. “C’était votre meilleur ami et vous parliez de lui comme de quelqu’un d’égocentrique”.

À lire aussi :
Meurtre de Justine Vayrac : fêtard, impulsif, “froid et détaché”, que sait-on de l’accusé Lucas Larivée ?

“Il ne vous parlait pas de sa vie sentimentale, ni de ses soucis avec la justice ?” “Non, pas trop”, répond Maxime P. puis lorsque la procureure lui demande s’il a le sentiment de connaître l’accusé. “Avant oui, maintenant un peu moins”, répond celui qui affirme que quelle que soit l’issue du procès, il ne sera plus ami avec l’accusé.

À quoi ressemblaient les soirs de fête avec l’accusé ?

“On buvait beaucoup, comme lors d’une soirée, quoi”, explique-t-il, ce qui provoque les rires de la salle. “On commençait par la bière pour finir avec l’alcool fort et c’est vrai qu’on a fini des soirées très alcoolisés”. “On chantait, on dansait, on discutait… L’ambiance était très conviviale”, continue le jeune homme de 24 ans. “Les soirées pouvaient être mixtes”.

Comment était l’accusé avec les femmes en soirée ? “Il a toujours eu du succès, mais il n’en a jamais abusé”, confirme son ancien ami. “C’était un beau garçon et il le savait”.

“Je ne veux plus retourner à Beynat parce que je me sens plus à l’aise avec des gens de là-bas”

“Nous ne sommes plus amis”, prévient le témoin d’emblée. “On s’est connus tout jeune avec le foot et on avait le même groupe d’amis”. Maxime P. affirme qu’il n’y a jamais eu de problèmes de violences physiques ou verbales avec l’accusé. Sa présence ou la ponctualité “dépendaient de la soirée de la veille”, confirme le jeune homme qui vit à Brive. “A part ça, on a jamais eu de problèmes”.

“J’étais blessé donc je n’étais pas là le 23 octobre 2022”, assure-t-il en ajoutant qu’il ne joue plus au foot depuis l’affaire. “Je ne veux plus retourner à Beynat parce que je me sens plus à l’aise avec des gens de là-bas”. “J’ai voulu m’écarter de cet environnement, il y avait de l’incompréhension et cela a été un choc”.

Lucas Larivée écoute son ancien ami d’enfance la tête basse, il a posé sa veste sur ses genoux.

Un ancien ami de Lucas Larivée, Maxime P., est à la barre

Me Labrousse, avocat de Lucas Larivée, prend la parole

L’avocat du barreau de Tulle entame son interrogatoire du témoin par là où il avait laissé la cour la veille : sur la pratique sexuelle de l’étranglement, comme jeu sexuel et pas comme violence. “Je ne peux pas parler du viol”, répond l’ex-entraîneur du jeune agriculteur.

Au cœur du débat : l’intentionnalité et la volonté ou pas de donner la mort. “La version de Lucas Larivée, c’est qu’il n’a pas voulu la mort”, rappelle son conseil. Le témoin, comme beaucoup de personnes interrogées par Me Labrousse, ne peut qu’acquiescer. Ce dernier pose très peu de questions et ses interventions ne laissent que peu de place à la parole des témoins.

La présidente de la cour d’assises de Corrèze intervient et reprend l’avocat pour lui demander de poser des questions. “Je mets des points d’interrogation à la fin de mes phrases”, lance-t-il, en souriant.

Vive émotion de l’ex-entraîneur de l’accusé qui rend hommage à la famille de Justine Vayrac

“Je tiens à saluer les deux familles, que je connais, et surtout celle qui a perdu un enfant”, explique l’homme qui est visiblement ému. “Je suis père, je sais comment j’aurai réagi et je vois cette famille qui reste digne, c’est tout à leur honneur”.

L’entraîneur est touché, car il se considère comme en partie responsable en n’ayant pas convoqué Lucas Larivée pour le match du 23 octobre 2022. Selon lui, s’il avait convoqué l’accusé, ce dernier ne serait pas sorti en discothèque.

“J’ai ressenti cela comme une trahison car, de par mon passé, je rejette toutes formes de violence”, dit-il. “Et j’aime profondément tous mes joueurs”.

Quelle est l’attitude de Lucas Larivée ?

L’homme fait part de “la colère, la tristesse et l’incompréhension” quand Lucas Larivée était en garde à vue et le principal suspect dans l’affaire. À quelques mètres de lui, dans le box des accusés, l’accusé écoute attentivement son ancien coach, les mains croisés sur ses genoux. Son avocat communique avec lui, il répond, mais reste à l’écoute du témoin qui parle de ses problèmes de réveils liés à la fête.

“Lucas était quelqu’un d’assez libre, très jeune il a eu son indépendance”, confie le témoin. “C’est ce que je me suis disais sur lui, il faisait ce qu’il voulait”. Il ajoute que les retards et les absences de l’accusé aux entraînements étaient le principal soucis le concernant.

L’audience reprend avec le témoignage de l’ex-coach de foot de Lucas Larivée

“Lucas était quelqu’un sur qui on pouvait compter, il répondait toujours présent”, déclare l’ex-entraîneur de l’accusé. “Il sortait, mais était toujours présent les dimanches matin”. “J’ai entendu dire qu’il se bagarrait au foot, pour moi, c’est jamais arrivé”.

“Je n’ai jamais eu de problèmes avec lui”. L’homme de 33 ans dresse le portrait du joueur parfait et développe désormais sur le dimanche 23 octobre 2022, lorsque Lucas Larivée s’est présenté au match de son équipe quelques heures après la mort de Justine Vayrac. “Je lui ai dit : ‘Qu’est-ce tu fous là ?'” L’accusé n’avait pas été convoqué pour le match qui se jouait à 1 h de Beynat. “Il n’était pas dans son état normal et avait le visage fermé”, explique le témoin.

“Le jour où je le convoque, il est en retard et le jour où je le convoque pas, il vient alors que le match est à 50 minutes”, avait-il remarqué lorsqu’il avait été entendu par les enquêteurs, le 17 novembre 2022.

Le premier témoin à la barre ce matin : l’ancien coach de foot de Lucas Larivée

Une affluence particulièrement importante devant le tribunal de Tulle, pour suivre le procès

Selon notre journaliste sur place, une cinquantaine de personnes se trouvent actuellement devant les portes du tribunal de Tulle (Corrèze).

Une cinquantaine de personnes se trouvent actuellement devant le tribunal de Tulle.
Une cinquantaine de personnes se trouvent actuellement devant le tribunal de Tulle.
DDM Martin Planques

La personnalité de Lucas Larivée au cœur des débats du 1er jour

La personnalité de Lucas Larivée, jeune ouvrier agricole accusé d’avoir violé puis tué Justine Vayrac après une soirée en discothèque en 2022, a été passée au crible ce lundi, au premier jour de son procès devant les assises de Corrèze.

Les parents, ainsi qu’une ex-petite amie de l’accusé ont témoigné lors de débats qui ont terminé après 22 h.

Retrouvez notre récit de la première journée du procès⬇

À lire aussi :
RÉCIT. Meurtre de Justine Vayrac : “On aurait préféré qu’il nous dise qu’il avait fait une bêtise”, les parents de l’accusé, Lucas Larivée à la barre

Bonjour et bienvenue dans ce direct consacré au deuxième jour du procès de Lucas Larivée

source

TAGS: