Dans une rue de La Havane, à Cuba, le 16 mars 2026. L’ île de 9,6 millions d’habitants, déjà sous embargo américain depuis 1962, est frappée par une récession sans précédent, accentuée par le blocus pétrolier imposé par l’administration Trump. YAMIL LAGE/AFP
Malgré le rétablissement progressif du courant dans une grande partie de l’île ce mardi 17 mars, après une coupure générale en début de semaine, la situation est toujours bloquée et complexe à Cuba ; l’économie locale est au bord du gouffre. L’île subit de plein fouet le manque de pétrole, aggravé par la capture en début d’année de Nicolas Maduro, président du Venezuela et principal fournisseur de pétrole de Cuba.
Par ailleurs, l’île est également sous la menace constante de Donald Trump. Des pourparlers ont lieu entre les deux capitales, ce que La Havane vient de reconnaître, sans que pour l’heure, des progrès significatifs aient été enregistrés.
• Des discussions entre Washington et La Havane
La Havane a cependant annoncé ce mardi que la diaspora cubaine allait pouvoir investir et détenir des entreprises dans l’île dans de nombreux secteurs, sur fond de négociations avec les Etats-Unis. Depuis la mi-janvier, Donald Trump assure que des pourparlers sont en cours avec Cuba, ce que l’île a fini par reconnaître vendredi après avoir nié pendant des semaines entretenir de tels contacts.
Dans le cadre des négociations entre les deux pays, l’administration Trump pousse pour que le président cubain Miguel Diaz-Canel quitte le pouvoir, selon le « New York Times » lundi, qui cite quatre personnes proches des réunions.
« Cuba est disposée à avoir une relation commerciale fluide avec les entreprises américaines », ainsi qu’« avec les Cubains résidant aux Etats-Unis et leurs descendants », a déclaré Oscar Perez-Oliva Fraga, le ministre du Commerce extérieur et de l’investissement étranger, dans un entretien à la chaîne américaine NBC. Plus tard, lors d’une interview diffusée à la télévision cubaine, le ministre a précisé que les Cubains de la diaspora pourront détenir leurs propres entreprises ou nouer des partenariats avec des entreprises publiques ou privées déjà présentes dans le pays. Il a notamment cité le secteur des banques d’investissement et l’utilisation de terres agricoles en usufruit. Il avait évoqué plus tôt les secteurs du tourisme et des mines.
Le ministre a cependant répété que l’embargo américain en vigueur depuis 1962 restait un frein aux relations avec les entreprises aux Etats-Unis.
Cette annonce intervient au moment où l’économie de l’île, déjà affaiblie par plus de six années de crise, est paralysée par le blocus énergétique imposé par Washington, outre les sanctions dans le cadre de l’embargo.
Autre annonce sur fond de discussions avec les Etats-Unis, Cuba a annoncé avoir libéré des prisonniers politiques dans le cadre d’un accord avec le Vatican, un médiateur historique entre ces deux ennemis idéologiques.
• Une île dans le collimateur de Trump
Depuis plusieurs mois, Donald Trump affiche sa volonté d’obtenir « Cuba, d’une manière ou d’une autre ». Le président américain multiplie les déclarations offensives à l’encontre de l’île qui représente selon lui une « menace exceptionnelle » à la sécurité des Etats-Unis. Dans le cadre des négociations avec Cuba, l’administration Trump tente de prendre l’ascendant et demande que le président Miguel Diaz-Canel quitte le pouvoir, d’après une information du « New York Times » relayée par l’AFP.
Les Etats-Unis estiment que le retrait du président permettrait des changements économiques structurels, ce que n’est pas prêt à accepter Miguel Diaz-Canel, considéré comme un conservateur, toujours selon le « New York Times ».
Un renouvellement des relations commerciales entre Cuba et les Etats-Unis pourrait relancer le tourisme, l’exploitation des mines, et la restauration du réseau électrique vieillissant de l’île.
• Cuba toujours paralysée par la crise énergétique
Pendant que ces négociations ont lieu, la pression des Etats-Unis vis-à-vis de Cuba se ressent au quotidien sur l’archipel. Les habitants vivent au gré des coupures d’électricité. « La crainte que nous avons tout le temps c’est que la coupure s’éternise et qu’on perde le peu que nous avons au frigo, car tout coûte cher », témoigne auprès de l’AFP Olga Suarez, une retraitée de 64 ans, dans le quartier du Vedado.
Les pénuries de carburant rythment aussi la vie sur l’île. « L’agriculture n’est pas épargnée par la situation actuelle du pétrole, qui est très grave », expliquait à l’AFP Héctor Luis Prieto, un producteur de la région de la Vuelta Abajo (ouest). Les Cubains font aussi face à une explosion du coût de la vie, liée à la raréfaction des denrées alimentaires et des produits pharmaceutiques.
L’île de 9,6 millions d’habitants, déjà affectée par un embargo commercial américain en vigueur depuis 1962, s’enfonce depuis plusieurs mois dans une profonde crise économique et énergétique. Les effets de cet embargo s’intensifient depuis que. Donald Trump a aussi menacé d’augmenter les tarifs douaniers envers tout pays qui se hasarderait à vendre du pétrole à Cuba.

