Ce jeudi 12 mars 2026, une entreprise industrielle de l’Orne était jugée pour l’accident de travail d’un de ses salariés en intérim en 2019. Ce dernier avait eu le bras broyé, et son employeur lui avait offert une paire de chaussures à scratch.
C’est un cadeau de très mauvais goût que l’avocat de la victime n’a pas hésité à rappeler au tribunal d’Alençon (Orne). Le 9 octobre 2019, son client, un salarié de l’usine Ariake de Cerisé, avait eu un accident de travail provoquant l’amputation de son bras. Ses employeurs étaient jugés, ce jeudi 12 mars 2026, relate Ouest-France.
La nuit des faits, l’homme était chargé de nettoyer des lignes de production de bouillons industriels avec un autre salarié intérimaire. En tentant de décoincer un résidu obstruant une vis d’Archimède avec un simple tuyau d’arrosage, son bras a été happé par le mécanisme, relancé par son collègue. Malgré l’intervention des secours, qui a duré trois heures, le membre n’a pas pu être sauvé et l’amputation est devenue inévitable pour stopper la nécrose.
“C’est compliqué de faire ses lacets avec un bras”
Lors du procès, le directeur de l’usine a exprimé ses regrets, tout en pointant une erreur humaine des salariés qui auraient, selon lui, outrepassé les règles de sécurité pour gagner du temps. Un argument balayé par l’accusation, qui a rappelé l’absence de formation spécifique dispensée aux intérimaires.
L’avocat de la partie civile a rappelé un autre épisode susceptible de plomber davantage la défense. Sur son lit d’hôpital, son client s’est vu offrir par ses patrons des baskets à scratch… “Car, oui, c’est compliqué de faire ses lacets avec un bras”, ironise le conseil, dont les propos sont relayés par nos confrères. Le directeur de l’usine a évoqué une regrettable maladresse.
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Un accident similaire dans l’usine en 2013
Un accident similaire s’était déjà produit dans la même usine en 2013, coûtant également un bras à un salarié. Le parquet a souligné qu’aucune modification technique n’avait été apportée aux machines entre ces deux drames. Ce n’est qu’après l’accident de 2019 que l’entreprise a investi 190 000 € dans la sécurisation de ses installations.
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À l’encontre de la filiale du groupe japonais Ariake et de son responsable, le procureur a requis six mois de sursis contre le directeur et une amende de 50 000 euros contre l’entreprise. La société, qui affiche un bénéfice annuel d’environ 1,5 million d’euros, connaîtra son jugement le 28 mai 2026.

