Inquiet des positions radicales de l’allié Insoumis du socialiste Briançon, le Medef met en garde sur le contrecoup de cette bascule politique. Des projets de recrutements sont déjà gelés et l’expansion d’Airbus à Toulouse pourrait être compromise.
Après le chaos politique, le chaos économique ? C’est en tout cas la crainte du monde de l’entreprise. Dans la foulée de l’annonce de la fusion de la liste du socialiste François Briançon et de l’extrême gauche François Piquemal, le Medef de Haute-Garonne tire la sonnette d’alarme. “L’avenir de Toulouse ne peut se construire sans ses entreprises, et encore moins contre elles”. C’est par cette phrase choc que le Medef de Haute-Garonne a réagi à l’alliance “contre nature” passée entre le candidat socialiste et l’insoumis. Le syndicat patronal, qui représente 130 000 salariés en Haute-Garonne dont une grande partie à Toulouse, s’alarme face à cette alliance “contre nature et anti-entreprise”.
Face à l’opposition de LFI, l’État ne fera pas la grande vitesse
Selon le Medef 31, qui avait déjà auditionné tous les candidats à la mairie de Toulouse, “certaines positions défendues pendant la campagne sont incompatibles avec l’économie de la troisième ville de France”, prévient Pierre-Olivier Nau, le président du Medef 31. Encadrement des loyers, opposition à la LGV et à la nouvelle ligne C du métro, plan de construction de logements sans le secteur privé… les raisons d’inquiétude sont légion.
“Face à la division sur le sujet de la ligne à grande vitesse entre LFI et les socialistes, l’État va sauter sur l’occasion pour ne pas la faire au grand dam de la présidente de région Carole Delga. Quant au programme de François Piquemal, il ne pourra se financer qu’en augmentant les impôts, notamment sur les entreprises, qui gèleront leurs investissements et l’emploi”, prévient l’entrepreneur toulousain.
D’ailleurs, face aux résultats du premier tour, une entreprise toulousaine qui veut rester discrète vient de geler un plan de recrutements. “La mission a été suspendue en attendant le second tour”, glisse-t-il.
“L’usine Airbus filera à Hambourg ou ailleurs”
Capitale mondiale de l’aéronautique et métropole industrielle et technologique, Toulouse pourrait perdre sa poule aux œufs d’or. Airbus est en train d’évaluer l’implantation industrielle de l’avion successeur de l’A320 NEO. Mais accueillir une nouvelle ligne d’assemblage nécessite un permis de construire et du foncier qui se fait rare avec la loi zéro artificialisation nette (ZAN). Le député Portarrieu, colistier de Jean-Luc Moudenc, était parvenu à faire bouger le gouvernement pour sécuriser une enveloppe d’hectares dits d’intérêt national.
“Face à un conseil métropolitain bordélisé et sous influence des insoumis, défavorables à l’aéronautique, les usines Airbus et les emplois fileront à Hambourg ou ailleurs”, met en garde Pierre-Olivier Nau.

