Pour 890 euros impayés, un Boeing 737 de la flotte aérienne de Ryanair a été placé sous scellés sur le tarmac de Linz, en Autriche. Cette décision de justice intervient après la plainte d’une passagère dont un vol avec 13 heures de retard ne lui a jamais été indemnisé.
C’est une scène digne d’un film qui s’est déroulée sur la piste de l’aéroport de Linz, en Autriche. Loin des habituelles procédures administratives feutrées, c’est par une action coup de poing qu’une passagère a décidé de faire plier la compagnie low-cost Ryanair.
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La justice autrichienne a placé, lundi 9 mars, un avion Ryanair sous la garde légale et souveraine du tribunal. Un autocollant a d’ailleurs été apposé sur la carlingue d’un Boeing 737, transformant l’avion de ligne en “bien saisi”.
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Treize heures de retard, des mois de silence
En juillet 2024, une voyageuse autrichienne voit son vol vers Majorque partir avec 13 heures de retard. Contrainte de racheter des billets à ses frais pour ne pas gâcher ses vacances, elle se tourne naturellement vers Ryanair pour obtenir le remboursement de ses frais (nouveau billet, repas, transport), soit un total de 890 euros.
Pour autant, si la compagnie irlandaise accepte de rembourser le billet, elle refuse d’indemniser la passagère, de rembourser ses frais et fait traîner le dossier, relate BFM. Face au mutisme persistant de la compagnie irlandaise et à ses refus répétés de payer, la passagère décide d’engager une bataille juridique qui va grimper jusqu’aux plus hautes instances judiciaires autrichiennes.
L’huissier s’invite dans le cockpit
Le 9 mars dernier, la justice passe à l’offensive. Mandaté par le tribunal de district de Traun, un huissier de justice se présente directement au pied d’un avion Ryanair venant d’atterrir à Linz. Sa mission ? Récupérer la créance par tous les moyens.
L’officier de justice monte à bord et demande au commandant de bord de régler immédiatement les 890 euros en espèces. Devant l’incapacité (ou le refus) du pilote de sortir une telle somme de son portefeuille, l’huissier applique la sentence légale : il appose officiellement un avis de saisie sur l’appareil. Techniquement, le Boeing 737-800, d’une valeur de plusieurs dizaines de millions d’euros, est devenu la garantie d’une dette de moins de 1 000 euros.
Le démenti de la compagnie
Dans un communiqué laconique, la Ryanair a affirmé qu’aucun de ses avions n’avait été saisi et que ses opérations se poursuivent normalement.
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Mais selon l’avocat de l’Autrichienne, une nouvelle visite d’huissier pourrait avoir lieu sur le tarmac de Linz si la compagnie refuse toujours de payer. Dans le droit autrichien, cette saisie conservatoire peut déboucher sur une vente aux enchères du bien immobilisé.

