Ce mardi 17 mars 2026, GRDF a dépêché en Tarn-et-Garonne l’un des huit véhicules de surveillance de réseaux qui traquent les fuites de gaz en Occitanie et Nouvelle-Aquitaine. On a embarqué à bord de cet engin bardé de technologie.
C’est un engin 10 000 fois plus sensible que le nez humain. Ce mardi 17 mars 2026, rendez-vous est pris avec GRDF sur la place de la Liberté, à Castelsarrasin. Comme tous les trois ans, quand la loi prévoit d’ailleurs un délai de quatre ans, le distributeur du gaz en France investit les rues de la sous-préfecture tarn-et-garonnaise pour détecter la moindre fuite. « Il s’agit de maintenance préventive. Pour limiter les gaz à effet de serre, on a préféré rapprocher les visites afin de lutter contre les émissions fugitives de méthane qui est présent dans le gaz naturel et le gaz vert », glisse Benoît Pénet, directeur territorial de GRDF à la tête du Lot, Tarn, de l’Aveyron et du Tarn-et-Garonne.
Gyrophares et panneau lumineux enclenchés sur son véhicule de surveillance de réseaux (VSR), le technicien Benjamin Trouche arpente les près de 58 km de canalisations qui distribuent le gaz aux abonnés castelsarrasinois. Chaque mètre sera parcouru à la vitesse maximale de 25 km/h pour laisser œuvrer les huit sondes dont est équipée sa Dacia Duster. On appelle cela les « barbiches ».


Installées à quelques centimètres du sol, elles communiquent, par le biais d’un tuyau, avec un petit laboratoire installé dans le coffre. Si le seuil de 0,5 PPM (pour parties par million) est atteint, Benjamin Trouche dégaine alors son détecteur laser portable pour scruter la zone dans un périmètre de 50 mètres. La fuite est confirmée ? Le point GPS est aussitôt communiqué à l’équipe d’astreinte « Urgence gaz sécurité » pour une intervention dans les meilleurs délais.
« On trace absolument tout pour mener des analyses et affiner nos outils de détection. Le méthane peut provenir de différentes sources puisque par définition, lorsqu’une matière organique se dégrade, elle produit du méthane. C’est pour cela qu’on en retrouve notamment dans les eaux usées, dans les égouts. Mais cela peut aussi être dû à une fuite d’hydrocarbures sur un véhicule, par exemple », relève Benoît Pénet.
“Lorsqu’on sent cette odeur, on est encore loin du seuil de dangerosité”
Il y a toujours des exceptions. Des accessoires, des détendeurs, des raccords qui flanchent pour une raison ou une autre. Sous terre, tout est connecté. « Les nouvelles canalisations sont équipées de déclencheurs intégrés si des branchements sont arrachés. Et on pose des dispositifs similaires sur les anciennes », observe le directeur territorial de GRDF.
En général, les problèmes de fuites les plus singuliers proviennent de manœuvres malheureuses occasionnées lors de travaux. « Désormais, les entreprises ont de plus en plus le réflexe d’écraser les tuyaux arrachés, ce qui limite les émanations », poursuit-il.

À Castelsarrasin, comme dans beaucoup de villes en France, on ne parle que de gaz à moyenne pression. « Ici, on retrouve les meilleurs standards en termes de matériaux avec des canalisations en polyéthylène et en acier, c’est ce qui se fait de mieux », salue le directeur territorial de GRDF. Et l’inspection peut reprendre. Le cœur de ville, les abords du canal, Cantecor, le Chantre puis un demi-tour, tout en douceur, en plein milieu d’une rue. Le réseau de gaz ne suit pas la cartographie de la voirie. D’où l’importance de signaler aux collègues montalbanais toutes ces zones qui doivent être inspectées à pied.

« Le rôle de GRDF, c’est la distribution et les raccordements lorsqu’on nous le demande. On procède aussi à un contrôle de qualité et à l’adjonction d’une odeur par impératif de sécurité puisque naturellement, le gaz n’en a pas, rappelle Benoît Pénet. Et généralement, lorsqu’on sent cette odeur, on est encore loin du seuil de dangerosité. »

