Aux États-Unis, le président de la Commission fédérale des communications (FCC) a envoyé, samedi 14 mars, un ultimatum aux médias américains concernant la couverture des évènements au Moyen-Orient. Dans la lignée de Donald Trump, son ultimatum laisse en effet entendre que toute information diffusée décrédibilisant les États-Unis dans la guerre peut être un motif de suspension de diffusion pour le média concerné.
Le président de l’équivalent de l’Arcom américain, la Commission fédérale des communications (FCC), s’engage dans un bras de fer avec les chaînes de télévision américaines. Brendan Carr les avertit dans un message ce samedi 14 mars : “Les chaînes de télévision qui diffusent des canulars et des informations déformées ont désormais la possibilité de rectifier le tir avant le renouvellement de leur licence. La loi est claire : les diffuseurs doivent agir dans l’intérêt public, et ils perdront leur licence s’ils ne le font pas”.
Une allusion au post de Donald Trump sur son réseau social Truth Social quelques heures auparavant, dans lequel le président américain tire à boulets rouges sur des médias américains comme le New York Times, le Wall Street Journal et le Washington Post. Ce dernier est accusé de faire partie de “journaux et médias méprisables” et de produire “des reportages terribles” sur le conflit au Moyen-Orient.
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Cette attaque envers les médias survient après que le Wall Street Journal a expliqué que cinq avions américains auraient été touchés par des missiles iraniens lors d’un ravitaillement en Arabie Saoudite. Donald Trump dément et accuse le journal de faire partie des “médias de la désinformation”.
“Le gardien de la liberté d’expression selon Trump”
Brendan Carr dirige la FCC depuis 2017 et est un proche de Donald Trump. Ce républicain, avait déjà critiqué les opposants du président américain : “Depuis l’élection de 2016, l’extrême gauche a sauté de canular en canular pour expliquer comment elle a perdu face au président Trump dans les urnes”.
Sous sa présidence, la FCC s’est notamment rapprochée de l’administration Trump alors qu’elle avait été conçue initialement comme un organisme indépendant du pouvoir.
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Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, Brendan Carr a pratiquement carte blanche. Il a déjà remis en cause les politiques d’inclusion et de diversités au sein des institutions et au sein des entreprises de l’audiovisuel et a aussi critiqué 60 Minutes, l’émission culte de CBS News, qu’il accuse d’avoir réalisé un reportage trop positif sur Kamala Harris.
Brendan Carr avait été aussi à l’origine de la suspension de Jimmy Kemmel, présentateur vedette d’ABC, lorsqu’il avait critiqué la récupération politique par la mouvance MAGA de l’assassinat de Charlie Kirk.
Les médias visés et les démocrates engagent le bras de fer
La déclaration de Brendan Carr du 14 mars a fait réagir les démocrates qui y voient une atteinte à la démocratie. Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a réagi sur X : “Si Trump n’apprécie pas votre couverture de guerre, la FCC vous retirera votre licence de diffusion. C’est manifestement anticonstitutionnel”.
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Le président-directeur général de la CNN, Mark Thompson a réagi face aux attaques contre sa chaîne : “Les politiciens ont un intérêt évident à prétendre que les articles qui remettent en questions leurs décisions sont mensongers. À CNN, notre seul objectif est de dire la vérité à nos téléspectateurs aux États-Unis et dans le monde entier, et aucune menace ni insulte politique ne nous feront changer d’avis”.
If Trump doesn’t like your coverage of the war, his FCC will pull your broadcast license.
That is flagrantly unconstitutional. https://t.co/Jp1Mk5EEJb
— Governor Gavin Newsom (@CAgovernor) March 14, 2026
Dans un nouvel affront, Brendan Carr a justifié ce “changement de cap” comme décision commerciale judicieuse pour les diffuseurs étant donné que “la confiance dans les médias traditionnels a chuté à un niveau historiquement bas de seulement 9 % et que leurs audiences sont catastrophiques”.

