March 16, 2026

Face aux guerres, les entreprises toulousaines de défense veulent accélérer la cadence

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Autour des mastodontes (Airbus, Safran…), le tissu industriel de défense grandit vite, porté par les conflits militaires. Toulouse veut prendre toute sa place.

Alors que les conflits armés se multiplient avec les frappes sur l’Iran, l’Occitanie et l’industrie toulousaine poussent leurs pions sur le marché de la défense. La chambre de commerce et d’industrie régionale vient de publier une étude détaillée sur ce secteur souvent discret mais puissant tant en termes de valeur que d’emplois et de technologies. Selon la CCI d’Occitanie, la région compte 430 entreprises du secteur de la défense. De loin, la Haute-Garonne est le premier département avec 16 448 emplois en 2023, car l’étude dénombre 1 329 PME et entreprises de taille intermédiaire (ETI) qui sont fournisseurs du ministère des Armées.

3 milliards d’euros d’achat du ministère des Armées

Au total, les paiements directs des armées aux entreprises régionales ont atteint 3 milliards d’euros en 2023.
Toulouse accueille quatre grands maîtres d’œuvre de la défense : Airbus Defence & Space, Safran, Thales Alenia Space et KNDS (ex-Nexter). Ce dernier, à Toulouse, conçoit et réalise avec 150 salariés des équipements électroniques embarqués pour des calculateurs à forte contrainte, la gestion et la distribution de l’énergie à bord du char Leclerc, des véhicules blindés de combat d’infanterie mais aussi du célèbre canon automoteur Caesar de 155 mm.

200 M€ investis d’ici 2030

Cet écosystème va investir massivement afin d’être en mesure de répondre à la forte demande des armées. D’ici 2030, 200 M€ seront injectés dans des projets de recherche et pour augmenter la production avec, par exemple, 7 M€ fléchés uniquement sur les drones. Dans ce domaine, le Toulousain Delair a négocié un véritable virage. D’une centaine de drones civils par an, la PME de Labège en produit désormais un millier d’exemplaires dont une grande partie de militaires (une centaine a été livrée à l’Ukraine). De 10 M€ en 2023, le chiffre d’affaires est passé à 50 M€ en 2025 et son patron, Bastien Mancini, table sur 50 % de croissance.

Rafale, missiles… les cadences montent

De son côté, Safran Power Units a investi 37 M€ sur cinq ans sur son site toulousain pour quadrupler la production de groupes auxiliaires de puissance pour l’avion de chasse Rafale. Le site installé près de Sesquières prévoit aussi de tripler sa production de turboréacteurs destinés aux missiles pour atteindre la capacité de trente unités par mois.
Le secteur spatial n’est pas en reste avec des satellites militaires tant pour Airbus que pour Thales Alenia Space, alors qu’Hemeria a investi 2,5 M€ pour produire des ballons de surveillance en haute altitude. C’est désormais à Toulouse qu’est basé le commandement de l’espace (bientôt 500 militaires) qui mène à la fois la guerre spatiale et l’appui aux troupes au sol et au renseignement grâce aux satellites.

Le cluster Défense grandit

Les entreprises du secteur de la défense à Toulouse se sont regroupées au sein du cluster Primus. Il rassemble aujourd’hui 60 adhérents implantés dans 29 pays qui emploient 16 300 salariés. La défense devient un secteur significatif puisque les seuls adhérents de Primus affichent au global un chiffre d’affaires de 2,6 milliards d’euros.

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