March 13, 2026

"La laideur absolue" : la restauration d’un château français du XIXe siècle en résidence sociale et écologique suscite un tollé

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Construit au XIXᵉ siècle, le château du Tournepuits à Guînes, dans le Pas-de-Calais, a été transformé en logements sociaux écologiques après plusieurs années d’abandon. Une surélévation en bois très contemporaine, ajoutée au sommet de l’édifice, suscite toutefois de vives réactions.

Il avait construit de ses mains le château du Tournepuits à Guînes (Pas-de-Calais) en 1870. À l’époque, Narcisse Boulanger n’aurait sans doute jamais parié que sa maison de maître finirait 150 ans plus tard en logements sociaux écolos. D’imposants parpaings en bois sont ainsi venus garnir la brique rouge du château, conférant au monument ancien une forme de modernité qui ne manque pas de décontenancer de nombreux badauds, comme l’expliquent nos confrères du Figaro Immobilier. “Comment les Bâtiments de France ont accepté ça ?”, questionnent des internautes sur les réseaux sociaux.

En premier lieu, ce château de 474 m² a appartenu à l’ancien maire de Guînes et bâtisseur, Narcisse Boulanger. La bâtisse a par la suite été habitée par une famille qui a construit une ferme sur le site, avant qu’elle ne soit occupée par une usine anglaise – Morrisson – spécialisée dans la fabrication de rails. Le château a finalement été laissé à l’abandon pendant de très longues années, avant que la municipalité de Guînes ne décide de le réhabiliter.

“C’est à pleurer”

Neuf logements sociaux – tous faisant l’objet d’une empreinte carbone basse – ont été érigés sur site. La transformation a commencé en 2021 pour s’achever en 2023, mobilisant un total d’une dizaine d’entreprises locales.

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Afin d’optimiser le nombre de logements créés, une extension a été construite à l’arrière du bâtiment, accompagnée d’une surélévation du second niveau destinée à remplacer la charpente endommagée par la mérule. L’ensemble de ces aménagements ont été réalisés en ossature bois, avec une isolation en bottes de paille.

“Il s’agit d’expérimenter des solutions de réhabilitation sur des bâtiments vétustes et vacants en centre bourg pour les transformer en logements sociaux à haute performance énergétique, bas carbone, et entièrement adaptés vieillissement / handicap”, indique la Foncière Chênelet, devenue propriétaire du site. La structure a d’ailleurs travaillé avec l’Agence Nationale de l’Habitat (Anah). Le coût de l’opération a été estimé à 2,8 millions d’euros.

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Seulement voilà : depuis la fin des travaux, la réhabilitation du château suscite de nombreuses réactions. En cause : la structure cubique en bois, qui trône désormais au sommet de l’édifice. “La laideur absolue au prétexte du social et de l’écologique… c’est dans le nord de la France, à Guînes, et c’est à pleurer”, évoque ainsi Nicolas Milovanovic, conservateur en chef du musée du Louvre, sur la toile. Pour l’heure, ni la mairie de Guînes, ni la Foncière Chênelet n’ont réagi à ces critiques.

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