March 13, 2026

ENTRETIEN. Rugby Amateurs (Fédérale 3) : " On a fait une connerie, mais on sert juste d’exemple ", Sylvain Portalier, co-président de Magnoac, réagit à sa suspension de deux ans

l’essentiel
À la suite de sa suspension de deux ans, après le faux match amical contre Saint-Gaudens, Sylvain Portalier sort du silence. Entre regrets sur la ” feuille de match “, sentiment d’injustice et sanctions trop lourdes, il se confie.

Expliquez-nous l’origine de cette affaire. Pourquoi avoir organisé ce match et ne pas l’avoir joué ?

Ce qu’il faut savoir, c’est que sportivement, nous n’avions aucun intérêt direct : aucun carton à solder, rien du tout. Nous voulions simplement un match amical pour préparer la suite. Le problème, c’est que la météo nous a pourri l’organisation. À l’arrivée, cette feuille de match, c’est une connerie. Une grosse connerie, et on en subit les conséquences. J’ai été lourdement sanctionné parce que j’ai voulu assumer l’intégralité des faits. En tant que co-président, j’ai pris mes responsabilités pour éviter que les bénévoles ou le club ne soient trop impactés. Je me retrouve en haut de l’affiche, mais c’est volontaire : je voulais protéger les autres.

Pourquoi avoir validé cette feuille de match alors que la rencontre n’a pas été jouée ?

C’est une erreur de jugement, je le répète, c’est une connerie. On l’a expliqué lors de l’instruction. Mais attention, il y a des éléments contextuels au milieu de tout ça qui sont intéressants, mais je n’ai pas forcément envie de trop m’étendre là-dessus.

Regrettez-vous ce qui s’est passé aujourd’hui ?

Bien sûr. On ne peut pas tirer de conclusion positive d’une telle situation. Nous avons un profond regret. Mais je m’interroge : comment peut-on punir des bénévoles et des joueurs aussi sévèrement ? Je pense aussi au club de Saint-Gaudens qui, comme par hasard, a reçu une sanction pile au moment de les priver des phases finales. Pour eux, c’est le quota des cartons reçu avec la sanction qui les disqualifie.

On a le sentiment que la pratique existait, mais que vous avez été les seuls pris la main dans le sac ?

Oui, c’est ça. On nous a dit que si nous disions la vérité, les sanctions seraient « légères ». La réalité, c’est qu’on nous a menti. Les sanctions sont très, très lourdes.

C’est-à-dire ?

Je suis bénévole. Prendre deux ans de suspension, ne plus pouvoir servir à la buvette de mon club, c’est beaucoup trop. Trois ans pour le président de Saint-Gaudens, c’est excessif. Deux matchs pour un capitaine qui n’a rien à voir dans l’histoire, c’est encore trop. J’ai assumé pour protéger les gens qui étaient là pour la feuille de match, mais la note est salée.

On sent que cet éloignement forcé du club vous blesse personnellement.

Infliger de telles sanctions à des bénévoles, alors que dans d’autres affaires de rugby bien plus graves qui passent à la télé le vendredi, les gens sont toujours en place… il y a un problème d’égalité. On parle de bénévolat. Ce n’est pas un acte de tricherie « pro », même si je l’accorde, ce n’est ni joli, ni éthique. Je l’entends. Mais priver une équipe de phases finales pour cela, je ne peux pas l’accepter.

C’est votre crainte principale, être privé des phases finales ?

Les phases finales, c’est l’aboutissement d’une année de travail, du recrutement en mai jusqu’au terrain. Ces instances ne se rendent pas compte de ce que représente l’engagement d’un bénévole aujourd’hui, des responsabilités qu’on porte. On est en train de démotiver tout le monde. Je ne cherche pas d’excuses pour notre faute, mais la sanction est disproportionnée pour un club amateur. On a la chance d’être deux co-présidents, donc je peux m’écarter pour que Sébastien (Bousquet, l’autre co-président, NDLR) prenne le relais, mais c’est triste. Ça servira d’exemple, d’accord, mais c’est un exemple qui coûte très cher.

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