March 10, 2026

TEMOIGNAGE. Bloquée à Dubaï, cette Toulousaine doit poser des congés et débourser 4 000 euros pour financer son retour en France

l’essentiel
Après les frappes iraniennes sur les Émirats arabes unis, visant notamment Dubaï, de nombreux touristes se retrouvent bloqués sur place, attendant la réouverture de l’espace aérien. Émilia, Toulousaine, évoque un parcours du combattant pour rentrer à bon port avec sa fille.

Depuis l’escalade militaire en Iran et au Moyen-Orient, de nombreux voyageurs restent bloqués dans le Golfe persique. Les compagnies aériennes doivent modifier leurs trajectoires ou annuler des vols entiers, certains espaces aériens étant devenus trop dangereux.

Émilia* et sa fille de 14 ans, installées à Toulouse (Haute-Garonne), devaient rentrer de Dubaï le 1er mars, après une semaine de vacances. “Quand on a appris la fermeture de l’espace aérien, on est allées directement à l’hôtel près de l’aéroport. On a évité le gros flux de masse, car nous avions déjà réservé”, racontait-elle à La Dépêche du Midi la semaine dernière. Depuis, la situation a évolué pour les deux Toulousaines.

2 000 euros pour atterrir en Hongrie

Émilia et sa fille ont subi, comme des milliers d’autres ressortissants, une succession de vols annulés. Pendant une petite semaine, la mère de famille rafraîchit les sites de compagnies aériennes toutes les heures pour dénicher de nouvelles dates. “Heureusement, une amie nous a prêté son appartement pour que l’on évite de rajouter des frais d’hébergement”, nous explique-t-elle.

À lire aussi :
Guerre au Moyen-Orient : “Ce n’est pas à Air France de subventionner les Français bloqués à Dubaï”, qui paie leur rapatriement ?

Le 7 mars, bingo ! Un vol apparaît pour le 12 mars entre Dubaï et Genève. “J’ai réservé immédiatement”, relate Émilia. Le billet coûte environ 500 euros par personne. “Une chance” selon la Toulousaine, face aux prix faramineux frôlant généralement les 4 000 voire 5 000 euros pour certaines liaisons.

Le lendemain matin, en consultant par hasard le site de FlyDubai, elle repère un autre vol disponible le soir même pour Budapest. “Je l’ai pris tout de suite. Il coûtait environ 1 000 euros par personne. C’était cher, mais acceptable vu la situation.” En plus des 2 000 euros déboursés, Émilia perd 300 euros de frais d’annulation du vol pour Genève.

À lire aussi :
Guerre en Iran : “Toute ma famille vit dans l’angoisse”, un père toulousain dénonce l’inaction pour rapatrier ses enfants bloqués à Dubaï

“On m’a demandé de poser des congés”

Mère et fille embarquent quelques heures plus tard. Émilia ne le dit pas à sa fille mais elle n’est pas très rassurée à l’idée de voler en zone de guerre. Après 7 heures de vol, elles atteindront la capitale hongroise vers 23 heures, le 9 mars. Cette fois, pas de bouche-à-oreille pour dormir gratuitement sur place. Emilie paiera une chambre d’hôtel avant de prendre un vol le lendemain pour Toulouse avec une correspondance à Amsterdam. Coût du vol : 560 euros pour deux personnes.

À lire aussi :
Guerre en Iran : vols annulés, flambée des prix, un repas par jour… la détresse d’une famille bloquée au Sri Lanka

Au total, elle estime déjà avoir déboursé près de 4 000 euros pour elle et sa fille, entre les billets d’avion et les frais annexes. À cela s’ajoutent quelques couacs professionnels avec son employeur : “On m’a demandé de poser des congés ou des congés sans solde. Heureusement qu’il m’en restait sur mon compteur. C’est d’autant plus éprouvant quand on est coincé à cause d’une guerre”, soupire-t-elle. Elle estime malgré tout avoir eu plus de chance que d’autres voyageurs rencontrés sur place. “J’ai croisé des étudiants ou des jeunes qui étaient complètement seuls et qui ne connaissaient personne. Pour eux, c’était beaucoup plus compliqué.”

Emilie foulera le sol de la Ville rose ce mardi soir, en colère contre Lufthansa, contre le gouvernement et contre la négligence des ministères étrangères. Mais au moins, elle sera rentrée à la maison.

*Le prénom a été modifié

source

TAGS: