March 10, 2026

Guerre en Iran : "Toute ma famille vit dans l’angoisse", un père toulousain dénonce l’inaction pour rapatrier ses enfants bloqués à Dubaï

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Depuis l’escalade militaire autour de l’Iran, des voyageurs restent bloqués dans le Golfe. À Toulouse, Frédéric vit dans l’angoisse : ses deux enfants, partis en vacances à Dubaï fin février, ne peuvent toujours pas rentrer en France. Il doit organiser seul leur retour.

Louis, 20 ans, et Arthur, 15 ans, avaient quitté la France le 25 février pour quelques jours de vacances à Dubaï. Leur retour était prévu le 4 mars. Mais depuis les perturbations du trafic aérien liées au conflit régional, les deux jeunes sont toujours aux Émirats arabes unis.

Pour leur père, Frédéric, la situation est devenue extrêmement éprouvante. “On vit un enfer quotidien. Mes enfants sont à des milliers de kilomètres et chaque jour passé là-bas est un jour où leur vie peut être en danger”, confie-t-il.

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Les deux frères sont logés dans un appartement d’hôtel. “À Dubaï, c’est assez courant. Ils peuvent se débrouiller seuls”, explique leur père. Mais l’inquiétude reste permanente. “Ils reçoivent une ou deux alertes missiles par jour sur leurs téléphones. Ils en ont un peu plus que nous à Toulouse.”

“Une cellule de crise qui ne sert à rien”

Comme recommandé par le ministère des Affaires étrangères, la famille a inscrit les deux jeunes sur le dispositif Fil d’Ariane destiné à informer les Français à l’étranger en cas de crise. Frédéric affirme cependant n’avoir reçu “aucune nouvelle”.

Arthur et Louis sont coincés à Dubaï, ils devraient rentrer par un vol Emirates le 12 mars.
Arthur et Louis sont coincés à Dubaï, ils devraient rentrer par un vol Emirates le 12 mars.
Autorisation Famille

Il dit aussi avoir contacté à plusieurs reprises la cellule de crise mise en place par les autorités. “On nous demande nos coordonnées et on nous dit : “Si quelque chose se met en place, on vous rappellera.” Mais pour l’instant, rien. Le seul message qu’on nous a donné, c’est que nos enfants doivent rester à l’abri.”

Le père de famille assure avoir signalé que l’un des deux jeunes est mineur. “Malgré ça, aucune solution concrète ne nous a été proposée.”

Des vols annulés à répétition

Initialement, le retour des deux jeunes devait être assuré par Air France. Mais avec la situation dans la région, leur vol du 4 mars a été annulé.

La famille a alors contacté la compagnie pour reprogrammer un départ le 9 mars. Celui-ci a également été annulé après qu’un appareil de la compagnie a dû faire demi-tour en vol.

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Un nouveau billet avait été repositionné pour le 13 mars. Mais lundi 9 mars au matin, Frédéric affirme avoir appris une nouvelle annulation. “Je viens de l’apprendre, nous explique-t-il au téléphone. C’est encore annulé. Heureusement que j’ai cherché d’autres solutions.”

Un retour finalement organisé via Emirates

Face à l’incertitude, la famille a décidé de prendre les devants. En suivant le trafic aérien en temps réel, Frédéric dit avoir constaté que certaines compagnies continuaient à opérer vers Dubaï.

“Quand on regarde sur Flightradar, on voit surtout des avions Emirates ou saoudiens. Des Air France, il n’y en a quasiment pas.”

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Il a donc acheté des billets pour un vol Emirates reliant Dubaï à Madrid le 12 mars. Les deux jeunes devront ensuite rejoindre la France depuis l’Espagne.

“J’ai passé énormément de temps à chercher les vols encore opérationnels et les destinations les plus proches de Toulouse. On a payé un autre billet, mais ce n’est pas grave. L’important, c’est qu’ils rentrent.”

“La communication officielle ne correspond pas à ce que nous vivons”

Chef d’entreprise depuis vingt-cinq ans, Frédéric dit ressentir une profonde amertume face à la situation.

“La France parle d’un bilan positif du rapatriement, mais je ne sais pas vraiment qui a été rapatrié. Dans les faits, ce sont surtout des compagnies commerciales qui ramènent les gens.”

Le père de famille explique avoir souhaité témoigner pour faire connaître son expérience. “Le but, ce n’est pas seulement pour mes enfants. Cette situation touche toute une famille, des amis aussi. On est une trentaine de proches à suivre ça tous les jours.”

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