La Chambre de métiers et de l’artisanat de l’Ariège est partie à la rencontre d’artisans confrontés à la flambée des coûts de l’énergie et à la concurrence des grandes surfaces.
À Foix, la Chambre de métiers et de l’artisanat (CMA) de l’Ariège a entamé, vendredi 6 mars au petit matin, une série de rencontres avec des artisans locaux. Objectif : prendre le pouls d’un secteur qui continue de rayonner mais qui doit faire face à une concurrence accrue de la grande distribution et à la hausse des coûts de l’énergie.
Dès 8 heures, la délégation composée de Joseph Calvi, président de la CMA, Christian Massat, vice-président, Anne Durand, directrice territoriale, Julien Jeannin, responsable des services aux entreprises, et Jean-François Bouillot, chargé de la communication, s’est rendue à la boulangerie du Fourcat, située 4, place Saint-Vincent, au cœur de Foix.
Un contexte compliqué
Installé dans ce local depuis septembre 2017, Jean-François Puech a choisi un emplacement qu’il juge idéal, à proximité du centre historique. Mais, derrière la vitrine bien connue des Fuxéens, la conjoncture reste délicate. “Actuellement, le contexte économique n’est pas très favorable avec de fortes augmentations des produits nécessaires à la profession, notamment la farine dont mon activité dépend totalement”, explique le boulanger. “Pour cette raison, nous sommes dans l’obligation d’augmenter a minima les prix du pain, surtout.”
Une situation que connaît bien Joseph Calvi. “J’ai récemment rencontré un député, élu hors Ariège, qui redoute lui aussi cette flambée des coûts de l’énergie. Ces visites nous permettent de constater la diversité des situations rencontrées par les artisans”, souligne le président de la CMA.
Des soutiens financiers
Ces déplacements sur le terrain s’inscrivent dans une stratégie plus large : faire remonter les difficultés des professionnels auprès des responsables politiques afin d’envisager d’éventuelles évolutions réglementaires, mais aussi des actions de formation, des aides techniques et, lorsque cela est possible, un soutien financier.
Au-delà des chiffres, le métier reste exigeant. “Je débute tous les jours à minuit, avec deux pétrissages quotidiens et des journées qui peuvent atteindre 17 heures”, confie Jean-François Puech. Sa clientèle est essentiellement locale. “Le tourisme a finalement peu d’incidence sur l’activité.” Pour Joseph Calvi, l’avenir de la profession passe par la qualité. “La boulangerie traditionnelle doit continuer à fabriquer des produits de qualité pour pouvoir s’opposer à l’industrialisation”, conclut-il.

