March 21, 2026

Guerre au Moyen-Orient : "C’est 60 000 € à débourser en plus sur l’année…" Comment les agriculteurs s’adaptent à la flambée du prix du gazole

l’essentiel
Provoquée par la guerre au Moyen-Orient, la flambée du gazole non routier (GNR) bouleverse l’agriculture gersoise. Entre 63 centimes et 1,35 euro le litre, la facture explose, conduisant les exploitants à réduire l’usage des machines. Rencontres.

Pas de répit pour l’agriculture gersoise. Alors que le détroit d’Ormuz, stratégique pour le transit commercial du pétrole et du gaz, a été quasi fermé à la suite du déclenchement de la guerre en Iran fin février, le prix du gazole non routier (GNR) a flambé. Une hausse qui risque d’impacter durement les travaux agricoles en Gascogne.

Installé depuis 15 ans sur l’exploitation familiale de la commune de Saint-Puy, Bastien Mazzonetto, entrepreneur agricole, témoigne de cette augmentation. “Au prix le plus bas, nous étions à 63 centimes le litre”, explique-t-il, tout en échangeant avec son fournisseur, qui lui confie : “Aujourd’hui, nous sommes à 1,35 euro le litre hors taxe pour le GNR et 2,28 euros pour le gazole blanc TTC.”

“Aujourd’hui, on est à plus 61,5 centimes par litre. Sur une structure comme la mienne, cela représente 60 000 euros supplémentaires à absorber sur l’année.” Une somme considérable pour des exploitations déjà fragilisées par les aléas climatiques des dernières années.

Un usage plus timide des machines agricoles

Parce que des hectares à gérer, Bastien Mazzonetto en a beaucoup. “Aujourd’hui, sur l’EARL, on dépasse les 500 hectares. À cela s’ajoute l’entreprise agricole créée par mon grand-père, développée par mon père et que j’ai moi-même maintenue et agrandie. Avec l’ETA, nous travaillons aussi pour cinq autres exploitations, soit un peu plus de 500 hectares supplémentaires. Au total, je gère donc plus de 1 000 hectares sur un secteur d’environ 20 kilomètres de rayon.”

L’entreprise de Bastien devrait ainsi tenir trois mois avec le plein de GNR fait le 16 mars dernier.
L’entreprise de Bastien devrait ainsi tenir trois mois avec le plein de GNR fait le 16 mars dernier.
DDM – Sébastien Lapeyrère

À lire aussi :
Colère des agriculteurs : hausse du GNR, loi Egalim… découvrez les mesures de “simplification” annoncées par Gabriel Attal

Une responsabilité qui l’a conduit à s’intéresser de près au contexte géopolitique mondial, lui permettant d’anticiper partiellement la hausse du GNR. “J’avais appelé mon fournisseur le 2 mars dernier, le prix avait déjà augmenté de 15 centimes. Nous avons été livrés le 16 mars dernier.” Un stock qui devrait lui permettre de tenir environ trois mois, grâce à une cuve de 20 000 litres de GNR, sans garantie que les prix auront baissé d’ici là.

Des inquiétudes pour le futur

Pour d’autres agriculteurs ne disposant pas de telles capacités de stockage, la situation est encore plus préoccupante. “Avec cette hausse rapide des prix, qui semble s’inscrire dans la durée, je suis obligé de limiter les passages dans les champs ou d’utiliser des outils moins consommateurs”, explique Justin, agriculteur installé à Masempuy.

Disposant d’une cuve de 5 000 litres, le jeune homme a dû commander 3 000 litres à 1,10 euro le litre. “Heureusement que j’avais des stocks de l’an passé”, confie-t-il, soulagé. Malgré ces tarifs, il ne compte pas arrêter son activité. “Cela ne m’empêche pas de travailler dans les champs, mais nos charges en carburant seront plus élevées que les années précédentes.” Une réalité dont il espère, comme de nombreux agriculteurs gascons, qu’elle ne s’inscrira pas dans la durée.

source

TAGS: