Fermée après un éboulement de plus de 300 tonnes de roches, la RN20 rouvre ce lundi après plusieurs semaines de travaux et de sécurisation de la falaise.
Ce lundi 9 mars met fin à plusieurs mois de difficultés pour les automobilistes et les riverains de la haute Ariège : après une annonce officielle faite vendredi dernier et un week-end consacré à des tests de sécurité, la RN20 (axe Ax-Les-Thermes / Andorre), rouvre enfin à la circulation. Une réouverture rendue possible après près d’un million d’euros de travaux, engagés à la suite d’un éboulement de 200 mètres cubes de roche, soit plus de 300 tonnes. Un aléa « exceptionnel de par son importance et ses impacts », explique Hubert Ferry-Wilczek, directeur des routes – Sud Ouest.
« Une météo qui a repoussé l’ouverture de la route »
« Ce n’était pas la réfection de la route qui était difficile, explique le directeur des routes Sud-Ouest, son chantier a duré une semaine et c’est notre métier de faire et de réparer les routes, par contre la question était est-ce qu’un éboulement peut reprendre ? Il fallait regarder les risques », souligne-t-il.
Aussi, pour évaluer la situation, les services de l’État ont donc mobilisé plusieurs expertises, notamment celles du service de restauration des terrains en montagne (RTM), du Cerema et de l’entreprise NGE, afin d’établir un diagnostic précis et définir les travaux nécessaires. Une expertise qui a conduit à sécuriser les masses rocheuses susceptibles de se détacher : « Nous avons donc fait ce qu’on appelle des boulons, c’est-à-dire des ancrages de cinq à six mètres forés dans la roche afin de fixer les blocs instables à la paroi ».
Une opération particulièrement délicate, réalisée par des équipes encordées depuis la falaise et souvent héliportées, donc très dépendante des conditions météorologiques : « Nous étions en plein hiver, avec de la neige, du vent et deux tempêtes. Tout cela a allongé la durée des travaux par rapport à ce que nous espérions », précise Hubert Ferry-Wilczek.
Des capteurs et un feu rouge
Environ 500 mètres de route restent toutefois sous étroite surveillance, indique le préfet de l’Ariège, Hervé Brabant. « Aujourd’hui, le niveau de risque sur cette route est revenu à celui d’avant l’éboulement. Il s’est même amélioré grâce à l’installation de capteurs dans la roche qui permettent de déclencher un feu en cas de chute de blocs », explique-t-il. Si ce feu passe au rouge clignotant, la consigne est claire : arrêt immédiat. « Il ne faut ni stationner ni s’arrêter dans cette zone située entre les deux feux », insiste le préfet.
Ce dispositif de surveillance doit rester en place au moins trois mois. Durant cette période, des études complémentaires seront menées et pourraient nécessiter de nouvelles fermetures de la RN20 afin de poursuivre les travaux de sécurisation. En attendant, une présence renforcée de la gendarmerie est prévue afin de veiller au respect strict des consignes de sécurité.
Jusqu’à deux années de chantier
Fermée depuis le 31 janvier dernier à cause d’un éboulement massif de la falaise, la RN20 rouvre à la circulation ce lundi 9 mars, bien avant le délai annoncé de trois mois annoncé plus tôt : « Il fallait prendre le temps nécessaire, explique Hervé Brabant, le préfet de l’Ariège. Je le redis, je n’ai subi aucune pression. J’ai pris la décision de rouvrir en responsabilité, au regard de l’analyse des risques réalisée par les techniciens mobilisés. ».
Une réouverture qui sera toutefois ponctuée par des fermetures nécessaires : « Nous avons encore besoin d’au moins trois mois d’études pour traiter les 500 m³ de roche qui restent, poursuit-il. Cette masse a été stabilisée de manière satisfaisante pour l’instant, mais elle devra être sécurisée plus durablement. ».
Au total, le chantier devrait encore provoquer plusieurs fermetures ponctuelles de la RN20 au cours des deux prochaines années. Pour les prochaines phases de travaux, l’État souhaite toutefois mieux anticiper ces interruptions de circulation : « Quand il faudra à nouveau interrompre la circulation pour poursuivre les travaux, nous nous assurerons que le train fonctionne correctement. Il faudra planifier ces opérations au moment le plus opportun », ajoute le préfet.
Cet éboulement exceptionnel pousse également les autorités à examiner l’ensemble de la paroi rocheuse afin d’identifier d’éventuelles zones fragiles. Des spécialistes de la restauration des terrains de montagne envisagent notamment, à terme, de fragmenter une partie de la masse rocheuse.

