Un homme de 33 ans a été condamné par le tribunal de Tarbes pour avoir frappé sa mère, chez qui il était hébergé. Cette dernière lui a simplement demandé d’arrêter de crier en jouant aux jeux vidéo.
“On a presque l’impression de juger un adolescent qui transgresse les lois de la maison.” D’emblée, la procureure a planté le décor : celui d’une relation mère-fils abîmée, où les violences ont fini par prendre le dessus. Devant le tribunal correctionnel de Tarbes, un Tarbais de 33 ans, qui comparaissait libre, a dû expliquer comment il en est venu à frapper sa propre mère.
Déjà connu de la justice, notamment pour des affaires de stupéfiants et de violences, l’homme sortait tout juste d’une année d’incarcération lorsque, faute d’alternative, il est retourné vivre chez sa mère. Une cohabitation qui s’est dégradée au fil des semaines.
“Le soir des faits, vous jouiez à un jeu vidéo et vous criiez fort en proférant des insultes. Votre mère est alors intervenue pour vous demander de baisser d’un ton, notamment pour ne pas déranger les voisins”, a résumé la juge.
Une remontrance qui a eu le don de faire vriller l’homme, très alcoolisé. “Votre mère raconte que vous l’avez d’abord bousculée puis frappée. Vous lui avez dit que vous alliez la massacrer après lui avoir donné un coup de poing, ou encore lui avoir enfoncé vos doigts dans les yeux. Ça fait froid dans le dos, monsieur”, a lancé la magistrate.
Les douleurs du passé
La police a été alertée après que la mère est parvenue à se réfugier chez un voisin. La lèvre en sang et le visage tuméfié, la victime a indiqué aux policiers qu’elle ne voulait pas charger davantage son fils.
À la barre, le prévenu a tenu à assurer seul sa défense. Loin de minimiser, il a tenté d’expliquer ses gestes en invoquant un contexte plus ancien à demi-mot. “Je ne veux pas descendre ma mère ici, mais ce qu’il s’est passé dans mon enfance a refait surface quand je suis retourné vivre chez elle.”
Un passé visiblement douloureux, mais qui ne justifie en rien son comportement violent selon la présidente. “On sent bien qu’il y a un contentieux entre vous et votre mère, mais cela se règle chez un thérapeute, certainement pas avec des coups.”
Décrit comme un ancien toxicomane, aujourd’hui dépendant à l’alcool, l’homme a indiqué que la relation s’est apaisée depuis qu’il a trouvé un appartement. Mais quelques instants plus tard, il a eu du mal à contenir sa colère lorsque sa mère s’est avancée à la barre pour témoigner.
L’inacceptable
“Il n’a pas changé. Il boit toujours et ne va pas à ses rendez-vous. J’envisage même une curatelle.” Des propos qui ont fait bondir le prévenu. “Et toi, tu m’as fait quoi quand j’étais petit ?” a-t-il hurlé avant de quitter momentanément la salle d’audience.
“La douleur est palpable entre les deux”, a déploré la procureure, tout en rappelant l’inacceptable. “Madame n’a pas cherché à accabler son fils, mais il a commis des violences graves à son encontre.” La magistrate a requis une peine de douze mois d’emprisonnement, entièrement assortis d’un sursis probatoire renforcé.
Des réquisitions suivies par le tribunal. L’homme devra travailler, suivre des soins en addictologie et un accompagnement psychologique. Une décision accueillie avec soulagement par la mère de famille. “C’est mon fils, je l’adore. Mais il faut qu’il se soigne”, a-t-elle conclu.

