Marqué par le combat que les Bleus ont perdu à Edimbourg face à des Ecossais exceptionnels (40-50), ce samedi 7 mars à l’occasion de la 4e journée du Tournoi des 6 Nations, le troisième ligne du Stade Toulousain ne cachait son amertume après la pâle prestation française.
Arrivez-vous à expliquer cette défaite ?
Non, c’est compliqué. On est passés clairement à travers aujourd’hui. On a été pris dans l’engagement. Au-delà de l’état d’esprit et de l’attitude, ce n’était pas l’image qu’on devait montrer sur un match comme ça. C’est très frustrant pour nous de faire cette prestation-là aujourd’hui. On a dû se planter un petit peu dans l’approche de ce match même si la réaction à la fin est louable. Mais prendre 50 points, ce n’était pas ce qu’on était venus faire.
Où les Écossais vous ont-ils contrarié ?
Un peu dans tous les secteurs. Sur la conquête, on a été un peu en difficulté, on perd des ballons importants. En mêlée, on a été pas mal pénalisés. Sur les ballons aériens, on n’a pas eu un ballon. Sur notre défense, on a pas mal subi. On a été souvent mis en difficulté avec beaucoup de fautes et de cartons jaunes. Donc forcément, c’est compliqué à ce niveau-là. On a donné une image un peu faible et c’est ce qui est dommage.
Y a-t-il eu une forme d’excès de confiance ?
Je ne sais pas. C’est sûr que ça fait réfléchir. C’est dur de se manquer sur des matchs d’une telle importance. C’est ça qui est rageant. Peut-être qu’on s’est vus un peu beaux et qu’on a peut-être pensé à d’autres choses avant de penser à combattre aujourd’hui. Tout n’est pas à jeter mais on prend quand même 50 points et ce n’est vraiment pas ce qu’on était venus chercher. Les Écossais font un match plein, bravo à eux, mais on a peut-être dû les laisser trop jouer et trop dans un fauteuil pour développer leur jeu. Quand ils ont le temps de jouer et qu’ils sont en confiance, ils sont redoutables, offensivement très intéressants et malheureusement, on n’a pas su les contrer.
Identifiez-vous un tournant ?
Il y en a plusieurs. Les cartons jaunes, forcément, ce sont des moments importants. À chaque fois, ce sont sur des fautes répétées et c’est malheureux pour les joueurs qui les prennent car ce sont eux qui paient les pots cassés. On tourne à 19-14 donc il n’y a rien d’alarmant à ce moment-là mais le début de seconde mi-temps nous coûte cher. On prend des points rapidement, on les a laissés dérouler et prendre le large.
Que vous êtes-vous dit dans les vestiaires ?
Qu’il fallait en mettre un peu plus parce qu’au niveau de l’énergie, on n’était pas en phase avec ce qu’on voulait y mettre. Il fallait une réaction. Malheureusement, elle n’est pas arrivée ou trop tard. On a pris énormément de points sur des actions un peu trop simples. À chaud, c’est compliqué, il faudra revoir ce qui a péché mais c’est sûr qu’on a pris une belle claque aujourd’hui. J’espère qu’on a payé pour apprendre et que ça nous servira pour la suite. Mais c’est compliqué ce soir.
Que s’est-il passé entre vous au fur et à mesure du match. Personne n’a pris la parole ?
On a essayé mais c’est vrai que la réaction n’a pas été à la hauteur de ce qu’on se devait de faire. C’est, encore une fois, ce qui est dommage aujourd’hui. On a manqué de caractère et de réaction après cette première mi-temps qui n’était pas géniale mais où on était encore dans les clous. D’avoir, pas baissé les bras mais encaissé autant de points en seconde mi-temps, forcément, c’est rageant.
Il reste désormais la réception de l’Angleterre samedi prochain…
Tout n’est pas perdu. Le Grand Chelem s’envole, OK, mais on est encore en position de gagner ce Tournoi. Donc on va travailler, tirer les enseignements de ce match-là et essayer d’aborder ce dernier match d’une manière différente. On n’aura aucune excuse la semaine prochaine donc à nous de bien nous préparer pour aller chercher quelque chose de beau. On a encore l’opportunité de gagner ce Tournoi donc il faut la saisir. C’est le sport de haut niveau. Il y a des hauts et des bas. Aujourd’hui, c’est compliqué mais tout n’est pas perdu. Tant pis pour le Grand Chelem mais on vise encore la victoire finale.
Quel regard portez-vous sur la prestation d’Antoine Dupont qu’on a rarement vu autant en difficulté. Est-ce la pression adverse ?
À chaud, c’est compliqué d’analyser les performances de chacun mais en effet, il a été muselé, un peu à l’image de l’équipe. Quand on est un peu dominés, forcément, pour lui, c’est plus compliqué. Je pense qu’il ne faut pointer personne du doigt, justement ne pas se désunir dans la défaite. Chacun a sa part de responsabilité ce soir, à nous de nous remettre en question et de repartir la semaine prochaine avec un état d’esprit différent. Et l’envie de bien faire.

