March 8, 2026

PORTRAIT. Jean Lassalle : grève de la faim, campagnes présidentielles, one man show… retour sur la vie d’un Pyrénéen pas comme les autres

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Chant à l’Assemblée, marche de neuf mois à travers la France, soutien des Gilets jaunes : Jean Lassalle a marqué la vie politique par ses coups d’éclat et son accent béarnais. Portrait d’un Pyrénéen qui a fait de sa singularité sa marque de fabrique.

Du haut de ses 1,92 m, Jean Lassalle ne passe pas inaperçu. Carrure de rugbyman, poignée de main ferme, accent chantant du Béarn, même ceux qui ne suivent pas la politique le connaissent. Aujourd’hui âgé de 70 ans, l’ancien député s’est imposé, au fil des années, comme une figure singulière de la Ve République.

Fils d’agriculteurs, il est né en 1955 à Lourdios-Ichère, dans les Pyrénées-Atlantiques et devient berger de montagne. Sa carrière politique commence en 1977 : à seulement 21 ans, Jean Lassalle est élu maire de son village. À l’époque, c’est l’un des plus jeunes maires de France et il gardera l’écharpe tricolore pendant près de quarante ans, jusqu’en juillet 2017. En parallèle, il entre au conseil général des Pyrénées-Atlantiques en 1982 et c’est sur ces bancs qu’il rencontre François Bayrou dont il devient très proche jusqu’à le soutenir à la présidentielle de 2007.

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Un habitué des coups d’éclat

Au fil de ses mandats, Jean Lassalle est passé maître des coups d’éclat politique. En 2003, pour défendre le maintien de 23 gendarmes près du tunnel du Somport, situé à la frontière entre l’Espagne et la France, et interpeller le ministre de l’Intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy, il entonne en occitan “Se Canto”. Dans l’hémicycle, le président Jean-Louis Debré s’agace, mais l’image, elle, restera.

Trois ans plus tard, il transforme le Palais-Bourbon en camp retranché. Le 7 mars 2006, il entame une grève de la faim dans la salle des Quatre Colonnes pour dénoncer la délocalisation d’une usine en vallée d’Aspe (Pyrénées-Atlantiques). En cinq semaines, Jean Lassalle perd 21 kg et est hospitalisé d’urgence. Finalement, le projet de délocalisation est abandonné après l’intervention du président Jacques Chirac. Un énième coup d’éclat qui le rend alors très populaire auprès des élus qui considèrent qu’il a mis son corps au service de son engagement.

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Un homme défenseur de la ruralité

Mais Jean Lassalle se définit aussi comme un homme du peuple. En 2013, pendant neuf mois, il parcourt le pays pour recueillir la parole des Français et leurs colères qu’il retranscrit dans des “cahiers de l’espoir”. Cinq ans plus tard, le mouvement des “Gilets Jaunes” naît et il lui apporte son soutien. En pleine session à l’Assemblée nationale, il enfile sur ses épaules le fameux gilet fluorescent, ce qui lui vaut une lourde amende de 1 500 euros, mais à nouveau, l’image restera.

Candidat par deux fois à l’élection présidentielle, en 2017 puis en 2022, et fondateur du mouvement “Résistons”, Jean Lassalle obtient 3,1 % des voix soit plus d’un million de voix. Pour autant, l’ancien député n’a jamais rompu avec ce qui fait son identité : le Sud-Ouest, sa terre et les siens. À Lourdios-Ichère, son village natal dont il fut maire pendant quarante ans, il reste d’abord “Jean”, l’enfant du pays devenu figure nationale. Fidèle à son goût du contact direct, le Béarnais a aujourd’hui choisi un nouveau terrain d’expression : la scène avec son spectacle “Jean dans la salle” où il raconte son parcours hors norme. À défaut d’avoir conquis l’Élysée, l’ancien député tente désormais d’apprivoiser l’art du spectacle vivant. La politique l’a fait connaître, le théâtre dira s’il peut encore surprendre.

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