Une heure après la lourde défaite concédée à Murrayfield face à l’Écosse, ce samedi 7 mars à l’occasion de la 4e journée du Tournoi (40-50), l’arrière du Stade Toulousain reconnaissait la supériorité du XV du Chardon et disait sa volonté de rebondir pour remporter la compétition face à l’Angleterre samedi prochain.
Comment ressort d’un match pareil ?
On sort forcément un peu déçu. Je crois que notre prestation collective et individuelle n’est pas à la hauteur de ce qu’on était venu faire. On est tombés face à une très bonne équipe d’Écosse, comme on le sait à chaque fois qu’on vient chez elle. Ce n’est jamais facile, mais aujourd’hui encore plus. Et nous, on n’a pas su répondre présent sur certains secteurs. Le score est lourd parce que 50 points, ça fait très longtemps que ça ne nous était pas arrivé. Je pense que les 40 points marqués sont plutôt anecdotiques parce qu’à la 65e, le score est fait. Peut-être que les Écossais ont un peu lâché, mais 50 points, c’est dur à encaisser.
Arrivez-vous à l’expliquer ?
Je ne sais pas si on s’est vus un peu beaux mais ce qui est sûr, c’est que dans l’état d’esprit, il nous a manqué peut-être un peu plus de lien et d’excitation collective par rapport à cette équipe d’Écosse qui en a eu énormément. On a été un peu apathiques à certains moments. On perd à la mi-temps, on revient, il n’y a pas trop de rébellion. Et puis notre discipline ne nous permet pas de gagner des matchs internationaux. Je ne sais pas combien on prend de pénalités…
10…
Bon, ce n’est pas énorme, mais c’est déjà un petit peu. À ce niveau-là, ça commence à piquer au-delà de 8. Et sur les 10, on prend deux cartons jaunes donc sur 80 minutes, tu joues 14 pendant 20 minutes. (Il souffle) C’est aussi un point noir.
Comment expliquez-vous le fait qu’il n’y ait pas eu de révolte alors que vous avez pris quatre essais en 19 minutes après la pause ?
Je ne sais pas. C’est vrai que c’est toujours difficile à chaud de se remettre le match. Je n’ai même pas fait attention qu’on avait pris quatre essais en si peu de temps. Mais c’est à l’image de notre première mi-temps aussi, où on a subi, où on n’a pas réussi à contrer comme on le devait cette équipe, à la renvoyer chez elle. Et au final, on a été un peu trop acculés dans notre camp. Et au-delà d’être dans notre camp, on lui a laissé beaucoup la possession. C’est une équipe qui aime la possession et qui a des joueurs incroyables quand ils ont le ballon. Ce soir, on a pris quand même une petite leçon de rugby, tout simplement.
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Avez-vous essayé avec les leaders de remobiliser tout le monde après les essais écossais ?
Oui. Après, dans l’en-but, ça ne sert même de gueuler sur les uns et les autres quand tu prends des essais. Je pense que ce sont des moments où il faut être plutôt lucide et se dire : les gars, on se calme, on fait attention à notre discipline, on retourne chez eux et on essaie de remettre la main sur le ballon.” Ce sont des choses qu’on n’a pas su faire dans ce moment-là. Malheureusement, le match t’échappe au fur et à mesure de la seconde mi-temps parce que tu n’arrives pas à arrêter ce momentum qu’ils ont eu.
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Vous parlez des 40 points anecdotiques. Ils vous permettent quand même de prendre un point de bonus offensif qui va compter…
Oui, c’est sûr que. C’est tout con mais j’en parlais avec Blair (Kinghorn, l’arrière écossais qu’il côtoie à Toulouse, NDLR) à l’instant après le match et c’est ce qu’il m’a dit. Il m’a dit : “Vous faites chier parce que vous avez pris un point !”. Et au final, oui, ça sera moins prestigieux de gagner le Tournoi si on ne fait pas un Grand Chelem, mais ça sera quand même une victoire dans le Tournoi. Il ne faut pas le négliger. Donc à nous de bien travailler cette semaine. Ce point nous permet d’être toujours premiers au goal-average. C’est le point positif et à nous d’être sérieux cette semaine pour pouvoir recevoir les Anglais comme il se doit et aller chercher notre deuxième Tournoi d’affilée.
Cela dit tout de la difficulté de réaliser un Grand Chelem, non ?
Oui, on le voit. L’année dernière, on a gagné le Tournoi sans faire le Grand Chelem. Il y a deux ans, les Irlandais le font mais quand on voit aujourd’hui où est l’équipe d’Irlande, c’est difficile aussi pour elle de gagner les matchs. On l’a vu encore hier soir (vendredi), ils se sont accrochés, ils gagnent de 10 points le pays de Galles. Donc il n’y a pas un match facile, et encore plus à l’extérieur contre des équipes qui jouent comme nous le titre.
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On a l’habitude de jouer les qualités d’Antoine Dupont. Il a été malade dans la semaine, était-il dans son assiette et pensez-vous que cela a pesé ?
Je pense qu’Antoine, vu le niveau de professionnalisme qu’il a, s’il n’avait pas été à 100 % de sa forme, il n’aurait pas joué. Il a été malade un petit peu en début de semaine. Après, connaissant la personne, je ne pense pas qu’il se mette derrière cette excuse pour dire que ça a été un peu plus difficile aujourd’hui. C’est sûr que quand t’habitues tout le monde à traverser le terrain deux ou trois fois par match et que parfois tu fais un match plus difficile, c’est sûr que les regards sont plus fixés sur lui. Mais voilà, comme l’équipe, je crois qu’il saura donner la meilleure des réponses le week-end d’après.
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Aviez-vous vu des signes avant-coureurs dans la semaine ?
Non, je ne pense pas. Je crois qu’on a fait une semaine plutôt bien, sérieuse. On a beaucoup analysé leurs lancements de jeu parce qu’ils sont très performants là-dessus. Et au final, on a su plutôt bien les défendre. C’est plutôt dans le jeu courant où on a été moins bons défensivement. Honnêtement, on avait fait plutôt une bonne semaine. Quand on parle d’un secteur, il ne faut pas négliger les autres, il ne faut pas les oublier. Ce soir et cette semaine, on a peut-être mis moins l’accent sur la défense ou sur la discipline. À nous de nous rabâcher tout simplement chaque semaine les points les plus importants, les secteurs les plus importants, quitte à ce que parfois ce soit redondant. Mais au moins on sait dans nos têtes que ça va être des points clés du match.

