Le tourisme à Cahors en février divise les avis. Les ruelles médiévales et le pont Valentré attirent quelques visiteurs, mais l’hôtellerie reste calme. Seuls 4 % de la fréquentation annuelle se concentre sur cette période.
Quand arrivent les vacances d’hiver, la question revient régulièrement : la ville de Cahors attire-t-elle réellement des touristes en février ? Si certains parlent d’une période creuse, d’autres observent malgré tout une fréquentation discrète mais bien présente.
“Pendant les vacances de février, nous n’avons quasiment pas de touristes”
Au cœur de la ville, les ruelles médiévales, la cathédrale Saint-Étienne ou encore le célèbre pont Valentré continuent pourtant d’attirer des visiteurs. Même en hiver, quelques promeneurs traversent le pont fortifié du XIVᵉ siècle ou longent les quais du Lot, profitant d’une atmosphère plus calme que durant la haute saison estivale.
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Mais du côté de l’hôtellerie, la réalité économique est plus nuancée. À l’hôtel Terminus, situé près de la gare, la gérante de la réception, en poste depuis douze ans, observe le même phénomène chaque année. “Pendant les vacances de février, nous n’avons quasiment pas de touristes. Il faut attendre les vacances de Pâques pour que ça commence vraiment”, explique-t-elle. Durant cette période hivernale, l’établissement accueille surtout une clientèle professionnelle. “Ce sont principalement des travailleurs qui séjournent chez nous. Ils viennent régulièrement pour des chantiers ou des déplacements professionnels.”

Selon elle, la situation est stable d’une année sur l’autre. “Ce n’est pas une période propice au tourisme. En revanche, l’été est très dynamique. Beaucoup de voyageurs s’arrêtent à Cahors avant de rejoindre la côte atlantique ou le Pays basque.”
“Nous venons ici chaque hiver avec nos deux enfants”
Pourtant, certains visiteurs choisissent délibérément cette saison plus calme pour découvrir la ville. C’est le cas d’une famille originaire des Pays-Bas. Depuis trois ans, ils passent une partie des vacances de février dans leur résidence secondaire située dans le Lot, à une trentaine de minutes de Cahors.
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“Nous venons ici chaque hiver avec nos deux enfants”, raconte Mark, le père de famille. “Nous aimons beaucoup cette période parce qu’il n’y a pas trop de monde. La ville est très paisible.” Sa compagne, Anna, partage cet avis, “Cahors a beaucoup de charme. Nous aimons marcher dans le centre historique, visiter les marchés ou simplement nous promener près du Lot. C’est très différent de l’été, mais c’est aussi ce qui nous plaît.”
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Dans les restaurants du centre-ville, l’activité semble également plus soutenue que dans certains hôtels. Au restaurant Marie Colline, qui propose une cuisine végétarienne élaborée à partir de produits locaux, le gérant Pierre Renaud dresse un bilan plutôt positif de ces vacances d’hiver. “Pendant cette période, notre clientèle est composée à moitié de touristes et à moitié de locaux”, explique-t-il. “J’ai rempli toutes mes tables et j’étais complet chaque jour pendant les vacances.” Pour lui, la fréquentation touristique existe bel et bien, même si elle reste modeste comparée à l’été. “On a beaucoup d’habitués, mais aussi des Néerlandais, des Anglais et des visiteurs venant des régions voisines du Lot.”
“On ne les considère pas comme un véritable enjeu touristique”
Un constat qui contraste toutefois avec la vision plus globale de l’office de tourisme. Pour les professionnels de la destination, les vacances de février restent marginales dans l’activité touristique du territoire. “On ne les considère pas comme un véritable enjeu touristique, que ce soit au niveau local, national ou international”, indique l’office de tourisme de Cahors.
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Les chiffres illustrent cette tendance. L’an dernier, les vacances de février, toutes zones confondues, n’ont représenté que 4 % de la fréquentation touristique annuelle du sud du Lot. À l’échelle du département, d’autres sites tirent davantage leur épingle du jeu durant cette période. C’est notamment le cas de la grotte de Pech Merle, à Cabrerets, qui attire de nombreux visiteurs même en hiver. “Ils organisent deux visites par après-midi et elles sont complètes à chaque fois”, souligne l’office de tourisme.

