March 7, 2026

Crues, inondations, tempêtes Nils et Pedro : "On n’avait jamais vu ça auparavant", une réponse d’urgence du conseil départemental de Lot-et-Garonne d’un montant de 5 M€

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Sur proposition de la présidente du conseil départemental Sophie Borderie, les élus ont adopté à l’unanimité ce vendredi une réponse d’urgence d’un montant de 5 M€ “pour réparer les infrastructures, protéger les plus fragiles et accompagner les communes et le monde agricole” après le phénomène météorologique majeur qui a frappé massivement le Lot-et-Garonne.

Le Lot-et-Garonne n’a eu à déplorer aucune victime lors du phénomène météorologique majeur qui l’a frappé de plein fouet en février dernier. Un constat miraculeux face au tableau quasi apocalyptique dépeint, ce vendredi 6 mars, par le colonel Pierre Hieroltz. Lors de la session spéciale du conseil départemental dédiée aux crues et aux intempéries, le directeur du Service départemental d’incendie et de secours de Lot-et-Garonne (SDIS47) a confié que ses hommes n’avaient “jamais vu ça auparavant”.

La tempête Nils avec des vents jusqu’à 120 km/h durant la nuit, puis, huit jours plus tard sa collègue Pedro avec des rafales à 95 km/h, les 37 jours consécutifs de pluie saturant les nappes, les crues, les inondations, 75 routes départementales impraticables, des ponts fragilisés, des serres arrachées, des chutes d’arbres à la pelle, l’électricité coupée dans 70 000 foyers, 4 000 personnes sans eau potable, des digues ravagées, des exploitations agricoles noyées, des villages transformés en îles, etc., les éléments se sont déchaînés. Les interventions des secours se sont multipliées.

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Le réseau routier a été particulièrement impacté

Chiffre symbole, 47 personnes ont été mises en sécurité dans des conditions périlleuses. Globalement, la casse a été considérable. L’état de catastrophe naturelle a été reconnu dans 63 communes. Aujourd’hui encore, toutes les plaies ne sont pas pansées. “Ces images nous obligent et elles nous obligent à agir vite”, a déclaré la présidente Sophie Borderie avant de prévenir : “Il est encore trop tôt pour mesurer l’étendue des dégâts. Mais nous ne pouvions pas attendre d’avoir un bilan consolidé avant d’agir et d’être fidèles à notre ligne d’action : la solidarité territoriale et humaine”.

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Malgré un contexte budgétaire tendu, elle a proposé aux élus d’apporter une réponse d’urgence d’un montant de 5 millions d’euros “pour réparer les infrastructures, protéger les plus fragiles et accompagner les communes et le monde agricole”. Elle a été adoptée à l’unanimité. Le réseau routier a été particulièrement impacté. Le site Inforoute47 a connu un pic de connexion avec plus de 90 000 visites, contre habituellement 1 000 par mois.

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D’après les premières investigations et expertises, une somme de 3,40 M€ (sur les 5 M€) doit être sanctuarisée pour lancer les premiers travaux sur les routes et les ouvrages (des chocs sur certains d’entre eux ont été observés). 75 000 € seront aussi attribués à la réparation des bâtiments départementaux, notamment des collèges, abîmés par des chutes d’arbres ou des infiltrations.

Une enveloppe exceptionnelle de 550 000 € pour l’agriculture

Un effort sera également réalisé en direction de l’aide à domicile (240 000 €), des ingénieries communes (250 000 €). Les intempéries ont par exemple empêché la réalisation d’interventions à domicile au titre de l’APA et de la PCH pour un volume évalué à 2 400 heures. La réponse d’urgence du Département passe aussi par un accompagnement exceptionnel de Lot-et-Garonne Ingénierie (250 000 €) et le dispositif financier Fonds d’aide aux communes et intercommunalités (600 000 €).

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Le secteur agricole a été particulièrement touché. 600 exploitations sont sinistrées, 10 000 hectares sont concernés. Le Département débloque une enveloppe exceptionnelle de 550 000 €. Un état des lieux est toujours en cours, mais tous les élus ont conscience qu’il est encore impossible de tout quantifier. Les risques d’asphyxie racinaire et d’apparition de maladies sont là. Il existe de grosses inquiétudes pour les vergers de kiwis et de noisetiers implantés en plaine. Une fois l’urgence passée, l’heure sera aux interrogations de fond : l’entretien des digues, la compétence Gemapi et l’adaptation au défi climatique.

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