March 6, 2026

Toulouse Olympique : Joe Bretherton, venu pour un mois, toujours là huit ans plus tard

l’essentiel
Enfant de Wigan et ex-joueur des Warriors que le Toulouse Olympique accueille ce samedi, à 18 heures, le 2e ligne Joe Bretherton a fini par prendre racine dans un club où il est arrivé en prêt en 2018.

Et dire que ce ne devait être qu’une simple pige. « Au début, je suis venu seulement pour un mois comme joker. Puis j’ai prolongé de six mois mon bail avec le TO, puis de deux ans et ainsi de suite. » Joe Bretherton sourit à l’évocation de son aventure avec le Toulouse Olympique, où il est arrivé au printemps 2018 et qui se poursuit huit ans plus tard.

Un quart d’heure pour se décider

À 30 ans, le natif de Wigan a fait de la France sa nouvelle terre d’accueil. Il a installé sa famille dans le Tarn où il a fini par acheter une maison à Lugan, petit village de 400 habitants. « Ma vie est ici », affirme celui qui cherchait une nouvelle opportunité après une saison 2017 marquée par des blessures. « Celle de Toulouse est arrivée. J’avais 24 heures pour me décider. Je suis rentré chez moi, j’ai fait mon sac et ma valise en un quart d’heure. Ma décision était prise », confie ce pur produit de l’école de rugby de Wigan, la grande institution du XIII anglais à laquelle il ne pouvait échapper : « Quand tu es un enfant de Wigan, le rugby à XIII est incontournable. »
Il fera donc toutes ses classes chez les Warriors, participera même à la saison 2016 avec un titre de Super League à la clé, avant d’être prêté en 2017 à Swinton, Workington Town et donc Toulouse. Dans le club de la Ville rose, il va rapidement s’imposer au sein du pack aux postes de pilier et de deuxième ligne. S’adaptant au style toulousain, moins structuré mais plus inspiré que ce qu’il avait connu jusqu’alors, il fut de tous les grands moments : les titres de Championship de 2021 et 2025, ainsi que les saisons de Super League, celle de 2022 et l’actuelle.

« Wigan ? Un club précurseur »

L’exercice 2026 est d’ailleurs bien entamé par les Toulousains avec deux succès en trois journées. « C’est plutôt bien, peu de gens l’imaginaient. On a montré qu’on méritait d’être là », poursuit Joe Bretherton alors que se dresse sur la route du TO son club formateur : Wigan. Leader invaincu, les Warriors affichent un palmarès aussi fourni que la célèbre chevelure du deuxième ligne, avec 24 titres, 20 coupes et 5 World Club Challenge. Du très lourd qui fait de Wigan une institution outre-Manche.
Le secret de cette permanence au plus haut niveau ? L’avant toulousain nous éclaire : « Fort de son histoire et de ses titres, Wigan a toujours été un club précurseur qui innove et maintient des standards élevés. C’est un peu comparable au Stade Toulousain, où les attentes du public sont fortes. C’est la même chose à Wigan. »
Face aux Warriors, les hommes de Sylvain Houles se préparent à un défi de taille. « Là, tu ne peux pas te relâcher un seul instant, c’est 80 minutes à fond », prévient Bretherton. Il sait que la défense sera la clé pour tenir face aux initiatives des Smith, French et Marshall, pointures de la formation anglaise au sein de laquelle évolue son cousin Ethan Havard. Un adversaire face auquel les Toulousains devront réciter leur meilleur rugby, loin de la prestation entrevue à Bradford la semaine passée. « Nous n’y avons pas produit notre jeu », admet celui qui, huit ans après sa valise bouclée en quinze minutes, n’avait sans doute pas imaginé signer un si long bail avec la Ville rose.

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