March 6, 2026

Salon régional de l’agriculture de Tarbes : « On est humains avant tout, avant d’être éleveurs » témoignent les éleveurs bovins

l’essentiel
La mobilisation syndicale des éleveurs bovins au Parc des Expositions de Tarbes met en lumière une année difficile pour l’élevage. Entre crises sanitaires et défis économiques, les éleveurs cherchent à sensibiliser le public malgré l’incertitude croissante.

Dans une année particulièrement noire pour l’élevage, les syndicats de races bovines ont transformé le hall 1 du Parc des Expositions de Tarbes en un lieu de mobilisation. Entre crises sanitaires et incertitudes économiques, la mobilisation syndicale tente tout pour maintenir le lien avec le public, important à leurs yeux.

Une présence syndicale massive

Malgré l’impossibilité d’organiser un concours et une vente avec les animaux sur place, les syndicats de races bovines du département ont tenu à maintenir l’événement jeudi par des présentations vidéos. Cette adaptation illustre la détermination des éleveurs de races Limousine, Montbéliarde, Charolaise et bien d’autres, venus nombreux occuper le hall 1.

Au-delà des chiffres, la présence syndicale à Tarbes vise à échanger et communiquer avec les visiteurs. Après des semaines de tensions et de contestations, le besoin de “contact humain” est primordial pour ces professionnels qui vivent une période cauchemardesque. Comme le rappelle un éleveur, l’objectif est de montrer « ce qu’on sait faire » et de rappeler que derrière chaque exploitation se trouvent des hommes et des femmes avant tout.

La crise sanitaire qui angoisse les éleveurs

L’actualité est pesante pour les éleveurs français, pris entre la menace de la dermatose nodulaire (DNC), les accords du Mercosur et la crise de la MHE (Maladie Hémorragique Épizootique). Pour un éleveur de Blonde d’Aquitaine présent sur le salon, l’enjeu est avant tout de “sensibiliser” et de “promouvoir la race” malgré un contexte où les crises sanitaires s’enchaînent. « On sort déjà d’une crise sanitaire et on rentre dans une autre. On ne sait pas où est-ce qu’on va aller demain », confie-t-il avec inquiétude.

Du côté des producteurs laitiers, le constat est encore plus alarmant. « On est aujourd’hui un peu en difficulté puisqu’il y a de moins en moins d’éleveurs comparé au système viande », explique Patrice Panis, directeur général du syndicat bi-departmental Montbéliard 65-31.

Les enjeux financiers s’ajoutent aux défis sanitaires avec une fragilité des trésoreries causée par l’augmentation des coûts du GNR et des engrais qui pèse lourdement sur les exploitations. De plus, pour les éleveurs de vaches laitières, après avoir été incités à produire davantage il y a six mois, les éleveurs font face à une baisse du prix du lait : « on va se retrouver presque sur un prix du lait d’il y a trois ans » explique le directeur.

Des problématiques inquiétantes, qui se multiplient mais qui n’empêchent pas la mobilisation fière des éleveurs qui se nourrissent des échanges avec les visiteurs : « On est humains avant tout, avant d’être éleveurs ».

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