Malgré des besoins en augmentation, la production de bois de peuplier est en forte diminution. Le préfet, Vincent Roberti, a pris le pouls des professionnels de la filière à Verdun-sur-Garonne.
Booster la production de peupliers, c’est toute l’ambition du Centre national de la propriété forestière (CNPF), qui multiplie les actions pour redorer le blason d’une essence qui pâtit d’une mauvaise image. Jeudi après-midi, le préfet, Vincent Roberti et ses services, étaient invités à visiter la peupleraie de la famille Bournaud, qui s’étend sur 150 hectares en bord de Garonne au lieudit Saint-Pierre à Verdun-sur-Garonne.
Le Tarn-et-Garonne compte 4 000 hectares de peupliers en bord de Garonne et d’Aveyron notamment, un chiffre en forte baisse malgré les débouchés, qu’il s’agisse des emballages (cagettes, boîtes de camembert, bois brut (palettes, lambris, panneaux de particules, contreplaqué…) et dans la pâte à papier, même si Fibre Excellence, l’usine de Saint-Gaudens, risque une fermeture. « Nous sommes confrontés à une démotivation des populiculteurs, déplore Johann Hubele, responsable du développement forestier pour le Tarn-et-Garonne et le Gers au CNPF. On constate une forte baisse de la replantation, ce qui implique une diminution des volumes alors que les besoins sont en augmentation. »
Une démotivation des populiculteurs
Dans le département, la plupart des peupleraies sont de petites tailles contrairement à l’Occitanie où 30 % des populiculteurs possèdent 70 % des terres agricoles plantées en peupliers. « Les freins sont nombreux, reprend Yohann Hubele. On a été confronté à une politique de prix très bas même si la donne a changé depuis quelques années. Il y a aussi un changement de génération et les mesures fiscales de 2001 n’ont pas aidé. Jusque-là, les propriétaires étaient exonérées de taxe foncière pendant 30 ans et on est passé à 10 ans alors qu’il faut au minimum 15 ans pour qu’un arbre soit rentable. Planter et entretenir une peupleraie coûte environ 7 000 euros à l’hectare et à moins de 11 000 euros de chiffre d’affaires, on est en déficit. »
En fonction de la qualité du bois et surtout de l’entretien, un mètre cube se vend entre 40 et 100 euros.
Pour autant, le peuplier à ses avantages et Johann Hubele en est le meilleur VRP. « C’est un bois recherché pour sa légèreté et sa blancheur. Il est souple, léger et renouvelable. Il a besoin d’eau mais en consomme moins qu’une prairie. On produit 98 millions de cagettes et on transforme un produit local. Quant au contreplaqué, il paie de mieux en mieux. » Après une balade dans la peupleraie de la famille Bournaud, qui n’a pas trop souffert de la tempête Nils et des inondations de la Garonne, le préfet s’est dit convaincu par la viabilité de cette filière. « La fermeture de Saint-Gaudens n’est pas une bonne nouvelle, mais il y a d’autres débouchés. Il faut que cette activité survive et se développe. Nous avons la capacité, les professionnels et la technicité pour produire davantage. »
Un message déjà entendu par la Région, qui a mis en place un dispositif d’aides pour le premier boisement (500 €/ha) et au reboisement (700 €/ha).

