Dans le cadre de rencontres avec les coiffeurs d’Agen et de ses alentours, étape avenue Jean-Jaurès, où l’on parle passion, reconversion et salon privé autour d’un agenda rempli.
Melinda Brinis a 33 ans et exerce le métier de coiffeuse depuis plus de quinze ans. Pour elle, la question de l’orientation ne s’est jamais posée. “J’ai toujours voulu faire de la coiffure, même quand je pense, je ne savais ni parler ni marcher. Ça n’a jamais été une question. J’ai toujours su que je voulais faire ça.”
Troisième pro à Lomet, stages à répétition, puis deux ans de CAP obtenu en 2010. Elle enchaîne les salons sur Agen et alentour, mais la stabilité ne vient pas. “J’ai fait que des CDD et je ne trouvais pas d’emploi stable.” Alors elle met la coiffure entre parenthèses pendant cinq ans. Aide à domicile, animatrice en Ehpad. “À contrecœur, un petit peu. Mais finalement, je revenais toujours à la coiffure.” Coiffer les résidents devient un réflexe, un lien. “Ça leur faisait toujours du bien.”
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Une phrase la relance. “Une dame m’a dit que mes mains n’ont rien à faire dans de l’eau de javel.” Elle retourne se former, mention complémentaire, puis brevet à Nérac. “J’étais prête à tout faire pour repartir dans le milieu.” Avec le recul, elle ne regrette rien. “Travailler avec des personnes âgées ou handicapées, ça aide beaucoup à se forger au niveau du caractère.”
Un salon intime, pensé pour elles
Longtemps salariée, elle ne se voyait pas cheffe d’entreprise. “Je n’ai jamais voulu me mettre à mon compte.” C’est une amie esthéticienne qui la convainc de tenter l’aventure dans un institut partagé. Quatre ans plus tard, l’envie d’un lieu à elle s’impose. “Je n’avais pas ce côté intime avec mes clientes. On nous entendait parler. Ça ne me représentait plus.”
Le local actuel se libère presque par hasard, juste à côté. Elle accepte et imagine un espace différent. “Je voulais que dès qu’on rentre dans le salon, on se sente vraiment comme à la maison.” Vitrine floutée, canapé, table commune, café. “On est dans un cocon, dans quelque chose d’intime. Personne ne nous voit.”
La clientèle suit. “Elles m’ont toutes suivie. Et j’ai beaucoup de nouvelles clientes.” Le concept aussi se précise. “Je suis exclusivement femme. Je veux vraiment rester dans cet institut où on est qu’entre filles.”
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Le fonctionnement est simple. “Rendez-vous sur Planity. Je prends généralement une personne à la fois. Quand elle vient, elle est toute seule avec moi. Il n’y a pas d’autres personnes. C’est vraiment elle et moi. Je me concentre du début à la fin.”
Passion et indépendance
À celles qui lui demandent sa spécialité, elle répond sans hésiter. “Je n’ai pas de préférence. J’aime tout faire. Autant un brushing, une coupe, un head spa ou des mèches. Je vis tellement mon métier avec une passion que je l’aime dans son intégralité.”
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Côté produits, elle sélectionne ses marques pour leur composition. Pour la technique, elle travaille avec L’Oréal. Pour les soins et la revente, elle privilégie des gammes plus naturelles et vegan. “S’il n’y a rien de chimique dans mes produits, c’est mieux pour l’environnement et pour le cuir chevelu.”
Seule à bord, elle gère tout. “Je fais tout au fur et à mesure. Le ménage, l’administratif. Le lundi, je fais un gros point.” Les horaires s’adaptent aux clientes, parfois jusqu’à 20 heures. Les débuts l’ont inquiétée. “J’ai mis toutes mes économies dedans. Je me disais, est-ce que ça va marcher.” Les chiffres la rassurent. “Quand je regarde, je suis contente.”

