L’usine de Poissy (Yvelines) n’assemblera plus de voitures à partir de fin 2028. Le site historique de Stellantis (ex-Peugeot) se réoriente vers de nouvelles activités industrielles. La décision menace de supprimer 500 postes ouvriers.
La production automobile des DS3 et des Opel Mokka, du groupe Stellantis, va s’arrêter sur le site historique du constructeur automobile à Poissy (Yvelines), à l’ouest de Paris. L’usine assurera la production de pièces et de sous-ensembles pour d’autres usines, le développement d’activités liées à l’économie circulaire (reconditionnement de véhicules d’occasion et fabrication de pièces détachées), la transformation de véhicules neufs et accueillera un pôle d’innovation autour de l’impression 3D.
Selon l’AFP, “la majorité des syndicats de l’usine se sont dits soulagés jeudi de la pérennité industrielle du site, malgré la fin de la production d’automobiles”. Mais de nombreux salariés ne sont pas convaincus de cette reconversion et voient leur cœur de métier s’arrêter.
Pourquoi cette décision ?
Le groupe Stellantis a affiché une perte de 20,1 milliards d’euros sur le deuxième semestre de 2025, notamment à cause d’une forte baisse des ventes en Europe. Face à cela, le groupe doit gérer les surcapacités industrielles. Les usines sont trop nombreuses comparées au taux de production, le groupe a donc décidé de spécialiser ses sites. Avec les pertes de Stellantis de ces dernières années, qui en 2025 a été la deuxième plus lourde pour un groupe français après le record de Vivendi en 2022, le groupe automobile ne plus pas se permettre de perdre autant d’argent.
Une solution ?
Stellantis a annoncé vouloir réduire les effectifs de ses ouvriers de 1 500 à 1 000 travailleurs. Le groupe a précisé à BFMTV que ces départs se feront “compte tenu de la pyramide des âges de manière progressive par une politique d’emploi sécurisé via des départs naturels ou des mesures individuelles basées sur le volontariat permettant de trouver une solution pour chacun”.
Certains syndicats comme Sud Stellantis Poissy appellent à faire grève lundi 23 avril “pour imposer à la direction des garanties pour que tous les travailleurs continuent à pouvoir faire vivre leurs familles après la dernière voiture produite”.
En tournant la page de l’assemblage à Poissy, c’est la dernière grande usine automobile d’Île-de-France qui ferme, symbole d’une période très compliquée pour la production automobile française et européenne.

