De la fumée s’élève du site d’une frappe aérienne israélienne dans la banlieue sud de Beyrouth, au Liban, le 3 mars 2026. – / AFP
Une attaque de drones a touché ce mardi 3 mars l’ambassade des Etats-Unis en Arabie saoudite au quatrième jour de la guerre israélo-américaine contre l’Iran, Israël continuant pour sa part ses bombardements intensifs sur Téhéran et le Liban.
Le président Donald Trump avait averti la veille que la guerre contre l’Iran pourrait durer un mois ou plus. Le Premier ministre israélien a assuré que l’offensive israélo-américaine contre l’Iran ne se transformerait pas en « guerre sans fin ».
• L’ambassade américaine à Riyad touchée
Déjà visée par des missiles iraniens dans les premiers jours du conflit, l’Arabie saoudite a annoncé ce mardi avoir intercepté huit drones près de Riyad et de la ville voisine d’Al-Kharj. Un habitant de la capitale a raconté à l’AFP avoir « entendu une détonation et senti la maison trembler ».
Deux drones ont touché l’ambassade américaine à Riyad, « provoquant un incendie limité et des dégâts matériels mineurs », selon le ministère saoudien de la Défense. L’ambassade a exhorté ses ressortissants dans la capitale et d’autres villes à se confiner. Interrogé sur une éventuelle riposte à cette attaque, le président américain Donald Trump a déclaré : « vous le découvrirez bientôt ».
L’ambassade américaine au Koweït a annoncé ce mardi matin sa fermeture jusqu’à nouvel ordre en raison « des tensions régionales ». « Nous avons annulé tous les rendez-vous consulaires », a déclaré l’ambassade dans un communiqué publié sur X. Le département d’Etat américain a ordonné le départ de tout son personnel diplomatique « non urgent » d’Irak, de Jordanie et du Bahreïn.
• Israël frappe Téhéran et Beyrouth
Israël a de son côté étendu ses opérations au Liban, y menant des frappes meurtrières et massives, en riposte à une attaque lundi du mouvement chiite Hezbollah soutenu par Téhéran. L’armée israélienne a annoncé ce mardi matin mener « des frappes simultanées à Téhéran et à Beyrouth », contre des objectifs militaires iraniens et du Hezbollah. Selon des images de l’AFPTV, un gros nuage de fumée s’élève ce mardi matin au-dessus de la capitale libanaise. La chaîne de télévision libanaise Al-Manar, affiliée au Hezbollah, a dit que ses locaux dans la banlieue sud de Beyrouth avaient été bombardés dans la nuit.
En Iran, l’armée israélienne a affirmé dans la nuit de lundi à ce mardi avoir « frappé et démantelé » le siège de la radio-télévision publique iranienne (IRIB) dans le nord de Téhéran, mais celle-ci a dit poursuivre ses émissions. De puissantes explosions ont retenti dans plusieurs quartiers de la capitale iranienne, selon des journalistes de l’AFP.
• Des soldats israéliens déployés au Liban
L’armée israélienne a ensuite affirmé que ses soldats étaient déployés en « plusieurs points » dans le sud du Liban. « Ce n’est pas une opération terrestre. C’est une mesure tactique (…) destinée à assurer la sécurité de notre peuple », a déclaré à des journalistes de la presse étrangère le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, porte-parole international de l’armée. « Nous avons positionné des soldats dans la zone frontalière à des points supplémentaires pour défendre nos civils et empêcher le Hezbollah de les attaquer », a-t-il ajouté, alors que l’armée israélienne maintenait des soldats sur cinq positions qu’elle juge stratégiques en territoire libanais, depuis le cessez-le-feu de novembre 2024.
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a aussi annoncé avoir autorisé l’armée à « prendre le contrôle » de nouvelles positions au Liban. « Le Premier ministre Benyamin Netanyahou et moi avons autorisé l’armée israélienne à avancer et prendre le contrôle de positions stratégiques supplémentaires au Liban, afin d’empêcher les attaques sur les localités israéliennes frontalières », a-t-il déclaré dans un communiqué.
De son côté, le Hezbollah affirme avoir ciblé trois bases militaires en Israël en représailles à ses frappes aériennes au Liban. Dans plusieurs communiqués, le groupe pro-iranien a déclaré qu’« en réponse à l’agression criminelle israélienne qui a visé des dizaines de villes et de villages libanais, y compris la banlieue sud de Beyrouth », ses combattants ont utilisé des drones pour frapper les bases aériennes de Ramat David et de Meron en Israël. Le Hezbollah a également affirmé avoir ciblé la base de Nafah, dans le Golan syrien occupé.
• Plusieurs semaines d’opération, mais pas « une guerre sans fin »
Alors que le conflit déclenché samedi par les Etats-Unis et Israël compromet les approvisionnements pétroliers de la planète et fait plonger les Bourses, Donald Trump a évoqué « quatre à cinq semaines » d’opérations militaires, tout en affirmant que les Etats-Unis pouvaient « aller bien au-delà ». Le président américain a également averti qu’il n’hésiterait pas à envoyer des troupes au sol « si nécessaire ». Six militaires américains ont été tués depuis le début de la guerre samedi, a annoncé lundi le Pentagone.
Donald Trump a déclaré avoir refusé de discuter avec les autorités iraniennes, estimant qu’il était « trop tard » pour le faire, après des mois de négociations infructueuses et quatre jours de guerre. « Leur défense aérienne, leur armée de l’air, leur marine et leur commandement sont anéantis. Ils veulent discuter. J’ai dit : “Trop tard !” » a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.
Son allié israélien, Benyamin Netanyahou, a lui évoqué une « action rapide et décisive ». « Vous n’allez pas avoir une guerre sans fin », a assuré le Premier ministre israélien lundi soir à la chaîne américaine Fox News. Le même a justifié l’opération en cours par la nécessité de frapper le programme nucléaire iranien avant qu’il ne devienne « intouchable ».
Après la guerre de douze jours et les frappes israélo-américaines en juin 2025, les Iraniens « ont commencé à construire de nouveaux sites, des bunkers souterrains qui auraient rendu leurs programmes de missiles balistiques et leurs programmes d’arme atomique intouchables d’ici quelques mois. Si aucune action n’avait été entreprise maintenant, aucune action n’aurait pu l’être dans le futur », a-t-il assuré. Et d’ajouter : « Et alors ils auraient pu viser l’Amérique. Leur faire du chantage. »
Le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, a lui déclaré que les Etats-Unis « aimeraient » voir le peuple iranien renverser son gouvernement, mais que cela n’était pas « l’objectif » de la guerre. « Marco Rubio a admis ce que nous savions tous : les Etats-Unis sont entrés dans une guerre choisie par et au nom d’Israël. Il n’y a jamais eu de soi-disant “menace” iranienne », lui a répondu sur X son homologue iranien, Abbas Araghchi.
• Les gardiens de la révolution continuent les frappes
L’Iran a continué pour sa part à lancer des missiles et drones en direction d’Israël, qui a prolongé la fermeture des écoles, des bureaux et l’interdiction des rassemblements jusqu’à samedi. Des explosions ont été entendues à plusieurs reprises à Jérusalem.
Les gardiens de la révolution iraniens – armée idéologique de la République islamique – ont annoncé avoir mené une « attaque à grande échelle » ce mardi à l’aube contre une base aérienne américaine à Bahreïn. Sans fournir de preuve, ils ont affirmé que « 20 drones et trois missiles ont atteint leurs cibles » et « détruit le principal poste de commandement de la base ».
L’armée iranienne a également affirmé avoir lancé des attaques sur une base militaire américaine au Qatar. « Les drones de combat destructeurs des forces terrestres, aériennes et navales de l’armée (…) ont visé les zones militaires du régime sioniste (israélien, NDLR) dans les territoires occupés ainsi que les bases des forces américaines à Al-Udeid, au Qatar », a déclaré l’armée. L’aéroport du Qatar a lui aussi été visé par des attaques iraniennes, toutes déjouées, selon Doha.
L’armée américaine, pour sa part, a écrit sur X qu’elle avait détruit les installations de commandement et de contrôle du corps des gardiens de la révolution islamique, des capacités de défense aérienne iraniennes, des sites de lancement de missiles et de drones, ainsi que des aérodromes militaires au cours d’opérations soutenues. De son côté, l’ambassade américaine a mis en garde contre une attaque imminente dans la ville de Dhahran, dans l’est de l’Arabie saoudite, où est située une grande partie des installations énergétiques du royaume le long du Golfe.
Les gardiens de la révolution ont revendiqué lundi l’attaque d’un pétrolier, présenté comme lié aux Etats-Unis, dans le détroit d’Ormuz, qui sépare l’Iran de la Péninsule arabique. Un général iranien a menacé lundi de « brûler tout navire » qui tenterait de franchir le détroit, par où transitent 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux.
• Avertissement de Téhéran à l’Europe
La diplomatie iranienne a mis en garde les pays européens contre toute implication dans la guerre après que l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni se sont dits prêts à des « actions défensives » pour détruire les capacités militaires iraniennes. « Ce serait un acte de guerre ». Des Rafale basés aux Emirats ont mené des « opérations de sécurisation du ciel » au-dessus de bases françaises au Moyen-Orient, a dit mardi Paris.
• La France se prépare à affréter des vols
La France se prépare à affréter des vols pour rapatrier ses ressortissants « les plus vulnérables » présents dans les pays du Moyen-Orient touchés par la guerre contre l’Iran, a annoncé ce mardi le ministre des Affaires étrangères français.
« Nous nous préparons à des affrètements de vols pour que les personnes les plus vulnérables, les personnes qui méritent d’être accompagnées, puissent, le cas échéant, en bénéficier », a déclaré Jean-Noël Barrot sur la chaîne BFMTV, sans préciser combien de personnes pourraient être concernées par ces vols.

