Les constructeurs aéronautiques rivalisent d’ingéniosité pour transporter les pièces maîtresses de leurs avions jusqu’à leurs chaînes d’assemblage. Ils mobilisent des camions hors gabarit, des avions-cargos, parfois des navires et, fait moins connu, des trains sont même réquisitionnés de l’autre côté de l’Atlantique. Les détails.
La fabrication d’un avion nécessite une logistique hors norme, car les principales pièces qui le composent ne sont généralement pas fabriquées à proximité du lieu d’assemblage. Plusieurs modes de transport sont donc utilisés par les avionneurs pour acheminer les tronçons de fuselage, les ailes, les dérives et autres stabilisateurs horizontaux.
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Il y a d’abord les camions hors gabarit. Les impressionnants convois exceptionnels d’A380 entre Langon (Gironde) et Toulouse, qui se sont succédé entre 2004 et 2020, sont là pour nous le rappeler. Boeing, de son côté, dispose d’un engin bien particulier. Il se compose d’un camion à l’avant, d’une longue remorque et d’un véhicule plat à six roues dépourvu de freins à l’arrière. Ce dernier permet de diriger et d’orienter le chargement, long de 30 mètres, et de passer là où des poids lourds classiques resteraient bloqués.

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Pour ravitailler en pièces d’avion ses usines américaine et chinoise, Airbus utilise aussi d’imposants navires de transport. Chaque bateau mesure plus de 150 m de long et permet de transporter plusieurs sous-ensembles d’avions.
Les avionneurs s’appuient aussi sur leurs avions-cargos XXL, le Dreamlifter pour Boeing et le Beluga pour Airbus. Mais cela ne s’arrête pas là pour le constructeur aéronautique américain. Depuis les années 1960, il achemine en effet les tronçons de fuselage de ses 737 par les rails.

Le train-train de Boeing
Fabriqués à Wichita, dans le Kansas, les éléments de fuselage sont montés sur des wagons et parcourent à faible allure : plaines, forêts et montagnes pour rejoindre l’usine d’assemblage final de Renton (État de Washington). Le périple de quelque 3 000 kilomètres peut prendre jusqu’à huit jours. Pour la firme américaine, ce moyen de transport est néanmoins idéal pour acheminer de nombreuses pièces volumineuses en une seule fois et presque sans risque. Presque, car parfois ça déraille. En 2014, un train s’était couché dans un virage et son chargement avait fini plusieurs dizaines de mètres plus bas, au bord d’une rivière.
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La ligne Wichita – Renton n’est pas la seule utilisée par Boeing. Pour transporter certaines pièces de ses long-courriers 767, 777 et 787, il s’appuie sur quatre autres lignes ferroviaires qui desservent son usine d’assemblage final d’Everett. D’un côté de l’Atlantique comme de l’autre, la machine est bien huilée.

