Il suffit de faire quelques pas à la sortie de la gare pour les voir. Sur le quai du Danube et de la Meuse, des dizaines de blocs de pierre ont été posées. Blanchâtres, imposants, visibles. Installés depuis septembre 2022, ils sautent aux yeux quand on arrive à Calais. Cet enrochement a été déployé ces dernières années dans toute la ville afin d’éviter que les exilés ne reviennent s’établir. Depuis le démantèlement de la « jungle » en 2016, ce campement qui a regroupé jusqu’à 10 000 personnes en partance pour l’Angleterre, les exilés ont ici été invisibilisés, ou repoussés en périphérie – ils seraient actuellement entre 800 et 900 dans le territoire du Calaisis. Cela ne les empêche pas de rester au centre des débats politiques à l’approche des municipales. Ex des Républicains, la maire Natacha Bouchart veut empêcher leur retour en centre-ville et subit la concurrence du Rassemblement national, qui nourrit des ambitions dans cette ville érigée en symbole des difficultés à gérer les migrations. A gauche, on regrette de voir les exilés si malmenés.
La ville est en tout cas marquée par les choix politiques de la maire. « Regardez tous ces barbelés », intime Hervé, bénévole pour l’association Salam qui distribue chaque matin de la nourriture aux exilés. Depuis sa camionnette blanche, le retraité montre les grilles qui entourent des entrepôts – s…
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