La progression russe en Ukraine marque nettement le pas, fragilisée par les contre-offensives de Kiev et des difficultés opérationnelles persistantes. Face à ces revers, Moscou pourrait être tentée par une dangereuse escalade stratégique.
Pour Vladimir Poutine, c’est un camouflet. En Ukraine, les forces armées russes peinent à progresser. Des données partagées par l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW) indiquent en effet que l’armée russe a enregistré au mois de février sa plus faible avancée en Ukraine depuis le printemps 2024. Le commandement russe plie en effet sous l’effet de contre-offensives ukrainiennes essentiellement dans le sud-est du pays. Le mois dernier, l’armée russe a avancé de 123 km2, soit la plus faible progression depuis celle de 99 km2 en avril 2024. Ce chiffre exclut les avancées revendiquées côté russe mais ni confirmées ni infirmées par l’ISW, qui travaille avec le Critical Threats Project (émanation de l’American Enterprise Institute ou AEI), autre centre de réflexion américain spécialisé dans l’étude des conflits.
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L’avancée de Moscou le long de la ligne de front se fait au prix de centaines de milliers de soldats tués et blessés depuis le début de l’invasion en février 2022. Sa moindre progression en février est due en partie à plusieurs journées de contre-offensives ukrainiennes fructueuses. Les troupes russes ont également souffert de la décision d’Elon Musk de bloquer leur utilisation des antennes Starlink. Le 15 février, l’Ukraine a notamment repris 61 km2 – en tenant compte des gains et pertes en différents points du front. Elle a également réalisé d’importantes percées les 21 et 23 février (55 et 51 km2 respectivement).
La Russie dans la tourmente dans le sud de l’Ukraine
La Russie avance, elle,, de plus en plus près de Konstantinivka, et des deux grandes villes régionales de Kramatorsk et Sloviansk, dans l’est. Elle a ainsi progressé dans cette zone de 158 km2 en un mois. En revanche, la situation est plus favorable à Kiev dans le sud de la ligne de front, entre les régions de Donetsk et Dnipropetrovsk. La Russie était entrée pour la première fois dans cette région en juin 2025, et occupait plus de 400 km2 début février. Elle a depuis perdu la moitié de cette emprise.
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Ces revers pourraient pousser Vladimir Poutine à perdre patience, optant pour la “solution” de l’incident nucléaire sous “faux pavillon”. “Le Kremlin envisage peut-être de rejeter sur l’Ukraine la responsabilité d’un incident radiologique d’origine russe en Ukraine”, estime l’Institut pour l’étude de la guerre, cité par nos confrères d’EuroNews. Concrètement, une attaque nucléaire sous faux drapeau, qu’est-ce que c’est ? “La Russie peut, intentionnellement ou non, provoquer un incident et accuser ensuite l’Ukraine d’avoir utilisé une arme nucléaire ou radiologique”, détaille le rapport de l’ISW. Selon le groupe de réflexion, une telle stratégie pourrait permettre à Moscou de “convaincre l’Occident d’abandonner l’Ukraine”. Reste désormais à savoir quelle sera la stratégie du maître du Kremlin.

