March 2, 2026

Municipales 2026 à Marseille : un scénario inédit dans la Cité phocéenne ? Benoît Payan et Franck Allisio en tête, Martine Vassal décrochée

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À deux semaines des municipales 2026, Marseille pourrait basculer vers un duel inédit entre la gauche et le Rassemblement national. Selon un sondage Ifop-Fiducial, Benoît Payan devance de peu Franck Allisio, tandis que la droite traditionnelle décroche nettement.

À deux semaines du premier tour des élections municipales 2026, le scrutin marseillais semble s’orienter vers un scénario inédit : un face-à-face entre la gauche et l’extrême droite, tandis que la droite traditionnelle et l’extrême gauche apparaissent fortement affaiblies. C’est en tout cas ce qui transparaît d’un sondage Ifop-Fiducial réalisé pour La Provence, LCI et Sud Radio : le maire sortant Benoît Payan (divers gauche) recueillerait 35 % des intentions de vote au premier tour, talonné par le candidat du Rassemblement national Franck Allisio, crédité de 32 % des voix… un niveau jamais atteint par l’extrême droite lors d’un scrutin local dans la cité phocéenne.

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Martine Vassal – candidate de la droite et du centre – ne totaliserait que 18 % des votes… une bascule forte après la “polémique Pétain” : cette dernière avait suscité la polémique lors d’un débat organisé sur BFMTV, reprenant dans la phrase “Mérite, travail, famille, patrie”. Deux autres enquêtes d’opinion récentes dessinaient déjà cette même configuration. Selon Frédéric Dabi, directeur général de l’Ifop, la dynamique a nettement changé depuis l’hiver : la compétition à trois observée en décembre aurait laissé place à un duel entre la majorité municipale et le RN, reléguant la candidate de droite et du centre à l’arrière-plan. Crédité de 13 %, le candidat de La France insoumise Sébastien Delogu pourrait quant à lui se maintenir et jouer un rôle d’arbitre, tout comme Martine Vassal.

Benoît Payant et Franck Allisio tirent leur épingle du jeu

En parallèle, la stratégie de normalisation menée par Franck Allisio (RN) semble porter ses fruits. Malgré une notoriété initialement limitée, l’ancien proche de Nicolas Sarkozy profite d’un contexte favorable à l’extrême droite et réduit fortement l’écart avec le maire sortant. Le candidat RN progresse notamment auprès des seniors, mais aussi auprès des cadres supérieurs et des travailleurs indépendants, et des catégories socioprofessionnelles historiquement proches de la droite républicaine. Une évolution qui témoigne, selon l’Ifop, d’un élargissement sociologique de son électorat au-delà du vote traditionnel frontiste.

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Benoît Payan conserve néanmoins un léger avantage à ce stade. Donné en tête au premier tour avec trois points d’avance – un écart proche de la marge d’erreur – il serait également vainqueur dans plusieurs hypothèses de second tour. Mais l’issue demeure incertaine, notamment en cas de quadrangulaire, scénario jugé le plus probable, où l’écart se resserrerait fortement. Les stratégies d’entre-deux tours pourraient donc s’avérer décisives : Benoît Payan, maire sortant, appelle les Insoumis à se retirer au nom du barrage républicain face au RN, une option pour l’instant écartée par ces derniers. La droite de son côté, exclut également tout retrait immédiat. Dans ce contexte incertain, le report des voix centristes pourrait finalement peser lourd dans l’issue du scrutin.

Cette enquête a été réalisée du 23 au 28 février auprès de 703 électeurs marseillais inscrits sur les listes électorales, constituant un échantillon représentatif de la population de la ville.

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