Alors que le procès de la mort de la légende du football argentin Diego Armando Maradona s’est rouvert le mardi 14 avril, son ex-compagne jette la lumière sur les violents derniers mois du “Pibe de Oro”. Isolement, entourage envahissant, conditions de vie dégradées : ses déclarations renforcent l’idée d’une fin tragique.
Au procès sur la mort de Diego Maradona, le témoignage de son ex-compagne Verónica Ojeda ravive l’image d’une fin de vie sombre pour la légende. Selon les informations de l’AFP, c’est à la barre qu’elle décrit, entrecoupée de sanglots, un homme isolé, apeuré, coupé d’une partie de ses proches. Selon elle, l’ancien numéro 10 vivait “comme séquestré” par certains membres de son entourage, au point de lui lancer, lorsqu’elle quittait la maison : “Emmène-moi.”
“Là où était Diego, il y avait une odeur de pipi et de caca”
Verónica a aussi évoqué un cadre de vie dégradé, marqué par l’insalubrité et l’abandon. Autour de lui gravitaient proches, assistants, gardes du corps et conseillers, dans une zone grise où s’entremêlaient affection, intérêt et contrôle. Quelques jours avant son décès, elle déplore même sentir “une odeur de pipi et de caca” autour du champion du monde 1986. “Ce jour-là, je lui ai dit de prendre une douche, de se raser parce que ce n’était pas bien pour lui d’être comme ça. Diego sentait mauvais, il n’était pas en bon état.”
Verónica Ojeda a également pris pour cible plusieurs personnes de cet entourage, notamment Vanessa Morla, sœur de l’ancien avocat et proche du joueur, ainsi que Julio Coria, ancien garde du corps du joueur arrêté il y a deux semaines pour faux témoignage. Ces personnes ne sont pas poursuivies dans ce dossier mais elle les accuse d’avoir filtré les visites et tenu l’ex-star à distance du monde extérieur.
Une accusation qui vise une “négligence médicale”
Ces déclarations s’inscrivent dans un procès hors norme ouvert à San Isidro, près de Buenos Aires, pour déterminer si la mort de Maradona, survenue le 25 novembre 2020 à seulement 60 ans, relève de négligences médicales. Sept membres de son équipe soignante sont jugés. Ils sont poursuivis pour un chef d’accusation assimilable à un homicide commis en ayant conscience du risque mortel, et encourent jusqu’à 25 ans de prison.

