March 2, 2026

Un collectif alerte sur la sécurité d’un centre équestre des Pyrénées et envoie une lettre de signalement aux services de l’État avant "qu’un drame n’arrive"

l’essentiel
La sécurité équestre au Haras des Cimes est remise en question. Une lettre collective dénonce des pratiques risquées pour cavaliers et chevaux. Les signataires demandent des contrôles officiels pour prévenir tout incident grave.

Le 12 février 2026, une lettre de 16 pages, accompagnée de près de quarante pièces justificatives, a été adressée aux services de l’État ainsi qu’aux mairies d’Orgeix et d’Orlu. L’objet de ce courrier : signaler des “situations préoccupantes mettant en cause la sécurité et le bien-être des cavaliers et des chevaux au Haras des Cimes”.

Signée par huit personnes – parents, propriétaires de chevaux, professionnelle ATE et cavaliers – la démarche se veut “collective” et “factuelle”. Les auteurs disent agir “par inquiétude pour la sécurité des cavaliers et des équidés”, sur la base d’éléments “observés ou vécus” entre le printemps 2025 et janvier 2026.

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Ophélie, propriétaire d’une jument et mère de deux jeunes cavalières, figure parmi les signataires. “Ce n’est pas un coup de tête, insiste-t-elle. Tout ce qui est écrit repose sur des observations directes, des témoignages concordants, des photos et des échanges conservés. Nous ne voulions aucun “on-dit”.”

Sécurité des cavaliers : des pratiques jugées inadaptées

La lettre détaille plusieurs situations considérées comme problématiques. Elle évoque notamment un conseil donné à une cavalière travaillant aux longues rênes en autonomie de positionner “le flot des rênes autour du cou”. Ce qui entraînerait, selon la lettre, un “risque de strangulation”, selon une professionnelle présente, qui affirme être intervenue immédiatement.

Autre épisode relaté : une balade avec des enfants débutants (Galop 1) en mai 2025. Le courrier mentionne un départ au trot devant un pré où se trouvaient des chevaux, des poneys décrits comme “excités”, des parents contraints de courir à pied, ainsi qu’”une chute” lors d’un exercice improvisé de saut “sous forme de cross”, sans gilet de protection spécifique. “Les enfants étaient partis pour une balade”, souligne un témoignage joint au dossier.

Encadrement et qualifications

Un point central du signalement porte sur l’encadrement. Les auteurs s’interrogent sur le respect des réglementations en vigueur et sur l’usage de certains termes sur les supports de communication.

Parmi les signataires, Julie, accompagnatrice de tourisme équestre entre 2016 et 2019 au haras, également cliente et propriétaire d’un cheval et présente sur la structure depuis plus d’une décennie, explique : “Au départ, il y a eu une série d’incidents isolés, apparemment anodins. C’est leur accumulation qui m’a interpellée.” Elle évoque notamment le cas d’une jument “complètement bloquée des cervicales au sacrum” révélée lors d’une séance d’ostéopathie à laquelle elle a pu assister. Selon Julie : “L’hypothèse la plus plausible était une selle inadaptée. Malgré cela, les selles ont continué à être utilisées, ce qui m’interpelle fortement.” Une théorie qui n’a toutefois pas été confirmée par un diagnostic à ce jour, mais qui questionne la propriétaire signataire de la lettre.

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Au-delà des situations précises, elle décrit une “impossibilité de dialogue” avec la gérante et une “dissonance entre certains actes et le discours affiché”. “Si je me suis positionnée, c’est parce que la situation me semble préoccupante. Je m’en voudrais que cela dégénère sans avoir parlé.”

“Ma fille a été exclue pour un différend entre adultes”

La lettre relate également l’exclusion d’une jeune cavalière après un échange entre son père et la direction. Alexandre, signataire du courrier, témoigne : “Ma fille a été exclue pour un différend entre adultes qui aurait pu être réglé autrement. Je demandais simplement de l’honnêteté concernant l’annulation d’un cours après l’arrêt maladie de la monitrice.”

Il explique avoir contesté sur un groupe de discussion les motifs avancés pour justifier l’annulation d’une séance. “J’ai écrit qu’il aurait été plus simple d’être transparent. Mon message a été supprimé, puis j’ai reçu un mail m’indiquant que ma fille ne serait plus accueillie au club. Je suis un parent. Je trouve inadmissible qu’on sanctionne une enfant pour un différend d’adultes qui ne la concerne pas.”

Les signataires affirment ne pas réclamer de sanction, mais “des contrôles officiels rapides” et “un regard extérieur, neutre et officiel”. “Ce que nous voulons, c’est éviter qu’un drame n’arrive”, résume Ophélie.

Contactés, les services de l’État, destinataires du courrier, n’ont, à ce stade, pas communiqué sur d’éventuelles suites à donner à ce signalement.

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